La Tribune

Pourquoi l'affaire DSK nous invite à changer de République

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Romaric Godin, correspondant à Francfort  |   -  818  mots
Dans le débat sur la vie privée, relancé par l'affaire Strauss-Kahn, inculpé pour le viol d'une femme de chambre à New York, les Français oublient souvent l'effet du fondement de leur vie politique : les institutions. Pourtant, la Ve République et sa personnalisation du pouvoir portent en germe la dérive actuelle.

Un jour de février, 509 ans avant notre ère, Sextus Tarquin, fils du roi de Rome Tarquin le Superbe, surgit dans la demeure du noble Collatin et abusa par la violence de sa femme Lucrèce. Meurtrie, cette dernière se donne la mort quelques jours plus tard. Ôtant alors, selon le récit de Tite-Live, le poignard de son corps fumant, Lucius Brutus jure alors « d'abolir à tout jamais la monarchie ». Le drame privé était devenu une crise d'État qui finit par « rendre à Rome le nom de monarchie odieux », rappelle Plutarque. Instinctivement, le peuple romain ne fit aucune distinction entre le geste de Sextus et le régime personnel de son père. Ce dernier, nous dit encore Tite-Live, fut le premier à « gouverner avec des conseillers privés, sans demander l'avis du peuple et du Sénat ». La personnalisation du pouvoir, inédite jusqu'alors, avait conduit à ce que les actes privés du roi et des siens étaient devenus des actes politiques.

Deux millénaires et demi plus tard, la France peut à son tour ressentir ce fait : dans un régime poussé à l'extrême de sa personnalisation comme celui de la Ve République, la distinction entre vie privée et vie publique n'a guère de sens. Depuis qu'en 2001 a été instauré le quinquennat et, surtout, la préséance de l'élection présidentielle sur l'élection législative, le pouvoir exécutif n'est guère limité : le Parlement est une chambre d'enregistrement et il est loisible au président de « gouverner avec des conseillers privés ». Du reste, cette personnalisation, par le canal du scrutin majoritaire, irrigue l'ensemble de la vie politique française. Partout, il faut voter pour un homme, c'est-à-dire d'abord pour une apparence. Le début de la campagne présidentielle actuelle, qui s'annonce déjà comme l'une des plus déplorables que la République ait connue, n'a-t-il pas montré qu'un bon candidat doit renoncer à tout embonpoint pour convaincre les Français. Car, enfin, comment le peuple confierait-il son destin à un personnage légèrement enveloppé ?

Dans un tel système, rien n'est plus logique que la volonté du peuple d'en savoir le plus possible sur les hommes et les femmes qui sollicitent son suffrage. La vie privée d'un candidat est une part de sa personnalité et puisque celui qui deviendra le chef suprême n'aura guère de contre-pouvoirs en face de lui, il ne semble pas scandaleux que l'électeur en ait une connaissance exhaustive. Avant de donner des pouvoirs quasi illimités à un candidat, ne doit-on pas juger pleinement de son courage, de ses lâchetés, de ses forces et de ses faiblesses de caractère ? Si l'élection présidentielle est réellement, comme le prétendent les candidats, une « rencontre entre un homme et le pays », n'est-il pas légitime que le pays exige de l'homme qu'il se mette à nu ? Ne doit-on pas avoir connaissance de sa réalité intime pour faire contrepoids à la propagande de l'apparence ? L'examen de la vie privée devient alors une défense contre les stratégies publicitaires des candidats. Aussi pourra-t-on établir toutes les thèses savantes que l'on voudra sur la moralité, le respect de la vie privée ou la spécificité « latine » de la France, la logique des institutions de ce pays mène à un dévoilement de la vie privée des candidats à la fonction suprême, justement parce qu'elle n'a jamais été aussi suprême.

Le débat sur la vie privée ne doit donc pas faire l'impasse sur l'essentiel : la superstructure institutionnelle. Le peuple romain, après la mort de Lucrèce, ne voulut plus entendre parler de rois, il donna le pouvoir exécutif à deux consuls dont les pouvoirs, égaux entre eux, étaient surveillés et encadrés par le peuple, le Sénat et les tribuns. L'historien grec Polybe a fait de cette constitution la source de la conquête romaine du monde connu. Et pourtant, les consuls étaient élus chaque année. Mais la France est encore engluée dans la propagande gaulliste de l'après-guerre qui veut que, sans pouvoir personnel, l'État soit inefficace et décadent. Pourtant, c'est bien le régime parlementaire de la IIIe République qui parvint à redresser par deux fois, en 1871 et 1918, une France épuisée par la guerre. Malgré l'instabilité ministérielle chronique, malgré des scrutins de listes, malgré l'absence de pouvoir personnel ! Son échec de 1940 est militaire et moral plus que politique. Plutôt donc que de se lamenter sur les unes des médias consacrés aux historiettes érotiques des uns et des autres, les Français devraient donc s'interroger sur les institutions qui nous ont conduits à ces excès. Car Régime polyarchique ou parlementaire, les alternatives existent, que la France se soucie désormais d'abord de ses immenses défis économiques, sociaux et politiques.

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Commentaires

clarinette  a écrit le 06/09/2011 à 16:37 :

Tres beau recit. Effectivement, il doit y avoir une separation entre la vie privee et la vie publique. Seulement ici, j'ai bien peur que l'on ne s'egare un peu si l'on blanchi le comportement en sa basant sur une telle separation. Il s'agit la d'un homme publique poursuivi par la justice pour viol et autres delits sexuels. Il se trouve que pour le moment, le procureur n'a pas cru bon devoir donner suite a la plainte du fait des mensonges de la plaignante. Meme une menteuse a le droit a son integrite physique et morale. On n'est plus dans le contexte de la vie privee mais du respect des lois et normes publiques auxquelles DSK est soumis comme tout un chacun a un degre meme superieur en temps que leader politique qui souhaitait se presenter aux elections presidentielles pour representer les interets de la France. Si DSK est malade de la braguette, si tant est qu'il soit un excellent economiste ou homme politique, il est de l'interet general du public que les electeurs en soient informes. Son silence actuel sur les faits, son attitude generale a l'egard de la gente feminine et son passe revelé nous autorisent a exiger qu'il donne des explications. Enfin, n'imagine-t-on pas le futur president de la Republique arreté pour affaire de meours a chacun de ses deplacements ?!! S'il beneficiait de la presomption d'innocennce, l'enquete judiciaire a ete tres claire, il y a eu rapport sexuel non démenti par DSK. Le débat n'est donc plus celui de la vie privée. Voir plus sur mon blog: http://clarinettesblog.wordpress.com/2011/08/21/dominique-strauss-khan-justice-media-and-money/

JCM132  a écrit le 20/07/2011 à 15:59 :

Cette analyse et les commentaires qui suivent ne me convainquent pas. DSK est un accident de parcours de nos institutions qui a explosé parce qu'il s'est produit à New-York. Le culte de la personnalité, le droit de cuissage et les privilèges que certains (et certaines) se croient en droit de posséder, n'ont jamais été abolis dans notre pays. En contre-partie, il y a les lèche-culs et ceux et celles qui utilisent plus leur postérieur que leur cervelle pour gravir les échelon de notre société très malade. On a aussi un énorme problème de médias totalement incompétents qui par intérêts et soumission trahissent leur métier et se vendent au plus offrant (Ce ne sont pas les petits journalistes qui se prostituent mais les patrons de ces médias, liés au pouvoir politique et économique)...Il faut aussi analyser la torpeur du peuple qui subit pendant que quelques uns se gavent des richesses du pays. Ainsi, plus de la moitié des français ne participent plus et moins de 5% des électeurs potentiels décident de qui sera candidat dans toutes nos élections (200000 adhérents UMP + 200000 PS + une centaine de milliers de marginaux: FN, Verts, Centristes etc.) Au total, nous sommes 44 millions d'électeurs possibles. Donc, faites les calculs!
Dans un livre (Le Rescapé de la Bombe) j'ai imaginé un état moderne sans aucun responsable politique (un peu comme la Belgique actuelle). Cette vraie démocratie fonctionnerait avec une Constitution adaptée à l'époque et des règles que ferait respecter un système judiciaire intransigeant mis au service des gens de bonne volonté, qui sont la très grande majorité dans tous les pays du Monde, mais qui sévirait radicalement à l'égard de ceux et celles étant de mauvaise volonté...
Avec tout ce que les nouvelles technologies et la science nous procurent actuellement, ce serait très facile de mettre en place un tel système. Dans le minable contexte politique français actuel, j'aimerais en parler à l'incorruptible et sincère Eva Joly. Jean-Claude Meslin

siosnarf  a écrit le 20/06/2011 à 16:04 :

point de vue chirurgical parfaitement adapté à l'urgence de la situation socio-économique de la France dont les acteurs et institutions politiques actuels semblent rester les seuls obstacles au redressement, joints à l'imbécilité de la monnaie unique continentale forte choisie contre la solution alternative d'une monnaie commune flottante .
Quand la représentation se démasque, structurellement, ontologiquement défaillante, reste la démocratie directe à l'helvétique !
C'est ce respect de la responsabilité et de la compétence citoyenne qui devra transfigurer notre constitution de 6 ième république .

CADOUDAL  a écrit le 18/06/2011 à 9:43 :

La dérive actuelle vient essentiellement du cumul des mandats, des strates administratives, du manque de culture politique des français. Le cumul des mandats, gele le pouvoir d'initiative des élus dans la mesure ou dès qu'ils sont élus, ils pensent dèjà à la prochaine échéance, les strates administratifs sont autant d'échelons de freins à l'inovation, car ces différents services ont peur de leur inutilité, quant-à la culture politique des français elle quasiment nulle dans la mesure ou ces derniers se référent à la presse comme référant mental, alors que l'on sait tous qu'une partie de la presse est tendencieusevoir démagogue. Résolvons ces trois points et nous seront en mesure de faire bouger la France avec un autre schéma idéologique ou l'intéret de l'homme sera au centre de toute discussion, tout en préservant les régles de bases des droits de l'homme.

Dirlo  a écrit le 15/06/2011 à 8:47 :

Cette affaire, ainsi que celleS de Chirac, nous invite SURTOUT à changer de présidence en 2012 !! RAS-LE-BOL des bonnets blancs et blancs bonnets (UMPS). Il est temps de voir autre chose.

mimosa  a répondu le 15/06/2011 à 12:54:

une alternance est toujours souhaitable dans une démocratie ! notre société libérale radicale installée par Sarko va dans un mur ! voyez la Grèce et l'europe du sud qui peut suivre....

pierre 2  a écrit le 14/06/2011 à 15:12 :

Il aurait fallu en parler à Michel Debré qui a rédigé la constitution de 1958 à la demande de De Gaulle.Je ne suis pas certain que ce journaliste en ait compris la portée.Les Français veulent un roi quitte à le guillotiner !

siosnarf  a répondu le 20/06/2011 à 16:20:

la dynamique des vengeances de foule - si bien assortie à la gouvernance par les rumeurs - reigne depuis les temps pré-historiques (c-f travaux de René GIRARD), et voici probablement venu le moment d'un virage responsable qui ne pourra se prendre qu'au niveau individuel; un par un, loin des rumeurs médiatiques et de la désinformation collectivisée !
Le chef n'a jamais été qu'un fusible de service auquel chacun délègue toute irresponsabilité personnelle pour soi et pour autrui: pas étonnant que les chefs se conduisent (presque) tous comme des irresponsables .
Fusible certes doré ces temps-ci . . . mais simple fusible !
alors quand voulez-vous passer du statut victimaire - secrété par le collectif irresponsable - au statut personnellement responsable ? par exemple avant les autres ou après tout le monde ?

gerardc27  a écrit le 14/06/2011 à 13:10 :

Nous sommes dans une dictature de la pensée (unique). Les médias ne nous aident
Pas et nous troublent, concupiscents qu?ils sont du pouvoir politique. Notre monarchie Républicaine, par défaut d?humilité, se dirige tout droit vers le pouvoir absolu, sans retenue
et sans partage, depuis longtemps distancié du peuple avec ses privilèges, sa cour,
ses palais, et ses distributions de médailles. Dormez braves gens, on s?occupe de vous.

aiglenoir  a écrit le 13/06/2011 à 21:02 :

Le vrai problème ne serait-il pas ailleurs ? Certes, il est bien vrai que nous élisons peu ou prou des archétypes de despotes -et rarement éclairés, hélas!- Mais en fait, le début du drame est plutôt dans le fait que, une fois élus, ces despotes entourés de leur aréopage de conseillers -en image, oui ; en communication, re-oui ; etc...- n'ont guère qu'un seul pouvoir réel : un pouvoir de nuisance ! Contre l'entente entre les citoyens (diviser pour régner) donc contre la fraternité ; contre le libre arbitre et l'éloge des différences, par la prolifération législative qu'ils cultivent (pas un jour sans une nouvelle loi) donc contre la liberté et encore contre la fraternité ; mais pour la multiplication des cas particuliers et des privilèges (voyez la loi fiscale!) donc contre l'égalité. Que reste-t-il, après cela, de la république ? Pour le reste, ces gens_là ne seraient-ils pas un peu souvent les valets des multinationales et de la finance mondiale (je n'ai pas dit l'économie), dans la main desquelles ils mangent, chaque jour davantage (d'où l'obésité). Même des ''génies'' politiques comme Périclès, les Grecs de l'Antiquité avaient compris qu'il fallait se méfier. Alors, nos hommes providentiels...

verité 69  a répondu le 01/07/2011 à 9:55:

très fine analyse selon moi

verité 69  a répondu le 01/07/2011 à 9:55:

tres fine analyse selon moi

aiglenoir  a écrit le 13/06/2011 à 20:28 :

Le vrai problème ne serait-il pas ailleurs ? Certes, il est bien vrai que nous élisons peu ou prou des archétypes de despotes -et rarement éclairés, hélas!- Mais en fait, le début du drame est plutôt dans le fait que, une fois élus, ces despotes entourés de leur aréopage de conseillers -en image, oui ; en communication, re-oui ; etc...- n'ont guère qu'un seul pouvoir réel : un pouvoir de nuisance ! Contre l'entente entre les citoyens (diviser pour régner) donc contre la fraternité ; contre le libre arbitre et l'éloge des différences, par la prolifération législative qu'ils cultivent (pas un jour sans une nouvelle loi) donc contre la liberté et encore contre la fraternité ; mais pour la multiplication des cas particuliers et des privilèges (voyez la loi fiscale!) donc contre l'égalité. Que reste-t-il, après cela, de la république ? Pour le reste, ces gens_là ne seraient-ils pas un peu souvent les valets des multinationales et de la finance mondiale (je n'ai pas dit l'économie), dans la main desquelles ils mangent, chaque jour davantage (d'où l'obésité). Même des ''génies'' politiques comme Périclès, les Grecs de l'Antiquité avaient compris qu'il fallait se méfier. Alors, nos hommes providentiels...

crabe  a écrit le 13/06/2011 à 9:29 :

Avant de voter, on pourrait faire appel à une boite de recrutement...test de personnalité, test QI, test logique etc...le rapport ainsi fait au Français par la boite de recrutement, les français pourrait avoir un choix plus éclairé...pas de campagne présidentielle...juste un rapport...et si le peuple ne trouve pas le bon candidat...faire comme en Belgique: quelques fonctionnaires pour expédier les affaires courantes...et on recommence une série de recrutement...Président???un job comme un autre...

Solestella  a écrit le 12/06/2011 à 16:43 :

Se carapater devant les Allemands et laisser le pays aux mains d'un vieillard, sous prétexte que jeune il fut un héros, c'est pas une décision politique ? C'est beau de faire référence à l'Histoire encore faut-il que cela ait un sens...
La Vième république n'a jamais donné le pouvoir absolu au Président de la République si nos parlementaires et nos journalistes ne font pas leur travail de critique, ce n'est pas de la faute des institutions.

iCitoyen  a répondu le 14/06/2011 à 8:20:

ABSOLUMENT!
Le fond du problème est le dysfonctionnement global des personnes censées être les garants; et contre cela aucune organisation ne fait face. C'est le même problème que la corruption, et cela en est une forme.
Les députés, par la définition de leur fonction, sont censés votés en leur âme et conscience pour l'intérêt de la circonscription qu'ils représentent et dans l'intérêt collectif. Or, de nos jours, les députés ne voten plus que pour leurs intérêts partisans et les lobbies qui les entretiennent.
Supprimons la possibilité que la politique soit un métier, cela arrangerait déjà les choses.

odd  a écrit le 12/06/2011 à 15:37 :

Vieilles lubies. Que l?État ait une ou plusieurs têtes, qu'elle soient grosses ou petites ne change rien à l'affaire. La politique est faite par les hommes. Tant qu'il en sera ainsi, ceux qui votent chercherons à savoir pour qui ils votent. Et merci pour le peuple qui serait abruti au point de ne pas voter pour un personnage légèrement enveloppé. Nous devrions jeter un voile médiatique ou institutionnel sur la vie privé des puissants, sur leurs "historiettes érotiques", de manière à masquer leurs faiblesses. Ce qui est proposé, c'est en quelque sorte une prime à la médiocrité. C'est plus facile que de s'imposer une rigueur morale.

sansimportance  a écrit le 12/06/2011 à 12:29 :

Critiquer ne change rien à l'affaire. Les choses sont comme elles sont et ça pourrait être bien pire. La France a connu son âge d'or sous la monarchie absolue et non sous la IIIe république donc les comparaisons irraisonnées sont à éviter.

pfffff  a écrit le 12/06/2011 à 11:49 :

en france c'est une royauté déguisée , avec profiteurs , courtisans et le roîtelet en prime

juste  a répondu le 14/06/2011 à 6:16:

@pfffff, regarde le Maire d'un petit village, il n'en peu plus, il a des courtisans, les mouches!! et quand le responsable change, les mouches changent d'âne!!!!!!! comme dans l'entreprise!!!!!!!

aldo  a répondu le 14/06/2011 à 6:27:

@pfffffffffff Fonction importante = femmes+valets=coutisans ect!!!!!!!!!!!!!!!!!! les mouches!!!!et quand le titulaire de la fonction change, les mouches se dirigent sur le nouveau titulaire!!!!!!! depuis que le monde et monde!!!!!!!!!!!!!!!!!

closseul  a écrit le 11/06/2011 à 19:36 :

Venant d'un capitalo-mondialiste en prise avec la justice, cette invitation nous rassure, la meilleure chance pour la France c'est de décrocher de cette Europe nauséabonde qui depuis des décennies apporte son malheur aux nations qui ont adhérés à l'union!.

Kipo  a écrit le 11/06/2011 à 18:04 :

Bravo pour avoir osé penser cet article, osé l'écrire et osé le publier. Il ne reste (hélas) qu'à déciller les yeux du reste des Français.

Britannicus  a écrit le 11/06/2011 à 16:07 :

Ce ne sont pas les institutions qui dérivent, mais les élites qui les dirigent. Arrêtons de vouloir changer toujours de régime en gardant les mêmes décideurs : ils sont incapables de penser autrement et proposent surtout de changer de régime pour garder leur pouvoir.

Britannicus  a répondu le 11/06/2011 à 21:06:

Et accuser le "régime" revient à accuser le "système" et à nier les responsabilités individuelles. Comme c'est pratique et rassurant : la phrase "ça ne me ressemble pas" est l'expression même de cette imposture intellectuelle !

Patrickb  a répondu le 11/06/2011 à 21:54:

@ Britannicus: la responsabilité individuelle est toute de même fortement limitée par le fait que c'est toujours le combat du pot de fer contre le pot de terre. Essaie un peu de soumettre un problème à un député et t'auras de la chance si seulement il/elle lit ton courrier. J'ai essayé récemment et Emmanuelli a 2 fois effacé mon courriel sans le lire, et aucun des autres n'a répondu (tous bords confondus)

Britannicus  a répondu le 12/06/2011 à 10:14:

C'est bien ça : toujours les mêmes auxquels on s'adresse. Mais pourquoi toujours voter pour eux alors ? Un électeur n'est pas un "client", il peut voter pour un candidat différent à chaque élection. Essayez !

@Patrickb  a répondu le 12/06/2011 à 14:51:

Votre commentaire est complètement contradictoire. Quand on parle de responsabilité individuelle, il ne s'agit pas de soumettre des demandes ou des suggestions à des députés ! Il s'agit dans votre vie quotidienne d'agir en accord avec vos discours politiques. Par exemple, si je déplore les délocalisations, j'achète français dans la mesure du possible. Si je suis contre le travail des enfants, je ne passe pas mes samedis dans les supermarchés à traquer la bonne affaire et à acheter des merdouilles inutiles fabriquées en Chine. Alors effectivement, il y a des fois où l'on a pas vraiment le choix c'est loin d'être la majorité des cas. Contrairement à ce que vous dites, la responsabilité individuelle est au contraire extrêmement forte.

Britannicus  a répondu le 13/06/2011 à 16:27:

On s'éloigne tout de même de la question du changement de régime. Croyez-vous que la demande que vous avez adressée à des députés aurait été traitée autrement parce que l'on serait dans une 6ème République, ou dans la troisième ? Ou bien cela tient-il surtout aux personnes à qui vous vous êtes adressé ? C'est cela la question. Que vous apportera, au quotidien, une nouvelle Constitution, si les droits aujourd'hui garantis continuent de l'être, seule la dévolution des pouvoirs changeant ? A moins que vous n'ayez vous-même envie de concourir pour le pouvoir, je pense que cela ne changera pas grand chose à votre quotidien. Donc le "régime" n'est pas la bonne variable d'ajustement.

fredane  a écrit le 11/06/2011 à 14:45 :

Tres bonne analyse.Quand va t on comprendre que notre démocratie ,a travers mille maux, est grignote chaque jour,et qu on s enfonce a travers une médiatisation excessive dans la mediocratie.

Greg le Prolétaire  a écrit le 11/06/2011 à 11:05 :

Excellent article !

pierre Challenge  a écrit le 11/06/2011 à 10:16 :

Cette analyse est une démonstration claire et brillante de la dérive de nos institutions et de la nécessité que nous avons à les faire rapidement évoluer. Heureusement 2012 et l'isoloir sont à portée de main et que je sache , il y a un seul candidat qui parle de sixième république. A méditer.
Asclépios, le blog sur http://pierrechallenge.overblog.fr

moutarde  a écrit le 11/06/2011 à 9:12 :

Ok avec cet article .Oui, ils veulent diriger par eux memes ,en minorité meme non élue ,donc il est normal que nous sachions Tout de leur vie ,car , les députés ,sénateurs ,ne jouent plus les modérateurs ,les décideurs ,ne fournissent plus les idées étant donné qu'une seule personne impose sa volonté . Cela transparait dans toutes les interventions des ministres ,députés de l'UMP par : le Président , veut , le Président à dit ....

fabrice  a écrit le 11/06/2011 à 8:59 :

Gardez la République et que nos dirigeants prennent exemple sur de Gaulle qui disait:

"Etre insoupconnable, ce n'est pas seulement n'avoir pas commis de faute grave: c'est ne pas preter le flanc a un quelconque soupcon de defaillance"

Monarchie  a écrit le 11/06/2011 à 8:58 :

En France et malgré la révolution, nous sommes maintenant revenu à un régime monarchique en pire.Pouvoir absolu d'un homme , députés aux ordres Sénat consulté mais impuissant.Médiatisation du chef, presse controlée etc
Faut-il être optimiste et réver d'une sortie démocratique? Pas évident, notre démocratie est prise en otage et sous contrôle.

POUVOIR  a répondu le 11/06/2011 à 16:05:

attention une telle analyse serat peine d'emprisonnement avec le pouvoir actuel
quand nos jeunes vont reagir il serat trop tard,il seront ecrassé par les milices du pouvoir

Patrickb  a répondu le 11/06/2011 à 22:02:

@ Monarchie: c'est le culte de la personnal.ité qui a amené Staline au pouvoir et a permis toutes les exactions qui ont suivi que tu décris. Et je suis tout à fait d'accord depuis longtemps déjà. La France est un pays dangereux à moyen-long terme !!!

Solestella  a répondu le 13/06/2011 à 9:39:

Je ne vois pas ce qui empêche le Sénat de s'opposer aux décisions du gouvernement dans nos institutions. Il me semble que nos sénateurs ont toujours le droit de voter les lois. S'ils refusent et que nos parlementaires sont réunis en assemblée plénière, il faut une large majorité donc si les sénateurs votent non, aucune loi n'est acceptée.

Britannicus  a répondu le 13/06/2011 à 16:32:

En fait, le Sénat est privé de pouvoir, le gouvernement ayant le droit de donner le dernier mot à l'Assemblée Nationale. Il peut donc surtout gagner du temps, retarder les échéances, et offrir des sinécures. On pourrait supprimer le Sénat sans mettre en cause l'équilibre des Pouvoirs. Et on ferait de grosses économies.