La Tribune

Les moins bons salariés sont les plus heureux et...les plus motivés

Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
M.V.  |   -  340  mots
Les salariés les moins efficaces seraient les plus heureux dans leur quotidien selon une étude américaine. Ils seraient aussi les plus motivés!

Les salariés les moins performants seraient aussi les plus heureux. C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude américaine du cabinet de conseil Leadership IQ. D'après cette enquête, les "low performers", les salariés les moins efficients, sont ceux qui seraient le plus à même de recommander leur entreprise comme étant un lieu où il fait bon travailler.

Ceci n'est pas étonnant puisque l'étude relève ainsi que ces salariés sont aussi ceux qui reçoivent le plus de compliments. Et pour cause, "les employés les moins performants se retrouvent souvent avec les tâches les plus simples parce que les managers leur en demandent moins", explique au Wall Street Journal le PDG de Leadership IQ, Mark Murphy. "Ils sont de ce fait moins stressés et plus satisfaits dans leur quotidien professionnel", poursuit-il. Problème: les meilleurs employés déplorent un manque de reconnaissance dans leur travail. "Ils se sentent stressés et sous-estimés", analyse Mark Murphy.

L'enquête illsutre ce phénomène avec le cas particulier d'une société de services de 1.000 salariés. Sur une échelle de 1 à 7, les travailleurs les moins performants notent plus largement la reconnaissance de leur travail par leurs supérieurs.


Les moins performants sont les plus motivés

C'est d'ailleurs pour cela -aussi étrange que cela puisse paraître- que dans 42% des entreprises sondées, les salariés les moins performants sont également ceux qui sont les plus motivés. Dans le cas particulier de la société de services, à l'affirmation "je suis motivé pour m'investir à 100% quand je suis au travail", les moins bons travailleurs ont donné une note de 5,99 contre 5,36 pour les plus performants, comme l'illustre le graphique ci-dessous.




Du reste, le plus amusant est peut-être le fait que ces salariés -qui sont toutefois minoritaires- ne se rendent pas compte qu'ils sont des travailleurs peu performants. Heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière.

Lire aussi: Ces employeurs qui rendent leurs salariés "heureux"

Réagir

Commentaires

Dédé35  a écrit le 06/04/2013 à 19:38 :

Mon expérience de management m'a appris à demander à chacun des efforts de productivité : il est vrai que les plus performants étaient capable de doubler la cadence sur les coups de collier quand d'autres n'étaient pas capable de la moindre accélération. Quand on avait passé un "coup de feu", les plus performants s'étonnaient que je félicite toutes les équipes et tous les acteurs, même les moins performants,...
Je ne peux que confirmer les dires de cette enquête!

Gungallo  a écrit le 06/04/2013 à 5:30 :

Heureux les simples d esprit .pendant des années j ai cru être le meilleur,j ai tout compris grâce à vous.a partir d aujourd'hui je ne ferais plus rien au boulot.

henri  a écrit le 05/04/2013 à 16:02 :

bravo pour votre dernière phrase.

GE92  a répondu le 05/04/2013 à 16:38:

Pour rendre à Michel ce qui est à César, il faut signaler que cette phrase remarquable est de Michel Audiard. Malheureusement mort depuis 1985.

momo  a écrit le 05/04/2013 à 15:01 :

C' est normal, regardez à l' assemblée nationale, les moins bons sont les plus payer, donc plus motivés pour avoir la place, et une fois qu' ils ont la place, il ne viennent jamais, donc plus heureux que ceux qui viennent !! Vous avez compris ??

motivé pour partir en week-end sans doute?.  a écrit le 05/04/2013 à 12:16 :

Drôle d'ambiguité!, les salariés les moins bons sont les plus motivés, si quelqu'un peut m'expliquer, car je n'ai pas tout compris!.

burnouf  a répondu le 05/04/2013 à 12:53:

En fait ce sont les meilleurs qui perçoivent un manque de reconnaissance et qui sont quelque peu démobilisés: d'ou la meilleure motivation, si on peut dire, des moins bons CQFD

Enquête absurde...  a écrit le 05/04/2013 à 11:41 :

... qui enfonce une porte ouverte. La raison profonde du relatif désinvestissement des salariés est évidente, elle m'a même été confiée par le DRH de ma boite: avec l'augmentation des critères de rentabilité financière et la disparition des échelons hiérarchiques intermédiaires (dans mon entreprise: environ 38 ingénieurs et techniciens pour 1 seul chef de service, autant dire que les possibilités d?évolution sont extrêmement minces ), l'entreprise ne peut désormais offrir une progression de carrière et de salaire qu'à moins de 20% de ses BONS salariés (je ne parle même pas des moyens). Pour les 80% restants, c'est au mieux 0.5% de progression de pouvoir d'achat par an et des formations pour conserver son employabilité (ce qui n'est déjà pas si mal par les temps qui courent). Donc, pour tous ceux qui sont dans ce cas de figure, qui savent que malgré tous leurs efforts et leur réelle expertise la seule voie qui leur est réservée est la stagnation de carrière et de salaire, il reste 3 solutions: 1/ changer d'entreprise, mais en sachant que la situation sera très probablement la même chez leur nouvel employeur 2/ devenir indépendant et monter son business, option risquée et pour laquelle très peu de salariés sont préparés 3/ s'accommoder de la situation et adopter une attitude saine d'optimisation du rapport investissement au travail / rémunération: ce qui ne signifie évidemment pas de bâcler son travail, mais de faire consciencieusement et de manière compétente le travail pour lequel on est payé sans espérer la moindre gratification supplémentaire (puisqu'elle ne viendra jamais), en optimisant le temps de travail et le stress. Cette attitude limite les risques de désillusion et donc maintient un minimum de motivation au travail.

Arthorg  a répondu le 05/04/2013 à 13:56:

".. avec l'augmentation des critères de rentabilité financière et la disparition des échelons hiérarchiques intermédiaires ..." D'accord avec cela et l'analyse qui en découle.

burnouf  a écrit le 05/04/2013 à 10:47 :

"Heureux les simples d'esprit, le royaume des cieux leur appartient"

Sophie  a répondu le 05/04/2013 à 12:10:

«Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.» La Boétie

antoine  a écrit le 05/04/2013 à 10:38 :

Ben ouais, passer beaucoup de temps à demander de se faire aider est particulièrement reposant. En plus, on dégoûte les autres et donc on se retrouve avec des actions simples peu stressantes et qui apportent une satisfaction immédiate qu'un gros projet complexe n'apporte quasiment jamais puisque casse-gueule. Le fait de ne pas se sentir reconnu n'est qu'un habillage (type la 3ème page du dossier d'évaluation) car il est nécessaire d'émettre ce genre d'avis pour contrebalancer les avis désagréables de la hiérarchie.

indien  a écrit le 05/04/2013 à 9:59 :

ds la vie c'est donnant donnant , sinon on a rien compris.
Avec les salariés c'est la même chose, la motivation n'est qu'une conséquence ...
Tout le monde veut une ferrari pour le prix d'une twingo sauf que si elle ne fonctionne pas, elle ne sert à rien ! !
Si tu n'as pas compris Ca (Mr les recruteurs) tu n'as pas compris gd chose.
Cordialement

toto14  a écrit le 05/04/2013 à 8:51 :

c'est parfaitement logique. la structure des entreprises étant faite pour exploiter les meilleurs éléments aux profit des plus faibles afin de maximiser le profit global. les nuls y trouvent un environnement protecteur dans lequel ils peuvent toujours trouver quelqu'un à qui poser les questions et demander de l'aide. au contraire les bons sont harcelés par ces mêmes nuls, le tout sans difference de traitement salarial

Juste Leblanc  a répondu le 05/04/2013 à 9:29:

Il ne vous reste qu'une chose à faire... Démissionner!

toto14  a répondu le 05/04/2013 à 11:24:

oui, et quand en plus on ne fait pas partie des gens bien nés promis à de belles carrières, c'est la seule chose à faire

burnouf  a répondu le 05/04/2013 à 12:56:

Toto, sans aller jusqu'à démissionner, on peut toujours aller voir son taulier pour lui "causer".On peut aussi lancer des signaux pour montrer qu'on a envie de bouger: faire valoir son droit au DIF, par exemple...

Ehh La Tribune !!!  a écrit le 04/04/2013 à 23:39 :

Le fait que vous fassiez apparaitre a vos lecteurs des pubs de films d'horreurs violants doit il être interprété par votre vision de notre futur économique ?

Thargor  a répondu le 05/04/2013 à 11:59:

Un film d'horreur n'a jamais violé personne :-)

Ca y est on y arrive!  a écrit le 04/04/2013 à 23:35 :

Ca y est on y arrive , on va bientôt nous expliquer que si nous sommes malheureux au travail et si nous ne nous sentons pas reconnus, c'est parce que nous sommes des salariés performants ! Et si on va au bout de la logique , pour que nous soyons extrêmement performants, ils faut que nous acceptions d'être extrêmement malheureux au travail !

vrai  a écrit le 04/04/2013 à 21:26 :

12 année de boulot dans les vignes,1 an bucheron .Aujourd hui je gagne 250 euro de moin et je suis heureux d etre payer a rien faire 3 jours et demi par semaine enfin acte de présence.....Et oui pour moi c est du bonheur!Je n avais aucun avenir et chercher a en faire toujour plus.Maintenant j ai une évolution salarial et je ne peu pas en faire moin....

Fred Plomb  a écrit le 04/04/2013 à 20:02 :

Tant mieux pour eux! Quand a moi je ne travaille qu'avec des gens du royaume Unis et je dois être deux fois meilleurs qu'eux pour des appréciations deux fois moins bonnes. A ce niveau ce n'est plus de la motivation mais de l'instinct de survie

Céline  a répondu le 05/04/2013 à 11:01:

Ca fait quoi d'être dans la peau d'une femme ?

Fred Plomb  a répondu le 05/04/2013 à 15:35:

Chere Celine, c'est encore pire, car je ne peux profiter des avantages des attributs feminins

La hyène  a écrit le 04/04/2013 à 20:00 :

Etude qui n'a rien d'étonnant. Purement formelle.

Lorsque je faisais du recrutement, ce qui m'avait été imposé, de façon empirique était très simple: A la question, êtes vous motivé, ceux qui répondaient "toujours" devaient être immédiatement éliminés. Ceux qui doutaient de leur motivation, qui s'estimaient peu courageux, et qui pensaient qu'ils n'en faisaient pas assez étaient toujours privilégiés.

Sortant d'un cycle théorique de ressources humaines, je m'étais étonné, in petto, de cette technique de recrutement.

La suite m'a appris que ce process était le bon. L'expression de la motivation n'est pas la motivation, non plus que l'expression du courage, et surtout pas de celle de l'honnêteté (l'actualité nous le prouve). Ce qui est évident n'est jamais exprimé. Le regard sur soi, lorsqu'il est critique, ne saurait exprimer que le contraire de la réalité. (Des philosophes l'ont dit, l'expérience le prouve)

Conclusion : les américains sont capables de pondre des études encore plus stupides que nos universitaires français les plus obtus.

signé : pour un management par l'expérience.

groclown  a répondu le 05/04/2013 à 5:13:

merci pour votre position qui m'éclaire un peu sur le recrutement, science qui m'est restée tellement obscure.

tekila  a répondu le 05/04/2013 à 11:36:

Chômeur depuis bientôt un an, je suis sincèrement super motivé pour n'importe quel job. Même récurer des fosses à purain. Est-ce pour cela que je reste dur le carreau malgré un bac+5 et une carrière sans tache depuis 13 ans? Ou bien parce que je suis étranger de presque 40 piges? Va savoir. Mais je testerai le coup de la motivation si j'ai un entretien un de ces jours.