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Laurent Berger (CFDT) réclame plus de social à Macron

reuters.com  |   |  649  mots
Laurent berger (cfdt) reclame plus de social a macron[reuters.com]
(Crédits : Pool New)

PARIS (Reuters) - Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a exhorté vendredi Emmanuel Macron à rééquilibrer sa politique économique dans un sens plus social en présentant au président français ses revendications sur les réformes de l'assurance chômage, de la formation professionnelle, et de l'apprentissage.

"J'ai commencé par lui dire l'inquiétude qui est la nôtre et celle des salariés et adhérents de la CFDT concernant des politiques sociales qui n'étaient pas lisibles avec un certain nombre de dispositions prises ces derniers mois qui tombent souvent du mauvais côté, c'est-à-dire pas du côté de la justice sociale", a-t-il déclaré après la rencontre.

Laurent Berger, un syndicaliste réformiste, était le dernier leader syndical à rencontrer cette semaine le chef de l'Etat pour discuter des réformes qui doivent aboutir à un projet de loi au printemps prochain et une entrée en vigueur en 2019.

"Sur la formation professionnelle, l'assurance chômage et l'apprentissage, j'ai dit au président de la République: 'on ne part pas d'une page blanche. Il y a des choses qui se sont faites et ne sont pas inintéressantes'", a-t-il dit.

"Il y a une volonté de faire évoluer (ces dispositifs). Ce n'est pas illégitime de la part du gouvernement, mais du coup, il faudra que les choses soient extrêmement transparentes et claires", a précisé ce syndicaliste réformiste, qui a jusqu'à présent refusé de s'associer à la mobilisation contre la réforme du Code du travail.

L'ensemble des partenaires sociaux ont exprimé leur inquiétude, jeudi, sur la volonté du gouvernement de s'insérer dans la gouvernance de l'assurance chômage ainsi que d'ouvrir le régime aux indépendants et, une fois tous les cinq ans, aux démissionnaires.

"L'assurance chômage, ça pose un petit problème économique", a dit le président du Medef, Pierre Gattaz, à l'issue de sa rencontre, jeudi.

RISQUES "D'IRRÉGULARITÉS ET DE FRAUDE"

Le coût d'une telle mesure serait de plusieurs milliards d'euros, selon l'Unédic, qui craint que pour la financer, il ne faille réduire les indemnisations des bénéficiaires.

Inquiet de cette possibilité, Laurent Berger a dit que le président de la République avait été "extrêmement clair" sur la question et "ne voulait pas de réduction des droits".

Au sujet de la formation professionnelle et de l'apprentissage, le gouvernement prévoit une refonte totale du secteur afin de garantir une meilleure qualité des formations dispensées et permettre un accès plus facile aux salariés, aux demandeurs d'emploi et aux jeunes.

Ce secteur a coûté près 31,6 milliards d'euros aux entreprises, à l'Etat, aux ménages et aux collectivités publiques en 2014, selon le ministère du Travail. Il a été épinglé en février dernier par la Cour des comptes pour son risque "d'irrégularités et de fraude".

"On doit avoir un dispositif qui, à la fois, aide à la formation, indemnise correctement mais aussi accompagne dans les changements", a précisé Laurent Berger.

Les discussions autour de ces trois réformes devraient se faire de façon successive. Comme pour la réforme sur le Code du travail, le Premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, recevront les partenaires sociaux entre le 17 et 19 octobre.

Les discussions sur la formation professionnelle prendront, par la suite, la forme d'une négociation, selon plusieurs organisations syndicales et patronales.

Cela signifie que les partenaires sociaux devront se mettre d'accord sur les modalités des mesures à mettre en place en fonction d'un document d'orientation fourni par le gouvernement.

Les discussions sur l'apprentissage et l'assurance chômage devraient, elles, prendre la forme de concertations, laissant ainsi le dernier mot au gouvernement. Certains points pourraient toutefois être ouverts à la négociation.

(Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)