Affaire Adidas : Tapie a-t-il bénéficié d'un coup de pouce fiscal ?

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La réaction de Bernard Tapie n'a pas tardé: "Cela devient absolument comique", a-t-il indiqué mardi à l'AFP.
La réaction de Bernard Tapie n'a pas tardé: "Cela devient absolument comique", a-t-il indiqué mardi à l'AFP. (Crédits : © Jean-Paul Pelissier / Reuters)
Bernard Tapie de nouveau dans le viseur de la justice. Des juges vont enquêter sur un éventuel coup de pouce fiscal qu'aurait accordé Eric Woerth à l'homme d'affaires sur les 403 millions d'euros perçus lors de l'arbitrage controversé avec le Crédit lyonnais.

Nouveau front judiciaire dans l'affaire Tapie: trois juges d'instruction vont enquêter sur un possible coup de pouce fiscal accordé à l'homme d'affaires sur les 403 millions d'euros qu'il a perçus lors de l'arbitrage controversé avec le Crédit Lyonnais.

Cette information judiciaire, également révélée par Le Canard enchaîné, a été ouverte le 11 mars par le parquet de Paris pour "concussion (octroi d'un avantage indu, ndlr), complicité et recel", a indiqué mardi une source judiciaire. Elle fait suite à une lettre du procureur général près la Cour des comptes, Gilles Johanet, transmise à Bercy puis à la justice.

Régime fiscal favorable

Dans ce courrier, révélé par Mediapart, le haut magistrat s'interroge sur "les conditions très favorables d'imposition" accordées par le ministre du Budget de l'époque, Eric Woerth, à l'ancien patron de l'Olympique de Marseille (OM).

Sur les 403 millions d'euros versés à l'issue de l'arbitrage pour régler le vieux litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas en 1994, les époux Tapie ont touché directement 45 millions d'euros, non imposables, au titre du préjudice moral. Le solde, 358 millions d'euros, a été versé à la holding de l'homme d'affaires GBT (Groupe Bernard Tapie).

Pour l'administration fiscale, l'argent versé à GBT devait être taxé au titre de l'impôt sur les sociétés (33,3%), mais le camp Tapie demandait l'application du régime, beaucoup plus favorable, des plus-values (1,67%).

Finalement, dans une lettre du 2 avril 2009, le cabinet du ministre du Budget, Eric Woerth, avait décidé de taxer deux tiers de l'indemnité à 1,67% et un tiers à 33,3%.

 "Absolument comique"

"La solution proposée par l'administration fiscale aurait entraîné un paiement de l'impôt de 100 millions d'euros. GBT a payé en définitive 11 millions", relève une source proche de l'enquête.

La réaction de Bernard Tapie n'a pas tardé: "Cela devient absolument comique", a-t-il indiqué mardi à l'AFP.

Sous la droite "il y a eu des négociations auxquelles je n'ai pas participé et un chiffre a été trouvé en accord avec le fisc. Puis, sous la gauche, il y a eu un contrôle fiscal qui n'a abouti à aucun redressement, ni contestation", a-t-il relevé.

Mais pour Gilles Johanet, les juges d'instruction pourraient considérer que "certaines des personnes qui sont intervenues dans ce dossier ont cherché à s'affranchir intentionnellement des textes applicables et à soumettre in fine M. Tapie au régime fiscal qu'il souhaitait et qui emportait une exonération frauduleuse de plusieurs dizaines de millions d'euros".

Cette enquête ouvre un nouveau front judiciaire dans une affaire déjà très complexe. La sentence arbitrale accordée à l'homme d'affaires en juillet 2008 a été annulée et Bernard Tapie a été sommé de rembourser.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 24/03/2016 à 10:25 :
Oui exonéré de taxe foncière pour son hôtel particulier dans les années 90 en tant que personne indigente (Définition: personne en très grande pauvreté)
a écrit le 24/03/2016 à 8:06 :
Rendez nous notre argent!
a écrit le 23/03/2016 à 16:39 :
L'annulation de l'arbitrage est rétroactif et remet les choses en l'état. Par conséquent, il n'y a pas eu de revenu imposable, ni de fraude fiscale possible, ni de coup de pouce condamnable. Les juges ne peuvent pas avoir l'argent du beurre et le beurre. Mais il est vrai que la règle de droit, de nos jours, n'est qu'un élément de contexte... bref...
Réponse de le 23/03/2016 à 17:31 :
Ce qui est en cause ici ce n'est pas l'annulation de l'arbitrage, mets le traitement fiscal dont aurait bénéficié Monsieur tapie. Traitement qui semble être bien différent de celui de Monsieur tout le monde !
Réponse de le 23/03/2016 à 18:10 :
Tous deux des malheureux, tous deux ayant éternam quémander des faveurs fiscales que le salarié n'a pas... Triste mais amer constat !
Réponse de le 24/03/2016 à 7:33 :
Dans ce cas la, puisque vous validez l'annulation de l'arbitrage, Tapie doit rendre le fric, tout le fric, et tout se suite. Vous en etes d'accord?
Pour parler crêmerie, Tapie s'est toujours arrangé jusqu'ici pour se taper le crémière. Il est temps que ça se termine

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