Agriculture : les chiffres de la détresse

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200.000 demandes de primes d'activité ont été déposées depuis le début de l'année.
200.000 demandes de primes d'activité ont été déposées depuis le début de l'année. (Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)
Les demandes de primes d'activité, ainsi que les appels à la permanence de prévention des suicides, dépassent les attentes, souligne la Mutualité sociale agricole. Et la situation risque encore d'empirer.

Dans le secteur agricole, les demandes de primes d'activité, nouveau dispositif pour les travailleurs à revenus modestes qui a remplacé le RSA activité, ont le vent en poupe. La Mutualité sociale agricole (MSA), sécurité sociale des agriculteurs, en attendait 60.000 pour l'ensemble de 2016. Or, elle a déjà reçu 200.000 demandes depuis le début de l'année, a-t-elle souligné lors d'une conférence de presse mardi 11 octobre, une semaine après la présentation par le gouvernement de son plan d'aide. Ces requêtes concernent pour un tiers les chefs d'exploitations, et pour deux tiers les salariés agricoles.

Cette explosion de la demande est un indicateur incontestable de l'aggravation de la crise agricole: alors qu'en 2014 18% des agriculteurs imposés au régime réel avaient eu des revenus équivalents à 354 euros par mois, en 2015 30% d'entre eux se sont retrouvés dans cette situation, notamment parmi les exploitants laitiers et les éleveurs bovins, relève la MSA. En 2016, la situation risque d'ailleurs encore d'empirer, avec la chute de 32% de la production de blé tendre en raison de la mauvaise météo.

1.700 appels en six mois

Autre indicateur mis en avant par la MSA, même s'il est à prendre avec plus de prudence: le nombre d'appels auprès de la permanence de prévention du suicide chez les agriculteurs, Agri'écoutes. Au premier semestre, ils ont été 1.700, soit une moyenne de 285 appels par mois, contre une centaine par mois sur la même période un an plus tôt. Si la nouveauté du dispositif, lancé en octobre 2014, et qui n'a commencé à être connu qu'à compter des mois de mars/avril 2015, compte sans doute, la MSA souligne également un changement dans la nature des appels. Ce sont en effet désormais de plus en plus souvent les épouses qui contactent Agri'écoutes, "par rapport au désarroi de leur mari". Michel Brault, directeur général de la MSA, l'explique ainsi:

"Lorsqu'il n'y a plus de revenus qui rentrent, un fort endettement, l'homme n'ose plus appeler. Il se réfugie dans le travail, ne s'occupe plus des papiers, des échéances. C'est le conjoint qui est confronté à cela".

300 suicides en 2011

Pourtant, le risque de suicide est concret: selon des chiffres publiés la semaine passée par Santé Publique France et la MSA, près de 300 agriculteurs se sont suicidés en 2010 et 2011, sur une population de 480.000 personnes, avec une surmortalité particulièrement marquée chez les éleveurs bovins (lait et viande) âgés de 45 à 54 ans. La MSA souhaite donc passer à la prise de contact directe et à l'accompagnement personnalisé, en s'appuyant sur ses 900 travailleurs sociaux présents sur tout le territoire.

L'organisation est en revanche plus sceptique concernant le dispositif de remplacement gratuit mis en place par le gouvernement pour permettre aux exploitants de souffler: "Assez peu d'agriculteurs ont demandé à en bénéficier", relève Michel Brault, qui souligne:

"L'agriculteur ne ressent pas le besoin de partir en vacances. Pour lui, c'est un sentiment de fuite devant ses problèmes".

 (Avec AFP)

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a écrit le 13/10/2016 à 15:30 :
depuis plus de 40 ans , le paysan français a été un chasseur de primes qui a été encouragé par les dirigeants politiques a conserver sa petite exploitation familiale! dans les années 70 , alors dirigeant d'entreprise industrielle dans la campagne française , nous manquions de personnel de production : les fils de paysans refusaient de venir travailler en usine , se satisfaisant du niveau de vie apporté par les aides de la PAC ou se tournant dans les carrières telles que gendarmerie , pompiers , armée ! tout sauf l'usine ! les entreprises ont été obligées de se tourner vers l'immigration pour satisfaire leurs besoins : Portugal , Maroc , Algérie Turquie etc Le refus de l'agriculture de se restructurer et d'envoyer une partie de leurs enfants vers l'industrie : Résultat : 5 millions de musulmans en France qui peuplent nos grandes entreprises industrielles , une agriculture restée pour une grande partie au niveau des années 70 et qui va créer des milliers de chômeurs et des exploitations en voie de disparition . aujourd' hui ils réclament qu'on leur achète leurs produits à leur cout de production : ils ne se rendent pas compte que c'est impossible dans un marché mondialisé : 50 % de la production française doit être exportée avec des prix au niveau des cours mondiaux ! si non il ne faudra plus produire que pour les seuls besoins du marché français à qui on imposera des prix français , mais il faudra alors réduire notre production de 50% car invendable à l'export ! donc disparition de 50% des exploitations incapables d'être au niveau des cours mondiaux : l'agriculture , fleuron de notre pays disparaitra comme a disparu l'industrie , faute de compétivité
Réponse de le 13/10/2016 à 22:11 :
Le paysan est responsable de tout!c 'est un mauvais sujet qui n'a jamais voulu aller dans les usines poua poua poua mais qu'est ce que c'est que se discours!je ne comprend pas ce discours ubuesque et haineux monsieur de romany!!
Réponse de le 15/10/2016 à 3:33 :
Les paysans travailler dans les usines ? Et pourquoi pas obliger les ingénieurs et les médecins et les avocats à travailler comme ouvriers dans le batiment ou les usines aussi ? Ecrire des aneries à ce niveau, c'est un record olympique. Quant aux "musulmans" comme vous les classez, les patrons du BTP et de la restauration sont contents de les avoir, sinon vous seriez sdf et sans repas. Et pourquoi classer les travailleurs suivant leur religion et pourquoi pas suivant leur orientation sexuelle ou suivant leur taille et leur poids ? Ah oui elle est belle la pensée de "droite", si on appelle cela de la "pensée".
a écrit le 13/10/2016 à 9:55 :
Cette logique productiviste doit s'arrêter net.

J'ai un producteur de lait proche de chez moi qui est un des plus gros du département, ultra endetté plus il produit et plus il est endetté, il est évident que ce sont les banques qui vont récupérer ses nombreux terrains après l'avoir vidé de toute son énergie parce que le gars il bosse 12h par jour tous les jours.

On s'attend tous à ce qu'un jour il se mette un coup de fusil oui.

Dans une entreprise classique, peut-être moins actuellement du fait de l'esclavagisme salarial néolibéral, il gagnerait au moins 4000 euros par mois en bossant autant.

Là non seulement il n'arrive pas à gagner sa vie mais il l'a perd car creusant sans arrêt ses finances.

Pieds et poings liés à l'agro-industrie plus il les écoute et plus il s'enfonce, quand allons nous enfin mettre un terme à cette inhumanité dogmatique agro-industrielle ?

Que font les politiciens ? Veulent ils que tous les agriculteurs productivistes finissent par se suicider de sorte que le lobby de l'immobilier récupère tous leurs terrains ?

Elle est ou la logique de travailler plus pour être toujours plus endetté ?
a écrit le 12/10/2016 à 20:37 :
L’Euro est dans le pré

2’53 » pour résumer les « bienfaits » de l’Union européenne sur l’agriculture française depuis 30 ans…

https://www.upr.fr/videotheque-upr/l-euro-est-dans-le-pre
a écrit le 12/10/2016 à 17:49 :
le monde agricole est entrain de payer et très cher son attachement aux politiques presque un système féodal mais également à son syndicat majoritaire la FNSEA qui a plus défendu le vote des agriculteurs pour le politique de droite qui assurait non pas aux agriculteurs mais aux leaders de ce syndicat un avenir en dehors de la terre. Comment des agriculteurs ont ils pu mette à la tête de ce syndicat un grand industriel déconnecté depuis bien longtemps des problèmes de ceux qui se baissent pour travailler. Un leader plus dans les salons politiques plus occupé par les aides dont il profite autant directes qu'indirectes comme par exemple la petite ponction sur le carburant. Si le monde agricole ne veut pas sombrer il doit revoir sa stratégie bienveillante par rapport au politique mais également la refonte de son syndicat majoritaire. Bon courage au monde agricole qui devrait remettre en question sa représentativité et ce côté malsain de fricoter avec le politique. .
a écrit le 12/10/2016 à 16:53 :
Il ne m'a jamais été rapporté de cas de suicide après ingestion de muesli ou la publication de votre enquête chez des consommateurs...Je peux comprendre votre indignation, mais votre détresse faut pas pousser. Amicalement.
Réponse de le 12/10/2016 à 18:45 :
On ne connait pas bien les conséquences sanitaires des pesticides. Beaucoup de pays ont limité les pesticides pour causes sanitaires, et se tournent vers des méthodes alernatives, pourquoi ne pas plus prendre en compte la santé de la population ? Secundo, que pensez-vous de la disparition des abeilles (et de tout une faune et flore) à cause des pesticides ? Ce n'est pas rien. Et tertio, il y a beaucoup d'agriculteurs français qui sont très riches, notamment dans le vins rouge, le champagne, les céréales. Cela dépend des secteurs, par exemple le lait ou le poulet ne font plus recettes à cause d'une surproduction. Le modèle productiviste de la quantité sur la qualité est dépassé, les prix ont chuté, comme la qualité. Essayer le gout des tomates sans gout actuelles, c'est juste un exemple...
a écrit le 12/10/2016 à 16:46 :
l unique responsable ? leur ministre
Réponse de le 13/10/2016 à 9:51 :
Vu que ca fait 30 ans que ca dure, c est surement pas la faut d un seul ministre ;-)
Mais c est vrai que ceux ci ont une part de responsabilite en refusant de mettre les pieds dans le plat et de cogerer le ministere avec la FNSEA.
Soit on suit la FNSEA et on fait un agriculture hyper productiviste calquee sur l industrie, et logiquement il y a de lap lace pour que quelques paysans (comme en france on a 4 centrale d achat pour grande surfaces ou 2 constructeurs auto) soit on tourne le dos au modele FNSEA (logique car on va pas manger 2 fois plus si les pris sont divise par 2) et dans ce cas on arrete de subventionner les pollueurs et on sanctionne ceux qui cassent tout pour avoir plus de subvention
a écrit le 12/10/2016 à 14:05 :
Et la détresse des consommateurs avec des céréales pleines de pesticides ? Voir la dernière enquete sur les muesli de l'association Générations future, spécialisée dans l'étude des dangers liés aux pesticides et aux OGM... "Après avoir testé 15 paquets de céréales non bio, elle y a trouvé 141 résidus de pesticides, dont 81 sont suspectés d'être des perturbateurs endocriniens."
Réponse de le 12/10/2016 à 14:37 :
mangez bio alors en plus vous ferez bosser les petit paysans!
a écrit le 12/10/2016 à 13:35 :
Ils vont ou les milliards de la PAC ?
il me semble que Le Foll voulait une meilleur redistribution des aides entre eleveurs bovins et céréaliers ,on en est ou ?
a écrit le 12/10/2016 à 13:32 :
Agriculteurs, céréaliers, transporteurs, patrons marins pêcheur et dans peu de temps vignerons etc qui demandent tous le temps et toujours plus d'aides de l'Europe et de la France, alors que ces gens là on un patrimoine important constitué au fils des bonnes années.
Que doivent dire les chômeurs en fin de droits, qui eux n'ont pas de patrimoine à vendre pour survivre. Ou est la justice en France.
A quel moment ce gouvernement décidera la déclaration de patrimoine à ces profiteurs avant de leurs accorder des aides, des subventions les yeux fermés.
Il faut que justice soit faite en attribuant comme pour les aides sociales et en particulier dernièrement les A.P.L au regard des ressources et du patrimoine détenu.
Réponse de le 12/10/2016 à 14:19 :
Il paraît que dans la mythologie paysanne, "celui qui se suicide emporte son patrimoine au paradis"... Il paraît même que la PAC est encore versée! D'où le nombre de suicide le plus important, toutes professions confondues. Navrant votre commentaire.
Réponse de le 12/10/2016 à 16:32 :
votre grande intelligence vous honore !!!! si l'agriculteur vend ses terres, que fera-t-il après : y avez-vous pensé : il faut vraiment être d'un très grande connerie pour avoir de tels raisonnements : sûrement un fonctionnaire inutiles et rentier !!!!! et c'est bien parce que je retiens mes mots !!!!!
Réponse de le 12/10/2016 à 17:16 :
Retenez vos propos et rester poli !!!
J'ai des idées différentes et ce n'est pas pour ça que je vais vous insulter ...( comme vous le faites ).

Un chômeur fin de droit n'a pas de patrimoine et il se retrouve avec rien , un agriculteur qui vend ses terres se retrouve avec un pécule qui lui permet de changer de métier en ayant les ressources pour le faire ... C'est un fait ! ( dire le contraire est de mauvaise foi )

Une entreprise déficitaire c'est X employés a la rue , un agriculteur en détresse c'est obligatoirement une aide de l'état ...
Si les allemands produisent du lait moins cher que les français en faisant des bénéfices , les agriculteurs français doivent se remettent en cause et pas attaquer la concurrence !!
Si une entreprise produit plus cher que la concurrence sur un même produit elle ferme , mais les agriculteurs il faut les aider !!!
Dites moi pourquoi ?

La France n'a plus les moyens d'entretenir ceux qui n'ont pas évoluer ... On est au XXI eme siècle , c'est numérique et ceux qui sont rester au XX eme siècle n'ont pas a pleurer et réclamer des aides pour leurs incompétences !
Le temps des bisounours est fini .
Réponse de le 12/10/2016 à 22:37 :
Si vous considérez qu'un agriculteur peut changer (facilement) de métier vous considérez qu'il y a de l'emploi ailleurs? Du coup, je comprends pas bien pourquoi des chômeurs peuvent arriver en fin de droits sans avoir un nouveau travail! Vous pouvez m'expliquer?
Mais je vous rejoins bien sur le fait que le temps des bisounours est fini (pour TOUT le monde).
Réponse de le 13/10/2016 à 8:05 :
Je vous signal cher monsieur que ce"patrimoine" pour ces gens sont d'abord et avant l'outil de travail des gebs que vois citez en début de post. Qui plus quand on vend son patrimoine pour survivre c'est qu'il y a un problème dans notre système économique. Techniquement quand on travail;avec son salaire on doit pouvoir vivre et mettre même si c'est pas grand choses un peu de côté. Si c'est pas le cas c'est qu'il y a un problème...
a écrit le 12/10/2016 à 12:40 :
Pendant ce temps là ...normal 1er , se targue d'avoir fait employé ....60 000 fonctionnaires de plus à l'Education Nationale ...! c'est fou , l'écart entre le monde du fonctionnariat du socialisme et la productivité durable des entrepreneurs agricoles ......!
Réponse de le 12/10/2016 à 14:03 :
vu que les paysans en question sont en faillite, on peut pas vraiment parler de productivite durable ....
Mais vu que le systeme pousse a eliminer les petits paysans, il faut pas s etonner du resultat
Réponse de le 12/10/2016 à 14:13 :
Moi j'ai des copains agriculteurs,tout va très bien pour eux.
Pendant des années ils se sont gavés avec la PAC. Maintenant ils font des cultures de haute technologie. Ils ne ralent pas ....ils se creusent la tête ...bref ils bossent !
Réponse de le 12/10/2016 à 16:49 :
Des profs en lycée agricole ça sert aussi. A toutes fins utiles je vous rappelle qu'il existe la PAC , que vous financez comme moi. Dès lors, des grincheux pourraient qualifier bon nombre d'agriculteurs de fonctionnaires...

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