Brexit : Theresa May étouffe la rébellion et empoche le vote de la Chambre des Communes

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Les mises en garde de Theresa May ont porté. Si plus des deux tiers des députés se sont opposés au Brexit lors de la campagne du référendum du 23 juin 2016, la majorité d'entre eux estiment désormais difficile de s'opposer à la volonté des électeurs qui se sont prononcés à 52% pour une sortie de l'UE.
Les mises en garde de Theresa May ont porté. Si plus des deux tiers des députés se sont opposés au Brexit lors de la campagne du référendum du 23 juin 2016, la majorité d'entre eux estiment désormais difficile de s'opposer à la volonté des électeurs qui se sont prononcés à 52% pour une sortie de l'UE. (Crédits : © Peter Nicholls / Reuters)
Victoire écrasante pour la première ministre britannique : hier soir, la chambre basse, à une immense majorité, a donné au gouvernement le droit d'engager le processus officiel de séparation avec l'UE. Prochaine étape : le 20 février, quand le texte sera soumis à l'approbation de la Chambre des lords.

En janvier, la Cour suprême avait obligé le gouvernement a soumettre son projet de sortie de l'Union européenne à l'approbation du Parlement du Royaume-Uni. Au vu des résultats du vote d'hier soir, Theresa May n'avait rien à craindre : les députés de la chambre des Communes ont massivement approuvé le texte en première lecture par 494 voix contre 122, au terme de plusieurs jours de débats consacrés à l'étude de quelque 140 pages d'amendements.

Après cette première étape clé, remportée haut la main par la Première ministre conservatrice, le texte intitulé "Projet de loi de l'Union européenne (notification de retrait)" sera soumis à l'approbation de la Chambre des Lords, le 20 février. Theresa May, qui aura ensuite donc très certainement tout pouvoir pour activer l'article 50 du Traité de Lisbonne, souhaite que tout soit validé pour le 7 mars - elle qui a promis le déclenchement avant le 31 mars. S'ensuivront deux années de négociations de sortie de l'UE.

Une victoire massive pour Theresa May

Pour étouffer toute rébellion dans les rangs de la majorité conservatrice, la Première ministre a promis mardi que le Parlement se prononcerait sur les termes du Brexit avant le résultat final des négociations entre Londres et Bruxelles, sans toutefois que cela puisse remettre en cause la sortie du giron européen. Mais le député libéral-démocrate (centre) Tom Brake a qualifié l'annonce de "feuille de vigne", refusant d'y voir une concession de la part du gouvernement.

"Ce n'est pas le moment d'entraver la volonté du peuple britannique"

Lundi, dans ce même souci d'éviter toute rébellion chez les élus conservateurs avant le vote de mercredi, Mme May avait mis en garde les députés tentés de voter certains amendements visant à réduire la marge de manoeuvre du gouvernement.

"Ce n'est pas le moment d'entraver la volonté du peuple britannique", a-t-elle déclaré devant la chambre des Communes, où certains élus s'inquiètent de la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen annoncée par Mme May.

Si plus des deux tiers des députés se sont opposés au Brexit lors de la campagne du référendum du 23 juin 2016, la majorité d'entre eux estiment désormais difficile de s'opposer à la volonté des électeurs qui se sont prononcés à 52% pour une sortie de l'UE.

Le travailliste Jeremy Corbyn critiqué dans son parti et par l'Ecosse

Le projet de loi avait d'autant plus de chances d'être adopté que le Labour, principal parti d'opposition, avait promis de ne pas le bloquer, même si 47 de ses 229 députés ont défié la ligne officielle la semaine dernière en votant contre la poursuite de l'examen du texte.

Plusieurs dizaines de députés travaillistes ont fini par voter contre le texte, malgré les consignes de leur chef de file Jeremy Corbyn qui a estimé qu'il fallait voter le texte même si les amendements déposés n'ont pas été adoptés. Plusieurs membres de l'équipe politique de Jeremy Corbyn ont démissionné à cause de ce différend.

Sturgeon à Corbyn : "Vous êtes pathétique!"

Parmi les opposants au texte figurent les indépendantistes écossais du SNP, qui souhaitent rester dans le marché unique et brandissent la menace d'un deuxième référendum d'indépendance après celui de septembre 2014. Et ils sont très en colère contre les travaillistes. La première ministre de l'Ecosse Nicola Sturgeon a répliqué de manière cinglante via Twitter au leader travailliste Jeremy Corbyn qui expliquait via Twitter après le vote (qu'il a approuvé) combien son parti serait combatif à partir de maintenant :

Corbyn :

"Le vrai combat commence maintenant. Au cours des deux prochaines années, le Parti travailliste fera tout pour s'assurer que le Brexit protègera l'emploi, le niveau de vie et l'économie"

Sturgeon

Comment ? Vous venez juste de signer un chèque en blanc aux conservateurs. Vous n'avez pas obtenu une seule concession mais quand même voté pour le texte. Vous êtes pathétique."

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 09/02/2017 à 22:28 :
Elle est trop mignonne sur la photo quoi qu'on dit ! J'aime les matures. Pas vous?
a écrit le 09/02/2017 à 15:33 :
Theresa may? No, Theresa will ! Quel scandale si elle l'avait joué à la Sarko, c'est-à-dire en faisant revoter contre la volonté du Peuple. Belle leçon de démocratie une fois de plus de la part des Britanniques :-)
Réponse de le 09/02/2017 à 18:31 :
On ne revote jamais pour une cause entendue , c'est la démocratie .
Réponse de le 09/02/2017 à 20:14 :
Le référendum est une anomalie dans la démocratie parlementaire qu'est le Royaume-Uni, il n'y a de valeur que consultative. Il eût été hasardeux de s'asseoir complètement dessus, mais il ne faudra pas hésiter à faire revoter les britanniques dès que les conséquences pratiques du brexit se feront sentir.
a écrit le 09/02/2017 à 15:02 :
Quand on aime un gouvernement on ne cite que les déclarations du gouvernement, quand on aime pas un gouvernement on cite les déclarations du gouvernement et de ses opposants politiques.

"Étouffer" c'est pas un peu exagéré non plus par rapport à la situation que vous décrivez ? Je pensais voir des moyens de pression ou du chantage à l’œuvre.

Enfin on retiendra de cet article donc que ceux qui ne sont pas contre le brexit sont pathétiques, c'était passionnant.
a écrit le 09/02/2017 à 14:49 :
Elle arrive à déplacer des montagnes , mais pas besoin des François dans son gouvernement , elle connaît l'article 50

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