Les réfugiés boostent l’économie européenne

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L'afflux de réfugiés pourrait augmenter la croissance économique de l'Union européenne de 0,13 % d'ici à 2017, estime le FMI.
L'afflux de réfugiés pourrait augmenter la croissance économique de l'Union européenne de 0,13 % d'ici à 2017, estime le FMI. (Crédits : Michaela Rehle)
Une étude du FMI, publiée mercredi 20 janvier, affirme que l’afflux actuel de réfugiés devrait avoir un impact positif « plutôt immédiat » sur la croissance des économies européennes. L’institution internationale exhorte ainsi les dirigeants européens à mettre en place les politiques adéquates pour profiter au mieux de ces nouvelles opportunités économiques.

Contrairement à une idée largement répandue, y compris parmi les économistes, la crise migratoire ne pénaliserait pas la croissance des pays européens, même dans l'immédiat, au contraire. C'est en tout cas ce que conclut une étude menée par le Fonds monétaire international (FMI), et publiée ce mercredi 20 janvier, qui prédit que la croissance économique européenne tirera une dynamique positive de l'afflux sans précédent de demandeurs d'asile.

Alors que, suite aux événements de Cologne, les dirigeants allemands commencent à infléchir leur politique d'accueil, l'institution internationale montre que le PIB de l'Allemagne, qui a accueilli sur son sol 1 million de réfugiés l'an dernier, fuyant pour la plupart les guerres en Syrie et en Afghanistan, pourrait croître de pas moins de 0,3 % d'ici à 2017 grâce aux demandeurs d'asile. Les trois pays à avoir accueilli le plus grand nombre de réfugiés l'an dernier en tireraient un surplus de croissance de respectivement 0,3 % pour l'Allemagne, 0,4 % pour la Suède et même 0,5 % pour l'Autriche.

Des effets négatifs temporaires

Un des auteurs du rapport, Enrica Detragiache, a déclaré à l'agence de presse américaine Bloomberg :

« Les effets négatifs des afflux migratoires tendent à être de courte durée et temporaires. »

Un impact positif « devrait être plutôt immédiat » à la fois sur le PIB et sur les finances publiques, ajoute l'experte du FMI, notamment grâce à l'élargissement de l'assiette fiscale dû à l'augmentation de la population. À l'échelle de l'Union européenne, l'étude prévoit que le PIB des États, dans le scénario le plus plausible, bénéficie d'un surplus de croissance de 0,13 % en raison de la crise migratoire actuelle. Le FMI exhorte donc les dirigeants européens à ne pas se rétracter et à saisir les opportunités économiques de cette vague migratoire, la plus importante en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Encore plus de bénéfices en cas de politiques favorables aux réfugiés

La situation pourrait même être encore plus profitable si les gouvernements européens s'efforçaient d'intégrer les migrants au marché du travail : le PIB, dans les trois pays les plus ouverts aux réfugiés en 2015, pourrait alors être 1,1 % plus élevé que ce que prévoit le scénario de référence de l'étude d'ici à 2020. Enrica Detragiache prévient les dirigeants de l'Europe des 28 :

« Il y aura un grand défi qui sera celui d'essayer d'apporter au marché du travail les compétences que peuvent fournir les réfugiés, en accord avec les demandes de l'industrie. »

Les auteurs du rapport, qui avertissent que leurs prévisions sont à prendre avec des pincettes en raison de la difficulté à prédire l'évolution de l'afflux de demandeurs d'asile en Europe, sont toutefois en mesure d'affirmer que des politiques de soutien aux réfugiés visant à leur fournir des services tels que le logement, la santé et l'éducation permettront à court terme d'augmenter la demande globale des économies. Une politique monétaire accommodante peut, en outre, « aider à compenser les possibles pressions à la baisse sur les salaires et l'inflation en lien avec l'entrée progressive des réfugiés dans l'emploi », ajoutent les experts du FMI, qui estiment qu' « une rapide intégration au marché du travail peut déverrouiller les bénéfices économiques potentiels de l'afflux de réfugiés », et que « garantir aux demandeurs d'asile, dès leur arrivée, un accès au marché du travail des secteurs public et privé, et à l'auto-entrepreneuriat, est un prérequis-clé pour leur intégration rapide à la main-d'œuvre ». Le rapport pointe en particularité la nécessité de subventions publiques aux employeurs, ainsi que d'un investissement public dans les compétences en langues des nouveaux entrants.

À Davos, les grands groupes unis pour aider les réfugiés

Les efforts d'intégration des migrants ne sauraient être, cependant, l'apanage des pouvoirs publics. C'est ce qu'ont tenté de démontrer plusieurs grands groupes au forum économique mondial de Davos, en Suisse, en annonçant leur volonté de s'associer pour contribuer au règlement de la crise migratoire en Europe, estimant que l'action des gouvernements et des ONG ne pouvait suffire, a annoncé mardi 19 janvier l'initiateur de ce projet, le fondateur d'origine kurde de la marque américaine de yaourts Chobani. Hamdi Ulukaya, le fondateur des yaourts Chobani, a affirmé :

« Les entreprises et les innovateurs ont un rôle crucial à jouer. »

Sa fondation, la Tent Foundation, a ainsi annoncé ses premiers partenariats, dont notamment Airbnb, IKEA, LinkedIn, MasterCard, UPS et Western Union. Les noms des 100 autres sociétés partenaires devraient être révélés d'ici l'été. Les entreprises qui prennent part à ce projet s'engagent à allouer des ressources à la résolution de la crise des réfugiés.

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Commentaires
a écrit le 22/01/2016 à 14:41 :
On nous amène des millions de traîne savates, branchés sur Radio Allah,et on ose nous faire croire que l'économie va sortir grandie . Les emplois sont détruits , les robots conduisent au chômage et donc on propose que dans son salon la dirigeante du FMI au délicieux parfum et aux foulards organdi, prenne des joyeux individus qui lui pinceront les fesses et lui suceront ses tétons. On n'a pas de respect pour ces gens: ils sont tellement connectés, qu'ils sont déconnectés de la réalité!
a écrit le 22/01/2016 à 14:13 :
De mon coté, la seule chose que j'ai constaté comme "dynamisées", c'est les sociétés de pompes funèbres et fabricants de bougies !
a écrit le 22/01/2016 à 12:07 :
Les responsables du FMI habitent-ils dans les quartiers où ces migrants sont installés ? Ont-ils leurs enfants en école publique dans une zone de non-droit avec 20 nationalités par classe dont une bonne partie des élèves ne maîtrise pas la langue du pays ?
Cette vision comptable, erronée, est exaspérante.
Après ils s'étonnent de la montée du populisme qui s'appuie sur des faits de la vie courante, pas sur des statistiques.
a écrit le 22/01/2016 à 10:11 :
le FMI c'est ceux qui ce trompent tous le mois dans leur prévision ou c'est ceux qui dérèglent tous les système monétaire dans le monde ....à oui , ils font les deux.
c'est pas le genre de personne qui mentirai ou qui ruinerai un pays juste pour prendre la main dessus.leur étude doit être juste et honnête .
a écrit le 22/01/2016 à 9:01 :
Ah ben alors dans ce cas pourquoi Angela a t elle passée une provision de 10 Mlds d Euro dans son budget 2016 pour l intégration des migrants ?
Ne devrait elle pas contre balancer cette dépense prévue avec les revenues supplémentaires tirés des migrants ?
On voudrait bien savoir donc sur 2016 le bénéfice financier net que l' Allemagne va engranger ?
Aussi pour faciliter les mouvements vers les terres choisies ne pourrions nous pas mettre en place un passeport UNIQUE. Race Humaine : Nationalité Terrien. Là au moins l Homme serait libre de choisir de vivre et travailler là ou il le désire sans formalité. Ne sommes nous pas dans la mondialisation ?
a écrit le 22/01/2016 à 8:41 :
Un effet positif immédiat : c'est complètement absurde.C'est une nuisance pour le présent et pour le futur.Un référendum serait le bienvenu.

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