L'emploi intérimaire en France confirme sa remontée

Le travail temporaire a repris des couleurs depuis le début l'année. Mais le Prisme, organisation patronale du secteur, estime qu' il est encore "un peu trop tôt" pour dire si la tendance sera pérenne.
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

La Dares, dircetion de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, qui dépend à la fois du ministère de l'Economie et de celui du Travail, souligne ce mercredi le redressement quui se poursuit de l'emploi intérimaire en France.

"À la fin du premier trimestre 2010, 524.000 salariés sont intérimaires, soit 30.400 de plus qu'au trimestre précédent (+6,2%), souligne la Dares. Depuis le redressement entamé au deuxième trimestre 2009, l'emploi intérimaire s'accroît à un rythme relativement soutenu, de l'ordre de 5% à 6% ces trois derniers trimestres. En un an, 85.400 postes d'intérimaires ont été créés (+19,5%)."

Redressement marqué dans l'industrie
 

Dans le détail, l'étude précise que "tout comme au trimestre précédent, le redressement des effectifs est particulièrement marqué dans l'industrie (+10,2%, soit 20.700 postes). La hausse s'accélère dans le tertiaire (+5,8%, 10.300 postes), tandis que la construction marque le pas (-0,8%, -800 postes)."
 

Au cours du premier trimestre 2010, le volume de travail temporaire en équivalents-emplois à temps plein a progressé plus modérément que les effectifs intérimaires (+3%). Le nombre de contrats conclus a continué à progresser, bien qu'un peu plus modérément (+2,3%, après +4%).

Mardi, le Prisme, organisation patronale du travail temporaire, a dressé lors d'une conférence de presse son bilan 2009 et ses perspectives pour 2010. "Au cours des cinq premiers mois de l'année, les effectifs intérimaires ont progressé de 10,2% par rapport à la même période de 2009", a-t-il annoncé.

Depuis février, les entreprises recommencent à faire davantage appel au travail intérimaire, que les analystes considèrent comme un indicateur avancé du marché du travail. Au début de l'année, l'intérim dans l'industrie a été porté en premier lieu "par la croissance de l'automobile et par les secteurs de la chimie et du textile", explique le Prisme, qui doute cependant que cela perdure. "La santé, la finance-comptabilité et le secteur public sont caractérisés par une augmentation de la demande d'intérimaires", a également observé la fédération.

Mais si le secteur enregistre "l'amorce d'une reprise", il est encore "un peu trop tôt" pour dire si la tendance sera pérenne, a estimé Arnaud de la Tour, président de l'organisation. La reprise est "assez pérenne" dans certains domaines comme le tertiaire, l'informatique, la comptabilité ou le secteur bancaire, "où l'on commence à observer des effets pénuriques".  Mais pour Arnaud de la Tour, il vaut mieux "rester prudent", notamment par rapport au secteur industriel, car "si l'automobile qui, concentre 20% de l'emploi en intérim, tousse demain, cela se retrouvera dans les chiffres".

200.000 équivalents temps plein perdus en 2009

"On n'oublie pas non plus qu'on est 20% en dessous de 2008", a rappelé Arnaud de la Tour. L'année 2009 a été pour l'intérim une "annus horribilis". Cela a été "terrible, puisque la baisse, déjà amorcée en 2008, a été de 28,7%", soit "une perte de quasiment 200.000 équivalents temps plein". "On a, hélas en cette année 2009, été une variable d'ajustement", a expliqué Arnaud Minerve.

 "Les régions les plus fortement impactées en 2009 sont celles qui redémarrent le plus fortement" : Alsace, Franche-Comté et Champagne-Ardenne. Par ailleurs, "l'embauche de candidats à l'issue des missions d'intérim qui s'était ralentie en 2009 tend à repartir ", selon le Prisme.

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