Retraites : que peuvent encore faire les syndicats ?

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(Crédits : Reuters)
Le Sénat a prévu de voter jeudi le projet de loi réformant les retraites. La loi pourrait alors être définitivement adoptée par les deux Assemblées à partir du 25 octobre. De quelle marge de manœuvre disposent désormais les syndicats pour faire modifier le projet ?

La journée de jeudi prochain pourrait marquer un tournant dans le parcours mouvementé qui doit mener le projet de loi réformant les retraites à son adoption.

C'est en effet à partir de jeudi que devrait être votée le projet de loi par les sénateurs, a indiqué, à l'issue de la conférence des présidents du Sénat (qui fixe l'ordre du jour de la Chambre haute), le président du groupe UMP Gérard Longuet. Ce vote était initialement prévu mercredi.

La présidente du groupe communiste et du parti de gauche (CRC-SPG) Nicole Borvo Cohen-Seat a stipulé de son côté que la  "possibilité de travailler vendredi, samedi et dimanche" avait été "évoquée" lors de la conférence.

Selon Nicole Borvo Cohen-Seat,  le Sénat pourrait ne fait qu'un simple vote et ne procéder au vote solennel "qu'après la Commission mixte paritaire" (CMP). La CMP, composée de sept sénateurs et de sept députés, se réunira après le vote du texte par le Sénat pour établir une version commune aux deux chambres.

Au final, l'Assemblée nationale et le Sénat se prononceront solennellement sur cette version commune la semaine du 25 octobre, pour une adoption définitive de la réforme. La loi doit être ensuite promulguée par Nicolas Sarkozy, au plus tard courant novembre si elle fait l'objet d'un recours au Conseil constitutionnel.

La fin d'un duo sans faille CGT-CFDT ?

C'est également jeudi prochain qu'est prévue une réunion de l'intersyndicale, destinée à définir sa stratégie après le vote du texte par le Sénat.

Jusqu'à présent, le duo formé par Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) a affiché une entente sans faille mais le vote du Sénat et la radicalisation dans certains secteurs pourraient compliquer le jeu syndical. La CGT doit ainsi faire le grand écart entre sa base la plus radicale et son allié, plus modéré.

Quatre syndicats sur huit - CGT, FSU, Solidaires, CFTC - ont marqué pour l'instant leur volonté de poursuivre la mobilisation après le vote du projet de loi.

La CFDT a toutefois indiqué qu'elle adapterait sa stratégie à la "nouvelle séquence" qui s'ouvrira. "Après le vote au Sénat, nous serons dans une autre configuration", a prévenu Marcel Grignard, numéro deux de la centrale, lors de la dernière intersyndicale jeudi dernier.

De même, l'Unsa, qui redoute que les futurs cortèges ne soient clairsemés après les mobilisations qui ont rassemblé jusqu'à 3,5 millions de personnes selon eux, n'a pas caché sa préférence pour "de nouvelles formes de contestation".  "Si l'intersyndicale décide de nouvelles manifestations après le vote du Sénat, ce sera sans nous", a ainsi déclaré Carole Couvert, numéro deux de la CFE-CGC, lundi dans Le Figaro.

Les syndicats ne vont pas "dire stop du jour au lendemain"

Un scénario qui ne convient pas à la CGT."Nous avons un mouvement d'une ampleur inégalée depuis plus de quinze ans. Les organisations syndicales ne vont pas dire stop du jour au lendemain, ce n'est pas concevable", a dit Bernard Thibault dans Le Journal du dimanche du 17 octobre.

La CGT a trouvé un allié surprise en la personne de Jacques Voisin, le président du syndicat CFTC, pour qui "une loi votée, ça se corrige".

Quant à Jean-Claude Mailly, le "patron" de Force ouvrière, il ne semble pas avoir tranché pour le moment. "La semaine va être décisive, pour l'instant, c'est au jour le jour", dit-on à la direction de la confédération.

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