La France refuse de laisser l'Otan prendre les choses en main en Libye

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Alain Juppé a expliqué ce mardi devant les députés que Paris et Londres souhaitaient mettre en place une instance de pilotage politique de l'opération qui réunira les ministres des Affaires étrangères des Etats intervenants ainsi que ceux de la Ligue arabe

"Il faut être cohérent. Pour être légitime, on a besoin du soutien de la Ligue arabe. Qu'a dit la Ligue arabe ? Ne nous mettez pas l'Otan. Voilà, c'est tout." Sans langue de bois, Laurent Wauquiez a fixé ce mardi le cap que la France entendu suivre dans la gestion de l'intervention internationale en Libye. Pour le ministre des Affaires européennes, qui s'exprimait devant un groupe de journalistes diplomatiques, le débat en cours sur l'implication de l'Alliance atlantique après la première phase de l'intervention, n'a tout bonnement pas lieu d'être.

De source diplomatique française, on souligne que le soutien de la Ligue arabe à une intervention militaire et, plus encore, la participation jugée indispensable des avions de certains de ses pays - ceux du Qatar et des Emirats arabes unis devraient entrer en action - avait été très difficile à obtenir. Le soutien de la Ligue arabe est d'ailleurs fragile, comme le démontrent les critiques émises lundi par son président, Amr Moussa, après les premières frappes. Paris estime avoir aplani les divergences de vues avec ce dernier en lui assurant qu'il était impossible d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye sans détruire les moyens de défense anti-aérienne de l'armée régulière aux ordres de Kadhafi. Mais il a fallu un entretien téléphonique lundi entre le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, et le président de la Ligue arabe pour calmer le jeu.

Arabes et Français sur la même ligne

"Sa déclaration est très claire: il soutient les résolutions du Conseil de sécurité et n'a aucun problème avec leur mise en application", a expliqué le chef de la diplomatie française lors d'un débat à l'Assemblée nationale. Arabes et Français sont d'ailleurs sur la même ligne. "Le drapeau de l'Otan pour une opération dans un pays arabe, c'est provoquant" a expliqué un diplomate français de haut rang cité par l'agence Reuters.

En outre, accorder à l'Alliance atlantique le commandement de cette opération serait s'exposer à la paralysie ou, au moins à des débats sans fin sur les cibles à attaquer, comme cela s'est passé lors de la guerre du Kosovo en 1999. Plusieurs pays membres de l'Otan, comme la Turquie et l'Allemagne, ont en effet fait connaître leurs réticences envers une action militaire en Libye et les débats au sein de l'Alliance sur une éventuelle implication dans la zone d'exclusion aérienne était toujours dans l'impasse mardi.

Pour Alain Juppé, les choses sont claires. "Cette opération est d'abord une opération voulue par les Nations unies", a-t-il martelé devant l'Assemblée nationale avant d'ajouter : "Elle est conduite par une coalition d'Etats membres dont tous ne sont pas membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, ce n'est donc pas une opération de l'Otan, même si elle doit pouvoir s'appuyer sur les moyens militaires de planification et d'intervention de l'Alliance."

Paris et Londres sur la même ligne

Le chef de la diplomatie française a précisé que la conduite des opérations serait menée par la coalition, qui se réunira une première fois dans les prochains jours à Londres, Paris ou Bruxelles avant de répéter "régulièrement" ces rencontres. "Sur l'initiative du président de la République, j'ai proposé à nos collègues britanniques, qui en sont d'accord, de mettre sur pied une instance de pilotage politique de l'opération qui réunira les ministres des Affaires étrangères des Etats intervenants ainsi que ceux de la Ligue arabe", a-t-il dit. "Bien entendu, le monde arabe y aura toute sa place". "A partir de ce pilotage politique (...) nous utiliserons bien sûr les capacités de planification et d'intervention de l'Otan" a précisé Alain Juppé.

Selon un diplomate d'un autre pays de la coalition favorable à un rôle pour l'Alliance, il s'agit d'un compromis acceptable par tous et permettant à la France de soutenir que l'Otan n'est pas aux commandes, mais le résultat est similaire. "Il y aura un conseil de participants qui se réunissent pour définir la stratégie politique mais l'Otan gèrerait concrètement l'opération", a estimé ce diplomate interrogé par l'agence Reuters.

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Commentaires
a écrit le 23/03/2011 à 18:47 :
et pendant ce temps on laisse la cote d'ivoire s'entredechirer, chercher l'erreur????
a écrit le 23/03/2011 à 10:22 :
tout ca juste pour montrer que la france est forte, et que c'est elle qui commande... arretez avec vos egos surdimensionnés, pensez a liberer les peuples, c'est tout;
a écrit le 23/03/2011 à 1:27 :
Comme d'habitude c'est les americains qui font le travail pendant que la France essaie de faire un grand .....
a écrit le 23/03/2011 à 1:21 :
Comme ça devient compliqué??? la France qui a réintégré l'OTAN refuse d'agir sous son commandement et attend un soutien de la Ligue Arabe après avoir essuyé les réserves de l'Unité Africaine.
a écrit le 22/03/2011 à 21:48 :
Où est le grand service diplomatique européen que M. Sarkozy nous avait tant vanté, justifiant ainsi entre autres de bafouer le NON du Peuple Français au Traité constitutionnel refusé en 2005 (à 55 % tout de même !) et puis rebaptisé en Traité de Lisbonne (du pur copier-coller) ? Les pragmatiques européens savent bien que seules les coopérations renforcées (méthode inter-gouvernementale) fonctionnent correctement en Europe politique (cf. GIE Airbus aussi...). Que nos politiciens professionnels cessent de prendre les Français pour des amateurs ! Vox populi, vox Dei !
a écrit le 22/03/2011 à 21:41 :
Alors pourquoi avoir rejoint l'OTAN, M. Sarkozy, si c'est finalement pour reconnaître que de Gaulle avait eu raison a posteriori de quitter l'alliance atlantique en 1966 ? Quel gâchis !
a écrit le 22/03/2011 à 18:22 :
14-18 est très loin. Et c'est vrai qu'il faut montrer l'exemple à Marine, lui donner un cours.
De l'art de bien faire la guerre par Alain JUPPE, ministre. Un bon titre pour un bouquin!

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