Sarkozy voudra s'afficher comme le candidat de la rigueur

Le candidat Sarkozy devrait reprendre les idées du président Sarkozy : diminution des dépenses, allégement du coût du travail, dérégulation du droit du travail. Retour à une ligne libérale.

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Pour Nicolas Sarkozy, la rigueur est nécessaire pour parvenir à l'horizon 2016 à l'équilibre des comptes publics afin de respecter les engagements européens. Copyright Reuters
Pour Nicolas Sarkozy, la rigueur est nécessaire pour parvenir à l'horizon 2016 à l'équilibre des comptes publics afin de respecter les engagements européens. Copyright Reuters (Crédits : Reuters)

Quelles priorités économiques pour un éventuel second quinquennat ? Le candidat Sarkozy dévoilera prochainement ses idées... qui ne devraient pas être très éloignées de celle du président Sarkozy. Des mesures qui se résumeront en un seul mot : la rigueur. Une rigueur nécessaire pour parvenir à l'horizon 2016 à l'équilibre des comptes publics afin de respecter les engagements européens. Pour y parvenir, Nicolas Sarkozy pourra s'appuyer sur le projet économique à « coût zéro » dévoilé mi décembre par l'UMP. Un programme évalué à 30 milliards d'euros sur cinq ans, soit 6 milliards annuels. Avec des dépenses axées sur deux priorités que, peut-être, le président fera siennes : l'éducation, d'une part, avec notamment la rénovation du statut d'enseignant et le développement de l'apprentissage qui serait accessible dès 14 ans. Objectif : un million d'apprentis à terme.

Six milliards d'économies à trouver chaque année

La sécurité et la justice - sujet porteur en période électorale - constitue l'autre priorité avec, notamment, la construction de nouvelles places de prison. Mais, comme Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture et responsable du projet, l'avait dit : « pas question que ces priorités coûtent un centime ». Le candidat Sarkozy pourrait bien là aussi reprendre la règle établie par l'UMP : toute dépense doit être compensée à l'euro près. Aussi, des économies équivalant à six milliards annuels devront être trouvées, soit 2 milliards à la charge de l'Etat, 2 milliards revenant à la protection sociale et 2 autres milliards relevant des collectivités locales. Bien entendu, s'il est réélu, le nouveau président Sarkozy reviendra certainement à la charge pour faire inscrire « la règle d'or » budgétaire dans la Constitution, un référendum n'étant pas exclu sur ce sujet pour prendre les Français à témoin et contourner l'opposition actuelle de la gauche.

Mettre fin à la référence légale des 35 heures

La compétitivité sera un autre cheval de bataille. Nicolas Sarkozy devrait donc aller plus loin dans l'allégement du coût du travail. Déjà, s'il est réélu, le basculement de 13 milliards de cotisations « politique familiale », supportées par les entreprises, vers la TVA deviendra effectif dès le 1er octobre, soit une augmentation de 1,6 point de TVA (à 21,2%). Mais le mouvement ne devrait pas s'arrêter là. Les cotisations « maladie » pourraient être aussi concernées, via un basculement sur la CSG, cette fois, comme le propose le Medef dans son programme "Besoin d'aire". On sait aussi le président sensible à la question de la durée du travail. Son souhait étant de mettre fin à une référence légale (actuellement 35 heures) pour laisser les branches, voire les entreprises, négocier avec les syndicat leur durée conventionnelle du travail, comme cela se pratique en Allemagne ou au Royaume Uni. Une façon, aussi, de mettre fin en douceur au mécanisme de défiscalisation des heures supplémentaires (d'un coût de 4,5 milliards d'euros par an)...

Toujours sur le terrain social, Nicolas Sarkozy souhaite parvenir à des « accords de compétitivité » aménageant la durée du travail et/ou les salaires pour protéger l'emploi dans des restructurations d'entreprise... Sans oublier la volonté de revoir les règles d'indemnisation de l'assurance-chômage en y associant à une refonte de la formation professionnelle. Enfin, le nouveau candidat prépare quelques surprises sur lesquelles travaillent son équipe de campagne.
 

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Commentaire 1
à écrit le 16/02/2012 à 21:41
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Rigueur avec les salariés Français, intraitable même. Rigueur avec la morale même, la présence du ministre de la Culture le prouve. Rigueur budgétaire + 500 milliards et + 213% d'augmentation de salaire.

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