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ÉconomieFrance

1er mai : Sarkozy blâme la CGT, Hollande écrit aux syndicats

Marina Torre

Publié le 30 avril 2012 à 14:48 - Mis à jour le 30 avril 2012 à 14:48

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

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A la veille d'un 1er mai très politique, Nicolas Sarkozy a fustigé la prise de position de la direction de la CGT contre sa réélection, son Premier ministre François Fillon a cherché à calmer le débat en conseillant de ne pas critiquer les syndicats. François Hollande quant à lui, s'il ne participera pas aux défilés demain, a voulu marquer sa présence par une lettre de soutien.

Nicolas Sarkozy durcit le ton

Le torchon brûle entre Nicolas Sarkozy et les syndicats. Après la polémique suscitée par l'expression "vrai travail" utilisée par le président-candidat, ce dernier est reparti à l'assaut, fustigeant les prises de position politique de la CGT.  Pour le représentant de l'UMP, le choix d'un candidat par la direction d'un syndicat est une "détestable innovation" qui fait figure de trahison. "Les dirigeants ou les permanents de la CGT, qui appellent à voter pour un candidat (...) trahissent la cause du syndicalisme", a-t-il ainsi affirmé ce lundi sur France 2. "Qui ça ne choquerait pas ? Est-ce qu'un syndicat a le rôle d'un parti politique? (...) Les syndicats sont très utiles, ils font un travail de représentation des salariés, mais savez-vous qu'on n'a jamais vu un syndicat appeler à voter pour un candidat ?", a-t-il également lancé.

En mars, la CGT s'était officiellement prononcée "contre" une réélection de Nicolas Sarkozy sans pour autant se déclarer pour un candidat en particulier. Après le premier tour, le syndicat avait renouvelé son message en appelant à "battre" le président-candidat, soutenant donc à demi-mot la candidature de son rival.

L'UMP dans la confusion?

Dans le camp de Nicolas Sarkozy, François Fillon lui-même a pris ses distances avec les critiques du chef de l'Etat vis-à-vis des syndicats. "Nous devrions éviter toutes les remarques désagréables à propos des syndicats", a ainsi conseillé le Premier ministre sur RTL. Ce dernier a ajouté : "pendant tout le quinquennat, nous avons eu un dialogue social exemplaire. Je trouve que tout cela est dommage". Le chef du gouvernement a précisé qu'il comprenait "qu'on critique la CGT quand elle décide de prendre position contre un candidat à l'élection présidentielle". Toutefois, il a tenu a revaloriser le rôle de ces organisations. "Je n'aime pas qu'on critique les syndicats parce que les syndicats sont nécessaires au fonctionnement de l'économie et du système social français", a ainsi rappelé François Fillon. Le Premier ministre défend en outre l'idée d'une manifestation le 1e mai pour ne pas "laisser le champ libre, ni à une organisation syndicale qui a décidé de combattre le président de la République, ni à (Marine) Le Pen".

La CFDT dénonce une "schizophrénie"

Du côté des syndicats eux-mêmes, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a pointé une "schizophrénie" du couple exécutif, entre Nicolas Sarkozy, qui "tape à bras raccourcis" sur les organisations, et François Fillon. Son organisation s'était refusée à donner une consigne de vote. "Ce serait une erreur", a-t-il indiqué dans une interview au journal "Libération" ce lundi. Pour lui, cela reviendrait, soit à se soumettre au vainqueur si le candidat officiellement choisi par le syndicat est élu, soit, en cas de défaite de ce dernier, à se mettre à dos le chef de l'exécutif.

François Hollande écrit aux syndicats

De son côté, François Hollande a écrit aux dirigeants des organisations syndicales. S'il a déjà annoncé qu'il ne participera pas aux défilés du 1er mai puisqu'il sera à Nevers pour commémorer la mort de Pierre Bérégovoy, le candidat socialiste à voulu assurer les syndicats de son soutien. "En cette veille de 1er mai, Fête du Travail, j'ai souhaité vous faire part de l'attachement qui est le mien aux valeurs et aux principes de cette journée", écrit-il dans le texte (voir ci-dessous)."La France du travail est une. Elle connaît les mêmes craintes, elle partage les mêmes espoirs", ajoute-t-il. François Hollande y affirme en outre vouloir "créer très tôt les conditions d'un retour à la confiance, notamment en renégociant le mécanisme européen de stabilité pour y introduire un volet de croissance et d'emploi. Rien ne serait pire que de nous lier à une logique d'austérité".

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Monsieur le Secrétaire général,

En cette veille de 1er Mai, Fête du Travail, j'ai souhaité vous faire part de l'attachement qui est le mien aux valeurs et aux principes de cette journée, qui est célébrée par les forces syndicales depuis 1890 et qui porte le souvenir des manifestants tombés à Fourmies un an plus tard.

La France du travail est une. Elle connait les mêmes craintes, elle partage les mêmes espoirs.

La France doit renouer avec le travail par lequel hommes et femmes accèdent à la dignité.

Je suis convaincu que seule la reconquête du travail est à même de diffuser dans notre société cette fierté, cette confiance indispensables au vivre ensemble.

Je veux que nous relevions le grand défi de la croissance et de la production. La France détruit 80 000 emplois par an depuis 10 ans. Une usine ferme chaque jour en moyenne.

Ce bilan, c'est celui d'une France faible, et je ne l'accepte pas. La France doit reconquérir la confiance en elle-même et en son avenir. La formation, la recherche, l'innovation, le développement seront nos priorités absolues pour soutenir la compétitivité, créer de nouvelles richesses et en redistribuer les fruits à nos compatriotes.

Pour cela, j'entends créer très tôt les conditions d'un retour à la confiance, notamment en renégociant le mécanisme européen de stabilité pour y introduire un volet de croissance et d'emploi. Rien ne serait pire que de nous lier à une logique d'austérité.

Car le retour de la croissance doit nous permettre d'aborder les enjeux du quotidien des Français. Celui de la souffrance au travail, de la pénibilité, de la formation. Celui des licenciements économiques également.

Vous le savez, j'ai fait du dialogue social une priorité majeure de mon projet présidentiel et un pilier de la méthode de gouvernement qui sera la mienne, si les Français m'en donnent le mandat. C'est la raison pour laquelle il sera érigé en principe constitutionnel.

C'est aussi pourquoi j'ai d'emblée annoncé que la mise en place d'une grande conférence sociale serait l'une des mes premières et principales initiatives.

Je considère en effet que le principe de confiance doit prévaloir non seulement dans les rapports sociaux, mais, a fortiori, entre la puissance publique et les acteurs de la vie socioprofessionnelle.

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Nous devons passer de la convocation à la consultation, du monologue à la concertation, de l'écoute distante à la négociation : telle sera mon approche, d'autant plus impérieuse que les défis à relever son nombreux, dans un contexte économique difficile, qui suscite autant de craintes que d'attentes légitimes chez nos compatriotes.

Je veux vous assurer que, dans le respect du rôle et de la stricte indépendance de vos organisations, j'entends être un Chef de l'Etat qui s'attachera à faire vivre notre démocratie sociale.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire général, l'expression de mes cordiales salutations.

François Hollande

Marina Torre

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