Libre-échange UE-US : l'industrie française se présente en ordre dispersé

Si la chimie, le textile et quelques secteurs agroalimentaires voient comme une chance l'accord de libre échange, qui doit commencer à être négocié entre l'Europe et les Etats-Unis en début de semaine prochaine, l'agriculture redoute une libéralisation excessive des échanges. Dans l'automobile, l'effet attendu est nul.
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Espoir ou angoisse ? Le sentiment des principaux secteurs de l'économie française à l'évocation d'un accord de libre-échange avec les États-Unis est mitigé. La négociation devra être abordée « sans naïveté de la part de la France et de l'Europe pour que les relations entre ces deux blocs soient justes et équilibrées », estime Pascal Faure, à la tête de la Direction de la compétitivité, de l'industrie et des services.

Certains secteurs en attendent beaucoup. C'est le cas de la chimie, malgré un déficit bilatéral de 1,5 milliard d'euros avec les États-Unis en 2012. « Si les négociations aboutissent à la convergence réglementaire, 3 000 emplois pourraient être créés à moyen terme. Si les droits de douane disparaissaient, l'économie globale serait de 1,5 milliard pour la chimie américaine et européenne », estime Pascal Perrochon, le responsable des affaires internationales de l'Union des industries chimiques (UIC).

Dans le textile, secteur qui a affiché un excédent commercial de 400 millions d'euros avec les États-Unis en 2012, on guette aussi les opportunités. « La fin des droits de douane, qui oscillent entre 13 et 32% , devrait accélérer nos exportations. Idéalement, il faudrait que ces accords nous ouvrent les portes des marchés publics », espère Emmanuelle Butaud-Stubbs, la déléguée générale de l'Union des industries textiles (UIT).

Dans l'agroalimentaire, le sentiment est plus partagé. « Si la charcuterie, les spiritueux, l'épicerie et la boulangerie ont clairement des intérêts offensifs, l'amidonnerie, le maïs doux, l'éthanol sont menacés car ils dépendent beaucoup du prix de l'énergie, actuellement trois fois moins élevé aux États-Unis qu'en France, et de celui des matières premières. Les entreprises françaises souffrent en outre de leur faible taille par rapport à leurs concurrentes américaines », souligne Diane Doré, la directrice des affaires extérieures de l'Association nationale des industries alimentaires (ANIA).

Une concurrence mal venue pour les PME

L'agriculture, quant à elle, est méfiante. La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) redoute une invasion des produits américains à culture intensive. « La production agricole américaine veut s'ouvrir largement les marchés européens, déjà premiers importateurs au monde. Et ceci au prix de notre traçabilité sanitaire, de nos appellations d'origine, du bien-être animal, de l'interdiction d'utilisation des hormones... », déplore la FNSEA dans un communiqué.

Dans l'automobile on n'est pas vraiment inquiets. « Les véhicules construits aux États-Unis sont pensés pour le marché américain. Ils intéressent assez peu les conducteurs européens. Les véhicules américains destinés au marché européen sont le plus souvent construits en Asie », explique François Roudier au Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Quasiment absents des États-Unis, les constructeurs français attendent donc finalement assez peu de ces accords, à la différence des Allemands, dont les marques sont plus présentes outre-Atlantique.

« Globalement, pour les entreprises déjà internationalisées, cet accord ne changera pas grand-chose », estime Jean-Claude Karpelès, en charge du développement international à la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. En revanche, pour les PME qui subissent de plein fouet la concurrence internationale et qui n'ont pas les moyens de s'implanter aux États-Unis, un peu plus de concurrence pourrait les obliger à rogner davantage sur leurs marges...

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