Le gouvernement a-t-il vendu la peau de l'ours ? Après avoir martelé cet été que la France était sortie de la crise, que la reprise était devenue enfin une réalité, l'exécutif devrait afficher davantage de prudence au cours des prochains. Après être brièvement passé dans le vert, la plupart des indicateurs son repassés dans le rouge. La dégradation de la note souveraine de la France par Standard & Poor's symbolise toutes les incertitudes pesant sur l'économie tricolore.
En septembre, la production manufacturière a reculé de 0,7%. Au troisième trimestre, elle affiche un recul de 1,1%. La consommation des ménages n'est guère plus vaillante, celle-ci ayant cédé 0,1% en septembre mais aussi au troisième trimestre.
Quant au commerce extérieur, malheureusement, il reste encore et toujours dans le rouge. Les Douanes ont indiqué ce vendredi que le déficit commercial avait atteint 5,8 milliards en septembre. Il dépasse les 16 milliards au troisième trimestre. Certes, le gouvernement n'espère pas parvenir à équilibrer le solde des échanges manufacturés avant 2017. L'horizon est donc lointain. Toutefois, il serait bon, pour que cet objectif soit atteint, que la tendance au creusement de la balance commerciale s'inverse.
Au regard de ces éléments, les statistiques portant sur la croissance au troisième trimestre, que l'Insee communiquera jeudi prochain, seront donc très attendues Probablement avec un peu d'angoisse à Bercy. L'Insee anticipe une stabilité du PIB.
Alors que le gouvernement vise une croissance de 0,9% -1% l'année prochaine, le millésime 2014 ne s'annonce pas vraiment flamboyant. Selon l'enquête de conjoncture dans l'industrie réalisée après des chefs d'entreprises, l'investissement devrait chuter de 7% cette année. "En 2013, la baisse des dépenses d'équipement reste soutenue dans le secteur du matériel de transport (-20 %) avec une forte diminution dans le secteur automobile (-27 %)", précise l'Insee.
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Et l'année prochaine ? L'investissement est anticipé en baisse de 2% l'année prochaine. Selon les prévisions de l'Institut, la moitié des investissements soutiendrait le renouvellement et la modernisation des équipements (53 %) légèrement au-dessus de la moyenne sur vingt ans (de 2 points). La part des investissements destinés à l'extension des capacités de production ou à l'introduction de nouveaux produits (27 % en 2014) resterait légèrement plus faible que sa moyenne sur vingt ans (-3 points).
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La morosité de la demande intérieure et extérieure n'explique pas à elle seule ce recul de l'investissement. "La perte passée de compétitivité se traduit par un recul des montants des résultats qui pourrait durablement brider le potentiel relatif d'investissement de l'industrie", avancait la récente enquête de l'institut COE-Rexecode sur la compétitivité française. A moins que les effets du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) sur l'investissement ne soient bientôt perceptibles.
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