Le taux d'emprunt de la France peu sensible à la dégradation par S&P

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La décision de Sandard & Poor's d'abaisser la note de la France de AA+ à AA n'aura finalement eu que peu d'impact sur le taux d'emprunt français. Certes, celui-ci avait progressé à la clôture, passant de 2,158% pour le 10 ans à 2,224% à 18 heures françaises.
L'impact est faible parce que selon les analystes, les marchés exigeaient déjà une prime correspondant à une note AA pour la dette française. "Je ne pense pas que le marché puisse vraiment être surpris" par cette décision, confirme Hervé Goulletquer, responsable monde de la recherche marchés chez Crédit Agricole CIB, cité par l'AFP. "Cette décision confirme ce que beaucoup d'analystes, en dehors du gouvernement français, pensent", ajoute pour sa part Julien Manceaux, économiste chez le bancassureur ING. Bref, les investisseurs n'ont pas besoin de Standard & Poor's pour apprécier la qualité du papier français.
Le mouvement à la hausse du taux sur le dix ans français s'est en fait inscrit dans un mouvement global, après un fort recul la veille qui avait fait suite à la décision surprise par la Banque centrale européenne de baisser son principal taux directeur à 0,25%.
Le taux de l'Allemagne a ainsi progressé à 1,757% (contre 1,684%). Parmi les pays les plus fragiles, le taux de l'Espagne s'est tendu à 4,110% (contre 4,095%), tout comme celui de l'Italie à 4,140% (contre 4,095%). Hors zone euro, le taux britannique à 10 ans a progressé à 2,767% contre 2,668% jeudi. Le taux à 10 ans américain s'est lui aussi tendu à 2,742% contre 2,600% jeudi, tout comme celui à 30 ans à 3,829% contre 3,708%.
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Les investisseurs ont notamment été un peu refroidis par les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis. Ces derniers ont été meilleurs que prévu et ont été analysés par les marchés comme un élément allant dans le sens d'un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) peut-être à partir de décembre. Ce qui semble toutefois peu probable au vu des fragiles fondamentaux américains (inflation qui ralentit, emploi qui n'est pas à la hauteur des attentes).
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