L'OCDE pointe le manque de compétitivité de la France

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Le coût des services, le coût de la construction pénalisent les entreprises parce qu'ils renchérissent le coût des intrants pour l'industrie, a affirmé le secrétaire général de l'OCDE, José Angel Gurria.
"Le coût des services, le coût de la construction pénalisent les entreprises parce qu'ils renchérissent le coût des intrants pour l'industrie", a affirmé le secrétaire général de l'OCDE, José Angel Gurria. (Crédits : Reuters)
Le recul des parts de marchés de la France à l'exportation serait "le symptôme de faiblesses économiques sous-jacentes", d'après un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques. Cette dernière appelle l'Hexagone à mettre en place davantage de concurrence, notamment dans le secteur de l'énergie, des transports et du commerce de détail.

Pour gagner en compétitivité, la France doit renforcer la concurrence. C'est ce qu'estime l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport rendu public ce jeudi.

"Le symptôme de faiblesses économiques sous-jacentes"

Partant du constat de la perte de compétitivité de la France par rapport notamment à ses partenaires européens qui se traduit par un recul des parts de marché hexagonales à l'exportation, l'OCDE estime qu'elle est "le symptôme de faiblesses économiques sous-jacentes".

Ce recul "ne renvoie pas seulement à la question de la capacité d'exportation de la France mais d'une manière plus générale à sa capacité productive et à son potentiel de croissance", affirme le club des pays riches dans ce rapport.

"Une réduction des contraintes sur les entreprises"

Or, a commenté le secrétaire général de l'OCDE, José Angel Gurria, devant la presse, "pour accroître la productivité (...) un des champs d'action est de renforcer la concurrence" via "une réduction des contraintes pesant sur les entreprises", tant en termes de réglementation que de charges fiscalo-sociales, qui sont autant d'"obstacles" à la concurrence.

Or celle-ci est une "question majeure en France car la concurrence accroît la productivité, l'innovation et est un gisement potentiel d'emplois", ajoute Hervé Boulhol, économiste à l'OCDE. "Le remède pour sortir par le haut, c'est de renforcer la concurrence dans les services", ajoute-t-il. En effet, selon lui, le problème "ne se limite pas à l'industrie, c'est même plutôt dans les services qu'il y a un problème sérieux".

Plus de concurrence dans les transports, l'énergie et le commerce de détail

"Le coût des services, le coût de la construction pénalisent les entreprises parce qu'ils renchérissent le coût des intrants pour l'industrie", détaille-t-il, rappelant qu'ensuite cela se traduit par "une compression des marges, une baisse du profit qui pèse sur la capacité à investir et à innover (....) L'enchaînement se fait plutôt dans ce sens là", résume l'économiste. Le rapport cite trois secteurs où davantage de concurrence serait bénéfique selon l'OCDE: transports, énergie et commerce de détail.

L'organisation de pays riches regrette par exemple que, malgré la séparation des activités, la SNCF soit toujours propriétaire des gares, qu'EDF et GDF Suez soient encore propriétaires des réseaux d'énergie ou que les cinq plus grandes centrales d'achats représentent quasiment 90% du marché des biens de consommation et des produits frais. L'OCDE revient également sur la question sensible des professions réglementées (notaires, pharmacies, optique ou encore pièces détachées pour l'automobile).

Des "barrières comportementales érigées par certaines corporations"

Qu'il s'agisse de "réglementations" ou de "barrières comportementales érigées par certaines corporations", elles limitent l'accès de nouveaux entrants donc "bloquent l'emploi, notamment l'emploi des jeunes", analyse Hervé Boulhol. L'OCDE recommande également de "renforcer la recherche", "rendre le secteur public plus efficace", "réformer la fiscalité" et "le marché du travail" et surtout d'"améliorer les performances (du) secteur éducatif".

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Commentaires
a écrit le 24/12/2013 à 17:47 :
Bien d'accord... Pour l'OCDE, il faut rétablir l'esclavage et la colonisation, et tout le monde sera content... Incompréhensible : le coût du travail pour l'entreprise est sensiblement le même en France et en Allemagne, la productivité est supérieure en France, le coût de l'électricité est plus favorable en France et le potentiel d'innovation y est aussi plus élevé...Ajoutons que le nombre d'heures travaillées y est aussi supérieur en France... Alors c'est quoi leur compétitivité ? Pas d'investissements dit Gattaz, parce que pas de demande ? Mais la demande, il faut faire comme moi, il faut aller la chercher !!!!
a écrit le 14/11/2013 à 16:38 :
Un grand classique: vous vosu porterez mieux quand vous baisserez les salaires, dé régulerez, aurez vous aussi des travailleurs pauvres à 3€ de l'heure comme en Allemagne, etc. On connaît la musique:
Travailleurs, compressez les salaires et le capital viendra vous exploitez!
a écrit le 14/11/2013 à 13:38 :
ocde ou organisme pompe a fric , certain de ces guignoles disent le smic est trop élever , et eux sont payés a rien foutre que dire des conneries
a écrit le 14/11/2013 à 12:35 :
ca c'est le scoop de l'annee ' ups, pardon le ' scop', ca fait plus social)
a écrit le 14/11/2013 à 12:00 :
Quand on lit ce que préconise l'OCDE et au vu des réactions des Français vis à vis de la moindre réforme bousculant leur petit train-train quotidien, il y a de quoi mettre à feu et à sang la société française. Tous ceux assis sur un pactole, monopole privé ou publique ne veulent rien lâcher de ce qu"'il estime être un droit. Regardez recemment ce qui c'est passé avec les taxis parisien: Pas touche. et depuis des décennies tous les gouvernements ont du reculer devant leur corporatisme. La société française est totalement bloquée, plus tournée vers le passé que décidée à affronter l'avenir. Sur une trentaine de million de personnes en age de travailler, après tout 90% ont du travail et 10% sont au chômage Pourquoi devrait-on changer?Jjusqu'à maintenant tout n'allait pas si mal. On sort de 10 années d'un engourdissement qui pourrait nous être fatal. Les Français, particuliers et entreprises ont été droguées à la baisse d'impôts, les entreprises ont ronronné persuadées qu'elles étaient forcement les meilleurs dans leur domaine. Et la crise est arrivée trouvant tout le monde démuni devant le choc. Aujourd'hui, la société française est au pied du mur! Et malheureusement, elle refuse tout changement. On le voit tous les jours. La moindre réforme, même la plus bénigne est irrémédiablement rejetée. Dans 5 ans, dans 10 ans il sera trop tard pour pleurer sur notre sort.
a écrit le 14/11/2013 à 10:38 :
un très bon article , qui va fera grincer certaines dents des monopoles surtout dans le commerce de détail et les centrales d'achats qui font le là , donc le consommateur n'a pas de réel choix , quand a la concurrence quand on voit les ententes sur les prix pas de quoi se réjouir , sur l'énergie les hausses sont perpétuelles cela devient fatiguant , dans les transports dit publics mais géré par des compagnies privées cela devient couteux , mais rassurons nous les syndicats et les corporatismes en général feront tout pour que rien ne change .. encore des voeux pieux et les monopoles vont persister .. il suffit de voyager un peu pour voir comment est le secteur de la distribution ailleurs , chez nous tout est concentré autour d'enseignes qui ont un quasi monopole excluant des marques selon les considérations des donneurs d'ordres .. ce qui se produit pas ailleurs .. comprenne qui pourra ..
a écrit le 14/11/2013 à 10:30 :
C'est vrai que l'on a constater que le "travail au noir" était plus compétitif que le "travail légal" mais que l'on avait moins de garanti sur la qualité du travail sauf si celui-ci voulait se faire une clientèle de bouche à oreille! Mais on a constaté aussi que le travailleur au "black" payait de la TVA sur sa consommation! Pour moi la conclusion est claire, remplacez les cotisations par une TVA sociale!
a écrit le 14/11/2013 à 9:56 :
C'est vrai que l'on a constater que le "travail au noir" était plus compétitif que le "travail légal" mais que l'on avait moins de garanti sur la qualité du travail sauf si celui-ci voulait se faire une clientèle de bouche à oreille! Mais on a constaté aussi que le travailleur au "black" payait de la TVA sur sa consommation! Pour moi la conclusion est claire, remplacez les cotisations par une TVA sociale!
a écrit le 14/11/2013 à 9:36 :
Compétitivité = performance relative a ses comcurrents

Pour la France: concurrents = les autres économies

semaine à 35 heures + retraite à 60 ans + effectifs de la fonction publique trop importants + trop d'élus = manque de competivité

restauration de la compétivité = semaine à 40 heures + retraite à 65 ans + réduction de 10% des effectifs de la fonction publique + virer les département tout en gardant les regions...
Réponse de le 14/11/2013 à 16:41 :
Et après, quand nous travaillerons tous 50 heures par semaine sans aucune retraite comme les chinois? Faudra t il s'aligner sur les éthiopiens sachant qu'aujourd'hui les entreprises délocalisent vers ce pays les usines de textile délocalisées il y a 20 an Chine?
a écrit le 14/11/2013 à 9:19 :
Le manque de compétitivité vient de la dépense de l'état, public, territoriale, chu, edf, sncf, etc qui ruinent les entreprises et salariés du secteur marchand. Il faut que l'état français revienne à des fonctions régaliennes en licenciant sa cohorte de fonctionnaires et administrations sans utilités ou en doublons... en plus, des monopoles...
Réponse de le 14/11/2013 à 10:27 :
Dans la vulgate de la gauche francaise le secteur publique c'est une caste supérieure à laquelle il ne faut pas toucher sous prétexte d'attenter aux valeurs de la république (exception francase). Donc c'est la politique du zero reforme dont la grande prêtresse est Marilyse Lebranchue qui est la pour que surtout rien ne bouge.
Réponse de le 14/11/2013 à 11:47 :
Alors, dites, quels fonctionnaires voulez vous supprimer?

- Voulez vous plus d'enfants par classe et moins de surveillants dans les écoles?
- Voulez vous moins de policiers, moins de juges, moins de surveillants pénitentiaires?
- Voulez vous moins de médecins et moins d'infirmières dans les hôpitaux?
- Voulez vous moins de personnes pour entretenir les infrastructures comme les routes?
- Voulez vous moins de chercheurs?
- Voulez vous moins de militaires et moins de moyens pour nos Armées?
- Voulez vous moins de protection de l'enfance?

Il est tellement facile de rester dans des généralités, et quand on rentre dans le concret, personne n'est d'accord pour voir supprimer les services auxquels il estime avoir droit.
Réponse de le 14/11/2013 à 12:13 :
@ Ouargh Remettez tout ce petit monde à 39h, 4 semaines de congés, pas de "tolérance maladie" et vous verrez que vous aurez TROP de surveillants dans les écoles, de médecins et d'infirmières , etc....
Réponse de le 14/11/2013 à 13:13 :
Commentaire démagogique, quand on sait que les infirmières ont accumulé plus de 3 millions de journées de RTT non prises, ou que les enseignants font entre 39 et 41h de travail hebdomadaire et travaillent plus en moyenne que leurs collègues allemands.
Réponse de le 19/11/2013 à 22:08 :
Oui
Non
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui.
a écrit le 14/11/2013 à 9:08 :
Si les grands groupes nationaux arrêtaient de vampiriser notre industrie et tous les budgets nationaux, la compétitivité de nos entreprises serait enviée de tous les pays honnêtes. Quant à l'idée d'introduire de la concurrence, tout le monde sait qu'elle fait la place belle au low cost, qui par définition fait les choux gras des pays qui crachent sur le droit humain
a écrit le 14/11/2013 à 8:32 :
C'est justement ces politiques de mises en concurrence qui entrainent des crises et la paupérisation des sociétés. Il faut justement faire le contraire de ce qui est proposé par l'ocde, un organisme qui fonctionne uniquement pour les grosses fortunes et les fonds de pension.
Réponse de le 14/11/2013 à 8:50 :
@equite : comment expliquez vous que le chomage baisse partout sauf en France ?
Réponse de le 14/11/2013 à 10:23 :
autant certaines remarques vont dans le bon sens (efficacité du système éducatif... formation des adultes etc... monopole de fait de la distribution alimentaire....)... autant la concurrence pour la concurrence..... voir EDF GDF.... ne font pas toujours baisser les prix, loin de la.....

et si la concurrence c'est faire travailler les pays à salaire low cost... on peut s'interroger..... sur le devenir de ce modèle.....

quant aux chiffre du chômage..... les allemands n'ont plus de "jeunes"...... donc il ne devrait même pas y avoir de chômage.... mais ils emploient quand même des travailleurs des pays de l'est et "sous traitent" massivement à l'est......;

c'est plus du coté formation innovation et charges sur le travail qu'il faut que l'on grandisse...... autre point capital... savoir travailler ensemble.... "grands groupes et PME"... PSA commence à initier ça dans l'est de la france.......
Réponse de le 14/11/2013 à 13:29 :
Entièrement d'accord avec equite et curieux37 : même si la France a un gros travail à faire dans ce domaine, la concurrence pour la concurrence (de même l'innovation pour l'innovation) est une ânerie qui ne résoudra aucun problème !
Un ajout : le principal argument de la concurrence, c'est de faire baisser les prix. Si on poursuit le raisonnement, on arrive forcément au low-cost, avec tous les problèmes que çà pose. Et si on continue encore, on passe à un modèle où les salaires baissent et les emplois disparaissent. Et à la fin, c'est la déflation et une crise longue (voir le Japon) ! [Ce n'est pas qu'une vue de l'esprit, c'est la nouvelle crainte qui est en train d'émerger dans les milieux économiques pour l'Europe et les USA]. La crise n'est peut-être donc pas que conjoncturelle et/ou circonstancielle, mais inhérente au modèle même que l'on essaie de nous imposer ...

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