Quelles sont les entreprises qui créent des emplois ?

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L'étude de l'OCDE porte sur dix-huit pays
L'étude de l'OCDE porte sur dix-huit pays (Crédits : Reuters)
Une étude de l’OCDE indique que la majorité des emplois détruits l’ont été à cause de la réduction des effectifs des entreprises âgées de plus de cinq ans. En revanche, les créations nettes d’emplois ont été le fait des plus jeunes.

Voici une étude que pourrait potasser le gouvernement pendant la trêve des confiseurs, et en particulier Michel Sapin, le ministre du Travail. Publié par l'OCDE tous les deux ans, le Tableau de bord de l'OCDE 2013 Science, technologie et industrie : l'innovation pour la croissance indique que la majorité des emplois détruits entre 2001 et 2011 en France ont été supprimés par des entreprises âgées de plus de cinq ans. En revanche, les créations nettes d'emplois ont été le fait des jeunes et de très jeunes entreprises fondées après 2008.

La France n'est pas un cas isolé

La France n'est absolument pas un cas à part. En effet, les conclusions de cette étude valent pour les dix-huit pays étudiés, à savoir l'Autriche, la Belgique, le Brésil, le Canada, l'Espagne, les Etats-Unis, la Finlande, la Hongrie, l'Italie, le Japon, le Luxembourg, la Nouvelle Zélande, la Norvège, les Pays Bas, le Portugal, le Royaume Uni et la Suède.

Aujourd'hui, dans toute l'OCDE, les jeunes entreprises de moins de 50 salariés représentent 11% de l'emploi mais elles comptent pour 33% des emplois créés sur la décennie et 17% des emplois supprimés.

Le secteur d'appartenance importe assez peu. Selon l'OCDE, les grandes entreprises anciennes de l'industrie et les petites entreprises anciennes des services ont énormément détruit d'emplois. En revanche les créations d'emplois les plus importantes viennent des petites entreprises nouvellement créées dans le secteur des services. 

Un phénomène déjà observé

Les observations de l'OCDE confirment les résultats des travaux de économiste américain Tim Kane réalisés pour la Fondation Kauffman qui finance notamment des programmes de recherche sur l'entrepreneuriat. Dans une étude publiée en septembre 2010 intitulée « The importance of startups in job creation and job destruction », il avait mis en évidence ce phénomène aux Etats-Unis au cours des récentes décennies. Ainsi, entre 1977 et 2005, les start-ups américaines ont en effet créé un peu plus de 3 millions d'emplois alors que les firmes anciennes en ont détruit cinq millions. Tim Kane avait également démontré que les start-ups créaient la quasi-totalité de ces emplois la première année de leur existence et que très rapidement, souvent dans la deuxième année, créations et destructions s'équilibraient dans les starts-ups.

Un défi : financer le développement à risques des très jeunes entreprises

Si ce phénomène devait se vérifier dans les faits, on pourrait donc en déduire que les emplois créés en 2014 le seront par des entreprises qui n'existaient pas l'année dernière. Et qu'il y a donc urgence à soutenir les jeunes entreprises si le gouvernement, et ceux des autres pays étudiés, veut durablement réduire le nombre de demandeurs d'emplois. La partie n'est pas gagnée. " Même avant la récente crise financière, les banques se montraient réticentes à prêter aux petites entreprises innovantes, jugées risquées et dépourvues de garanties. La crise financière a creusé l'écart qui existait au stade initial et à la première phase de développement, dans la mesure où les banques qui prêtaient aux jeunes pousses se sont effondrées et que les sociétés de capital-risque se sont concentrées sur la phase moins risquée de la consolidation ", explique l'OCDE.

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Commentaires
a écrit le 27/12/2013 à 6:35 :
moi je sais : le service public, les mairies , pole emploi, les fonctionnaires et le piston, les relations, le bouche à oreille, la promotion canapé...vive la france.
a écrit le 26/12/2013 à 4:37 :
En dehors de Pole Emploi, je ne vois pas ...
a écrit le 25/12/2013 à 11:11 :
cela confirme que la masse de travailest un gateau a TAILLE FIXE.les nouveaux entrants ne font que pousser a la faillite ceux déja sur le marché a cause d'une concurrence de plus en plus forte pour une demande étale.les 35 h étaient donc une bonne loi,qui a servi a ralentir la pression exercée sur les salaires.on comprend que la droite se batte contre!
Réponse de le 25/12/2013 à 16:41 :
Si le travail disponible est une donnée fixe alors il suffit de réduire la natalité pour freiner les arrivées sur le marché de l emploi... Si vous êtes vraiment un élu ps représentatif de la culture économique de votre parti alors je comprends pourquoi la croissance ne reprendra pas de tout le quinquennat !
Réponse de le 26/12/2013 à 7:20 :
"Si le travail disponible est une donnée fixe alors il suffit de réduire la natalité pour freiner les arrivées sur le marché de l emploi."regardez l'exemple de l'allemagne:quel taux de chomage?
Réponse de le 30/12/2013 à 11:34 :
Si le travail était à taille fixe, il aurait manqué des millions d'emplois durant l'antiquité vu que la population mondiale était très largement inférieure à aujourd'hui ... hors ce n'est pas le cas ...
a écrit le 25/12/2013 à 6:45 :
Pas de soucis donc pour l'emploi du futur ... Les banques jouent leur rôle et prêtent ! Non ?
Réponse de le 25/12/2013 à 16:42 :
Effectivement pas d inquiètude il y a la BPI... Et Ségolène ...
Réponse de le 31/12/2013 à 16:59 :
Mise à part que ce soit une femme qui travaille que repprochez vous à Mme Ségolène Royal?
Elle au moins cherche à palier à la frilosité des banque en agissant au plus près du terrain. Là où justement se créent ces petites entreprises.

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