Commerce extérieur : peut-on espérer un rebond de l’export français ?

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Les statistiques des Douanes peuvent être lues de deux façons
Les statistiques des Douanes peuvent être lues de deux façons (Crédits : Reuters)
Le déficit du commerce extérieur s’est élevé à 61 milliards d’euros en 2013 ont indiqué les Douanes vendredi. Certes, cette statistiques est décevante. Toutefois, si on les regarde dans le détail, elles laissent envisager des années meilleures.

Si l'on regarde le verre à moitié vide, on pourra toujours s'attrister de la piètre performance du commerce extérieur en 2013. L'année dernière, la balance commerciale a affiché un déficit de 61,2 milliards d'euros selon les Douanes. A première vue, il n'y pas vraiment de quoi se réjouir. Proche de 200 milliards d'euros, l'excédent commercial dégagé par l'Allemagne vient ajouter à la déception.

Si l'on regarde le verre à moitié plein, plusieurs éléments permettent d'espérer une amélioration possible de la balance commerciale. Premier point, le montant du déficit recule pour la seconde année consécutive. Il s'élevait à 67,2 milliards d'euros en 2012 et à 74 milliards d'euros en 2011, un record pour l'instant inégalé. En outre, le déficit commercial de l'industrie manufacturière se replie pour la troisième année consécutive. Il atteignait 35,3 milliards d'euros l'année dernière, contre 37,2 milliards en 2012 et 46, 5 milliards en 2011.

Autre motif de "petite" satisfaction, le nombre d'entreprises exportatrices a progressé de 1,2% entre 2012 et 2013 pour s'élever à 120.699, dont 75% ont moins de 20 salariés. Cette progression est plus marquée pour les entreprises employant plus de 250 salariés (+2,4%) et celles employant moins de 20 salariés (+ 1,9 %).

" Malgré la hausse du nombre d'entreprises exportatrices, l'appareil exportateur français reste très concentré en 2013. Ainsi 10 % des entreprises exportatrices couvrent 95 % du montant total exporté en 2013 ", constatent les services statistiques des Douanes.

Plus d'entreprises se jettent à l'eau que d'entreprises qui en sortent

Comment expliquer ce petit rebond du nombre des exportateurs ? Les Douanes ont la réponse : il trouve son origine dans une nouvelle progression du nombre d'entreprises entrantes, c'est-à-dire qui n'avaient pas exporté l'année précédente, soit 31.200 après 29 600 en 2012. En revanche, relativise les Douanes, le nombre d'entreprises sortantes, qui avait diminué de 2011 à 2012, a augmenté de 3.200 unités en 2013.

A ce rythme, il faudra néanmoins encore quelques années pour récupérer le terrain perdu dans ce domaine depuis 2000, date à partir de laquelle le nombre d'exportateurs n'a cessé de s'éroder. En 1999, les Douanes recensaient plus de 131.000 entreprises exportatrices

Les regards commencent à se tourner vers l'Asie

Nicole Bricq, la ministre du Commerce extérieur devrait également se réjouir de la réorientation très progressive des exportations tricolores vers les pays émergents, en particulier vers la Chine, qui affichent des taux de croissance du PIB bien plus dynamiques que les pays de la zone euro.

En 2013, la Chine a accueilli 13% des exportations tricolores, contre 7% en 2003. Sur la même période, la part des exportations plus ou moins made in France partant vers les 27 pays de l'Union européenne est passée de 69% à 60%.

Le savoir-faire français résiste bien à la concurrence

Alors que le débat sur le coût du travail agite le patronat, les économistes et embarrasse très largement le gouvernement, les statistiques 2013 du commerce extérieur indiquent que les secteurs les plus performants engrangent les succès à l'export.

Les exportations du secteur aéronautique ont légèrement augmenté (+1% après +18%), dépassant ainsi le niveau record de 2012. " En effet, la progression des livraisons vers Hambourg (A380 pour livraisons ultérieures) et vers l'Espagne fait plus que compenser la réduction des ventes vers l'Asie et la Russie, après le pic de 2012 ", notent les Douanes.

Les exportations agricoles ont rebondi de 8,7%, après avoir reculé de 5,4 % l'année précédente. " En dépit de la baisse des prix du blé et du maïs, elles sont tirées par les ventes de céréales à l'UE et à l'Afrique du Nord  ", précisent les Douanes qui constatent également une légère augmentation des exportations de boissons (+0,7 %, après +10,1 %), " même si les exportations de vins vers la Chine marquent le pas ", poursuivent les Douanes qui constatent également des ventes à l'étranger de certains produits de l'industrie du luxe (habillement, joaillerie et bijouterie, parfums et cosmétiques, horlogerie).

Quant aux exportations de produits pharmaceutiques, elles ont continué de progresser en 2013 (+2,5 %, après +13 %), " grâce au dynamisme des ventes de vaccins vers l'UE ". Mais, " cette évolution tient à la hausse des ventes des filiales des groupes étrangers, tandis que celles des groupes français sont en retrait ", relativisent les Douanes.

Que fait le gouvernement ?

Pour accélérer le rééquilibrage de la balance commerciale, le gouvernement peut aussi compter sur... ses efforts. Outre le plan de simplification administrative dans le domaine de l'export, il devrait devoir récolter les effets des pactes de compétitivité et de responsabilité, de la création de Bpifrance, des dispositifs qui, entre autres, ont pour principal objectif d'accélérer le développement des entreprises et la transformation de nos très nombreuses PME en ETI puissantes à l'export, trop rares actuellement. La France n'en compte en effet que 4.600 quand l'Allemagne en recense plus de 12.000.

 

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Commentaires
a écrit le 09/02/2014 à 16:39 :
Oui, mais il y a tellement de conditions, augmenter le niveau de la qualité des produits, aider les PME à exporter, etc.
a écrit le 09/02/2014 à 15:24 :
Le patronat Français est frileux à l' instar de PEUGEOT qui se contente du marché intérieur ,on voit le résultat .
a écrit le 09/02/2014 à 11:11 :
avec le mark, c'est pas facile.
a écrit le 09/02/2014 à 9:41 :
on ne voit pas comment ca peut rebondir en l'etat actuel des choses, et c'est pas en faisant la chasse aux entreprises que votre gvt va y arriver!
a écrit le 09/02/2014 à 7:33 :
il y aura un rebond du commerce vers l' extérieur quand on aura un rebond du commerce intérieur.Pour avoir un rebond du commerce intérieur, il faut augmenter la TVA sur les produits qui nous arrivent de Chine de l'Inde ou du Brésil.Concomitamment , il faut baisser nos prix à la production pour exporter NOS produits.Cela suppose réorganisation et productivité, et donc investissement massif pour produire plus, plus vite , mieux et moins cher. Il nous faut donc changer radicalement de mentalité pour sortir du marasme et mettre de côté les idéologies usées par les ans. nous sommes sur une mutation économique et de société. il nous faut l'accepter, certes en étant attentifs aux règles du travail, mais nous n'avons plus le temps de ne faire que des phrases ..
a écrit le 08/02/2014 à 17:21 :
prenons l'exemple de la sécurité sociale ,qui refuse à un producteur France ses prothèses,car trop cher.
simple,le producteur est désormais en Angleterre,et nous importons!!!!
même principe pour le médical,qui a pourtant des PME/PMI de technos avancées mais qui
sont obligées de voir au-delà des mers tant les banques sont frileuses!!!
nous ne sommes que des HURLEURS,et pour le plus grand bonheur des autres Européens qui ont un marché captif mais jusqu'à quand???
a écrit le 08/02/2014 à 13:56 :
Un tel résultat à l’export reflète bien encore une fois l’état vraiment moribond de notre industrie... Dans les médias et les milieux politiques, ce chiffre est très peu traité et commenté alors que c’est, à mon avis, le plus important après le taux de chômage. Tandis que la consommation des ménages illustre une certaine circulation intérieure d’argent sans intérêt, voire une fuite de capitaux vers la Chine. Un résultat positif à l’export, c’est de l’argent frais qui arrive et alimente l’économie du pays. Le constat lancinant est que notre tissu industriel est totalement inadapté pour exporter : nos entreprises sont trop petites, trop faibles et peu soutenues par l’Etat pour se lancer à l’étranger. Les beaux succès de quelques grands groupes, dans l’aéronautique et le luxe par ex., ne doivent pas servir à cacher notre timidité, pour ne pas dire notre absence, à l’international. Certes, il est primordial de promouvoir le « Fabriqué en France » en France, mais il faut surtout impérativement le vendre à l’étranger !!
a écrit le 08/02/2014 à 12:24 :
avec cet euro si fort pas la peine d y penser la France et les autres pays de la zone euro seront tjrs déficitaire en dehors des boches C EST LA CATA.....avant cet euro maudit il y avait moins de chomage et on vivait mieux donc restent 2 solutions soit sortir de l euro soit dévaluer cet euro sinon ce sera la révolution en France et en europe C.Q.F.D
..
a écrit le 08/02/2014 à 7:38 :
pour pouvoir exporte plus il faudrais récences les produits les plus recherche par les pays en developpement ,? DONC POUR cela ils faut envoyes des commerciaux qui parlent les langues de ces pays émergents???
a écrit le 08/02/2014 à 2:07 :
"A ce rythme, il faudra néanmoins encore quelques années pour récupérer le terrain perdu dans ce domaine depuis 2000" : En 2000, juste après l'éclatement de la bulle internet, on orientait les investissements dans les entreprises ou on avait déjà commencé à les orienter dans l'immobilier? Périssol, Besson, Robiens, etc... : On incite à la rente dans la pierre depuis des lustres, on stérilise l'investissement et on s'étonne des résultats?
Pire : Les revenus des jeunes qui pourraient leur permettre d'investir dans des projets sont aspirés par le budget logement.
Soyons positif : Certains jeunes bougent d'autant plus actuellement qu'ils ne peuvent se loger à papy-land. Ils trouvent des investisseurs ailleurs et conservent leurs contacts en France ce qui devrait ouvrir des portes pour l'export. Les boomers ne feront pas éternellement la loi aux urnes et leur bulle préférée est sur le point d'éclater : Les ressources financières qui seront libérées pour la création d'entreprise seront collossales.
a écrit le 08/02/2014 à 0:26 :
Pour qu'il y ait rebond, il faut que le ballon soit bien gonflé. Avec tout l'air brassé chaque jour il n'est pas certain qu'il en assez reste pour gonfler le ballon.
a écrit le 07/02/2014 à 20:00 :
Des milliards d'euros dépensés inutilement dans ces organismes publiques et parapubliques qui se la coulent douce, siphonnent les fonds publics pour leurs frais de fonctionnement, des généralistes incapables, impotents (CCI notamment, contact de proximité pour l'export, leur connaissance sur l'international est proche du néant, Erai en Rhône Alpes et son pavillon vide en Chine qui a couté 9 millions d'euros pour le construire !) qui soi disant "aident" les entreprises à exporter alors qu'ils n'aident que leurs carrières et leurs intérêts personnels. Faut que la Ministre Bricq karchérise enfin le mille feuilles de l'équipe de France de l'export qui tient plus du radeau de la méduse !
a écrit le 07/02/2014 à 19:52 :
Le rebond est certain des entreprises entières s'exporte en Chine, Inde, Maroc...
a écrit le 07/02/2014 à 19:09 :
Le gouvernement ne fait rien cette administration est complètement out, digne du 19 siècles ou de l'EX URSS. Que des paroles et jamais d'actes!
a écrit le 07/02/2014 à 18:52 :
Il est vain de fantasmer ; La désindustrialisation se poursuit, et les prétendus efforts des entreprises françaises ne doivent pas occulter la puissance des autres pays qui tendent vers le même objectif ;
C'est un tout, encore faut-il arriver à recréer de nouvelles industries innovantes, et ce n'est pas avec les outils périmés du ChiracoSarkozysme entretenus et prorogés par le Hollandisme que l'on va arriver à accroître nos exportations ; Regardez dans les rangs de la BPIFrance innovation, ce sont les mêmes "fonctionnaires" qui restent en poste, personne n'a tiré aucune conséquence de l'échec patent d'Oseo et de l'Anvar ; Le mille feuille des agences blas blas banquets et des faux centres de faux experts auto-proclammés ne fait qu'emprirer.
Réponse de le 08/02/2014 à 9:10 :
Toutes ces structures parapubliques sont incurables, le vers est dans le fruit, ce qui aboutit a conclure que le désastre va continuer.

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