Mondialisation : quels sont les produits que la France exporte ?

Les produits industriels se taillent la part du lion, selon les statistiques détaillées de la Douane.
Fabien Piliu

4 mn

Les ventes d'aéronefs et de satellites se classent au premier rang des exportations françaises
Les ventes d'aéronefs et de satellites se classent au premier rang des exportations françaises (Crédits : Décideurs en région)

Certes, l'industrie souffre, la dernière publication de l'indice PMI en témoigne. Comme l'a rappelé le rapport Gallois dévoilé en novembre 2012, " tous les indicateurs le confirment : la compétitivité de l'industrie française régresse depuis dix ans et le mouvement semble s'accélérer. La diminution du poids de l'industrie dans le PIB français est plus rapide que dans presque tous les autres pays européens ; le déficit croissant du commerce extérieur marque nos difficultés à la fois vis-à-vis des meilleures industries européennes et face à la montée des émergents ".

Deux millions d'emplois détruits depuis 1980

Les faits statistiques sont là, en effet, impitoyables. La part de l'industrie, hors construction, dans la valeur ajoutée totale, en France, est passée de 18 %, en 2000, à un peu plus de 12,5 %, en 2011, nous situant désormais à la quinzième place parmi les 17 pays de la zone euro, bien loin de l'Italie (18,6 %), de la Suède (21,2 %) ou de l'Allemagne (26,2 %). L'emploi industriel, toujours hors construction, s'est également continuellement dégradé: il est passé de plus de 26 % de l'emploi salarié total en 1980 (5,1 millions de salariés) à 12,6 %, en 2011, soit 3,1 millions de salariés). La France a donc perdu plus de 2 millions d'emplois industriels en trente ans. Selon le rapport Gallois, " l'accroissement de la concurrence étrangère, celle des pays européens comme celle de plus en plus présente des pays émergents, expliquerait entre un tiers et la moitié de ces destructions d'emplois sur la période récente (2000-2007)".

Baisse des parts de marché

Cet affaiblissement de l'industrie française s'est traduit par des pertes de parts de marché considérables à l'exportation. En Europe, premier débouché commercial de la France (58,4 % des exportations en 2011), la part de marché des exportations françaises est passée de 12,7 %, en 2000, à 9,3 %, en 2011. Sur la même période, les exportations intracommunautaires de l'Allemagne ont progressé de 21,4 % à 22,4 %. Résultat, le solde de la balance commerciale est passé d'un excédent de 3,5 milliards d'euros en 2002 à un déficit de 67 milliards d'euros en 2012. Selon COE-Rexecode, la diminution des parts de marchés serait désormais stabilisé, ce qui est rassurant.

Les premières places dans le classement des produits exportés

Pourtant, au regard de la valeur ajoutée des produits industriels, ceux-ci figurent très largement aux premiers rangs des exportations françaises selon les statistiques des Douanes. Entre octobre 2012 et octobre 2013, les aéronefs et les engins spatiaux ont été les biens les plus exportés par la France, pour un montant de 50,7 milliards d'euros, à comparer aux 427,2 milliards que représentent les exportations totales.

Viennent ensuite les préparations pharmaceutiques (26,9 milliards), les véhicules automobiles (22,7 milliards), les autres parties et accessoires pour véhicules automobiles (12,9 milliards).

Les exportations de composants électroniques (7 milliards), d'équipements de communication (4,5), de matériel de distribution et de commande électrique (4,4), de moteurs, génératrices et transformateurs électriques (3,5), d' ordinateurs et équipements périphériques (3,2) illustrent le dynamisme des secteurs électrique et électronique à l'export.

Bien évidemment, l'industrie du luxe est également bien présente, les parfums et la maroquinerie représentant respectivement 10,7 et 4,7 milliards d'euros. Sur la période, 3,4 milliards d'articles de joaillerie et bijouterie ont également été exportés.

Des performances étonnantes

A la lecture de ces statistiques, plusieurs faits étonnent. La France exporte ainsi plus de vis et de boulons, à hauteur de 1,1 milliard, que de navires et structures flottantes (1,07 milliard) mais aussi de créations artistiques (1,06 milliard), de locomotives et autre matériel ferroviaire roulant (839 millions), de plats préparés (834 millions) et de bateaux de plaisance (675 millions).

Autre particularité, les exportations de serrures et de ferrures (552 millions) dépassent celles de combustibles nucléaire traités (319 millions), de motocycles (283 millions, de produits explosifs (171 millions), de machines pour la métallurgie (146 millions).

Des symboles qui rapportent

La France peut également compter sur les exportations de ses plus fameux symboles pour tenter de redresser la balance commerciale. Ainsi, les exportations de vins atteignent 7,8 milliards quand celles des produits laitiers et des fromages s'élèvent 6,1 milliards. Quand aux boissons alcoolisées distillées, comme le Cognac et l'Armagnac, elles grimpent à 3,7 milliards d'euros.

Fabien Piliu

4 mn

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Commentaires 24
à écrit le 07/01/2014 à 15:36
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Et notre camembert avec le saucisson et le pinard?Ils en sont ou les Français?

à écrit le 07/01/2014 à 10:26
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Dans tout les cas pas ou peut de produits de défense, l'industrie militaire dans notre pays est complètement sinistre, nos ministres sont plus nulle à chaque gouvernement, ensuite je ne parle pas des haut fonctionnaire qui bosse dans ses entreprise, ...

à écrit le 05/01/2014 à 16:03
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On peut aussi constater que les 10 ans de droite de 2002 à 2012 n'ont rien arrangé, le système libéral mis en place par sarko et les siens sont une faillite dans bien des domaines sans compter les déficits jamais enregistrés dans tous les domaines. +...

le 30/08/2016 à 15:42
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C'est un gauchiste qui parle là.

à écrit le 05/01/2014 à 15:59
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Il faut arrêter de penser que tout est de la faute de l'état, les industriels ont aussi en premier chef une grande responsabilité dans cet baisse des exportations. L'état ne peut pas tout aux States et dans bien d'autres pays les charges sont conséqu...

à écrit le 05/01/2014 à 14:19
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dans ce monde concurrentiel où seul les bas salaires sont recherchés ; la France doit jouer la carte du bien vivre! le textile, la métallurgie, etc. Face aux chinois et maintenant aux africains nous avons perdu d'avance. Ce qu'il nous reste c'est le ...

à écrit le 05/01/2014 à 10:09
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Curieux de constater que les exportations de vins représentant près de 50 millards, au niveau de celles d'Airbus ne soient pas mentionnées : certes c'est de l'agriculturre, pas de l'industrie, certes cela représente moins d'électeurs, c'est pas glamo...

le 05/01/2014 à 11:41
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Vous avez mal lu ! Vin(s) 7,8 et non 50 ! (dernier paragraphe.)

à écrit le 05/01/2014 à 9:41
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Gouverner c'est prévoir. On peut dire que NS et sa clique ont fait fort de 2002 à 2012; ceci étant, les dirigeants actuels ne font pas beaucoup mieux, mais ont été obligés d'en prendre conscience. Je pense toujours à Tchuruk apôtre de la société indu...

le 05/01/2014 à 23:16
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Vous avez tout à fait raison quant à la "stratégie" d'un Tchuruk et consorts.

à écrit le 04/01/2014 à 19:02
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il n y a pas a chercher bien loin ; la france a completement rate le virage du numerique qui represente les vrais emplois d avenir. A cela plusieurs raisons : - une mentalite peu propice a l innovation et a la prise de risques - un financement red...

à écrit le 04/01/2014 à 9:43
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Il s'agit aussi avant tout de la délocalisation de notre base industrielle vers d'autres pays européens. Il y a aussi une réduction de la diversité de l'industrie française en raison de l'incompétence des dirigeants de grandes entreprises.Pas seuleme...

à écrit le 04/01/2014 à 9:37
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Il y a quelque paradoxes a voir les groupes du CAC caracoler en tête de leur secteur dans le monde et la France accumuler les contre performance à l'export. En fait, les groupes du CAC , hormis Airbus , n'exportent quasiment pas. ( voir chiffres des ...

le 04/01/2014 à 10:15
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Ha bon ? Les entreprises du CAC 40 n'exportent pas ? Michelin, Alsthom, Sanofi Aventis, L'OREAL, LVMH, schneider electric , Dassault aviation (y a pas que le rafale) , AIR LIQUIDE, etc...ils n'exportent pas ?

le 04/01/2014 à 11:31
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Je vous concède que Sanofi et Rafale exportent , dont acte. Mais je maintiens que l’écrasante majorité des boites du CAC se sont internationalisees via des acquisitions de sociétés étrangères et non par de l'export a partir de France. Schneider par ...

le 04/01/2014 à 13:34
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Oui presque toute les boites du CAC 40 se sont externalisés mais néanmoins plus de la moitié ont gardé leur outil de production en France et exportent beaucoup de produits fini de france. Alors pourquoi un tel déficit commerciale ? Le problème est qu...

à écrit le 04/01/2014 à 9:28
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Le déficit abyssale du commerce extérieur (rappel: 1er de la zone euro / 4 eme du Monde) trouve sa source pour partie dans l'étroitesse de notre base industrielle (rapporte poids industrie/PIB derniere en Europe). Pas d'industrie = pas d'export et pl...

à écrit le 04/01/2014 à 0:26
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Quid de l'exportation (ou fuite) des cerveaux?

à écrit le 03/01/2014 à 22:36
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Le vieux cliché dont on ne sait pas si il s'agit d'une réalité consignée par les quatre ou cinq États qui produisent les avions Airbus, ou alors si ne s'agit que d'un mythe cocardier récourrant auquel nos médias en font leur dada. Si les ventes d'aér...

le 05/01/2014 à 12:16
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Airbus est une Société de droit français et donc statistiquement les ventes lui incombent

le 05/01/2014 à 13:01
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Voyons Mick ! Mode troll : On AirBus dont la maison mère EADS a son siège à Amsterdam donc c'est une société hollandaise ! A Toulouse, Saint Nazaire, Nantes, on ne fait que des boulons, des écrous et des rondelles pour avion, bref pas grande chose ...

à écrit le 03/01/2014 à 19:53
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Une des raisons de la faiblesse de l'industrie en France a été la délocalisation massive de près de 1,5 millions d'automobiles de la France vers d'autres pays par PSA et Renault au millieu des années 2000. Cela eu pour effet de creuser fortement le d...

à écrit le 03/01/2014 à 16:54
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"Selon COE-Rexecode, la diminution des parts de marchés serait désormais stabilisé, ce qui est rassurant. " Ok mais alors dans quel secteur la France peut esperer creer des emplois ? je parle de vrais emplois pas le truc a la con des "emplois aidés" ...

à écrit le 03/01/2014 à 16:36
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En quoi le montant des exportations de vis et boulons est-il étonnant? Avec la vallée de l'Arve, la France dispose tout de même d'une concentration sans équivalent d'entreprises de décolletage et ces dernières ont même un pôle de compétitivité dédiée...

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