Mondialisation : quels sont les produits que la France exporte ?

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Les ventes d'aéronefs et de satellites se classent au premier rang des exportations françaises
Les ventes d'aéronefs et de satellites se classent au premier rang des exportations françaises (Crédits : Décideurs en région)
Les produits industriels se taillent la part du lion, selon les statistiques détaillées de la Douane.

Certes, l'industrie souffre, la dernière publication de l'indice PMI en témoigne. Comme l'a rappelé le rapport Gallois dévoilé en novembre 2012, " tous les indicateurs le confirment : la compétitivité de l'industrie française régresse depuis dix ans et le mouvement semble s'accélérer. La diminution du poids de l'industrie dans le PIB français est plus rapide que dans presque tous les autres pays européens ; le déficit croissant du commerce extérieur marque nos difficultés à la fois vis-à-vis des meilleures industries européennes et face à la montée des émergents ".

Deux millions d'emplois détruits depuis 1980

Les faits statistiques sont là, en effet, impitoyables. La part de l'industrie, hors construction, dans la valeur ajoutée totale, en France, est passée de 18 %, en 2000, à un peu plus de 12,5 %, en 2011, nous situant désormais à la quinzième place parmi les 17 pays de la zone euro, bien loin de l'Italie (18,6 %), de la Suède (21,2 %) ou de l'Allemagne (26,2 %). L'emploi industriel, toujours hors construction, s'est également continuellement dégradé: il est passé de plus de 26 % de l'emploi salarié total en 1980 (5,1 millions de salariés) à 12,6 %, en 2011, soit 3,1 millions de salariés). La France a donc perdu plus de 2 millions d'emplois industriels en trente ans. Selon le rapport Gallois, " l'accroissement de la concurrence étrangère, celle des pays européens comme celle de plus en plus présente des pays émergents, expliquerait entre un tiers et la moitié de ces destructions d'emplois sur la période récente (2000-2007)".

Baisse des parts de marché

Cet affaiblissement de l'industrie française s'est traduit par des pertes de parts de marché considérables à l'exportation. En Europe, premier débouché commercial de la France (58,4 % des exportations en 2011), la part de marché des exportations françaises est passée de 12,7 %, en 2000, à 9,3 %, en 2011. Sur la même période, les exportations intracommunautaires de l'Allemagne ont progressé de 21,4 % à 22,4 %. Résultat, le solde de la balance commerciale est passé d'un excédent de 3,5 milliards d'euros en 2002 à un déficit de 67 milliards d'euros en 2012. Selon COE-Rexecode, la diminution des parts de marchés serait désormais stabilisé, ce qui est rassurant.

Les premières places dans le classement des produits exportés

Pourtant, au regard de la valeur ajoutée des produits industriels, ceux-ci figurent très largement aux premiers rangs des exportations françaises selon les statistiques des Douanes. Entre octobre 2012 et octobre 2013, les aéronefs et les engins spatiaux ont été les biens les plus exportés par la France, pour un montant de 50,7 milliards d'euros, à comparer aux 427,2 milliards que représentent les exportations totales.

Viennent ensuite les préparations pharmaceutiques (26,9 milliards), les véhicules automobiles (22,7 milliards), les autres parties et accessoires pour véhicules automobiles (12,9 milliards).

Les exportations de composants électroniques (7 milliards), d'équipements de communication (4,5), de matériel de distribution et de commande électrique (4,4), de moteurs, génératrices et transformateurs électriques (3,5), d' ordinateurs et équipements périphériques (3,2) illustrent le dynamisme des secteurs électrique et électronique à l'export.

Bien évidemment, l'industrie du luxe est également bien présente, les parfums et la maroquinerie représentant respectivement 10,7 et 4,7 milliards d'euros. Sur la période, 3,4 milliards d'articles de joaillerie et bijouterie ont également été exportés.

Des performances étonnantes

A la lecture de ces statistiques, plusieurs faits étonnent. La France exporte ainsi plus de vis et de boulons, à hauteur de 1,1 milliard, que de navires et structures flottantes (1,07 milliard) mais aussi de créations artistiques (1,06 milliard), de locomotives et autre matériel ferroviaire roulant (839 millions), de plats préparés (834 millions) et de bateaux de plaisance (675 millions).

Autre particularité, les exportations de serrures et de ferrures (552 millions) dépassent celles de combustibles nucléaire traités (319 millions), de motocycles (283 millions, de produits explosifs (171 millions), de machines pour la métallurgie (146 millions).

Des symboles qui rapportent

La France peut également compter sur les exportations de ses plus fameux symboles pour tenter de redresser la balance commerciale. Ainsi, les exportations de vins atteignent 7,8 milliards quand celles des produits laitiers et des fromages s'élèvent 6,1 milliards. Quand aux boissons alcoolisées distillées, comme le Cognac et l'Armagnac, elles grimpent à 3,7 milliards d'euros.

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Commentaires
a écrit le 07/01/2014 à 15:36 :
Et notre camembert avec le saucisson et le pinard?Ils en sont ou les Français?
a écrit le 07/01/2014 à 10:26 :
Dans tout les cas pas ou peut de produits de défense, l'industrie militaire dans notre pays est complètement sinistre, nos ministres sont plus nulle à chaque gouvernement, ensuite je ne parle pas des haut fonctionnaire qui bosse dans ses entreprise, des mauvais comme mauvais, serte sa écrire de beau papier, mais être capable de developer un bon produit, sa s'est une autre histoire..... Un pays qui ne fabrique plus s'est arme pour se défendre est une pays qui n'as plus d'indépendance..... Nous avons perdu de guerre de 1870 car nous n'avions pas d'arsenaux....
a écrit le 05/01/2014 à 16:03 :
On peut aussi constater que les 10 ans de droite de 2002 à 2012 n'ont rien arrangé, le système libéral mis en place par sarko et les siens sont une faillite dans bien des domaines sans compter les déficits jamais enregistrés dans tous les domaines. +3,5 milliards en 2002 - 67 milliards en 2012 tout est dit ! Lamentable héritage d'une gestion catastrophique de droite !
Réponse de le 30/08/2016 à 15:42 :
C'est un gauchiste qui parle là.
a écrit le 05/01/2014 à 15:59 :
Il faut arrêter de penser que tout est de la faute de l'état, les industriels ont aussi en premier chef une grande responsabilité dans cet baisse des exportations. L'état ne peut pas tout aux States et dans bien d'autres pays les charges sont conséquentes et l'état est moins présent dans l'économie. Que nos entreprises se battent et qu'elles n'attendent pas tout de l'état qui consacre plus de 60 milliards d'aides aux entreprises pour plus de 3000 aides.
a écrit le 05/01/2014 à 14:19 :
dans ce monde concurrentiel où seul les bas salaires sont recherchés ; la France doit jouer la carte du bien vivre! le textile, la métallurgie, etc. Face aux chinois et maintenant aux africains nous avons perdu d'avance. Ce qu'il nous reste c'est le patrimoine, le numérique (quoique je suis septique, google a seulement besoin d'être basé à Paris et point barre donc....) et notre savoir. Mettons ce savoir au service d'une société éduqué, responsable écologiquement et socialement, redonnons un sens au mot solidarité voir Fraternité! Cela signifie une société plus lente, moins agressive, et plus réfléchie!
a écrit le 05/01/2014 à 10:09 :
Curieux de constater que les exportations de vins représentant près de 50 millards, au niveau de celles d'Airbus ne soient pas mentionnées : certes c'est de l'agriculturre, pas de l'industrie, certes cela représente moins d'électeurs, c'est pas glamour ni tendance, ni politiquement correct pour les courants hygiénistes, mais ça rapporte et c'est non délocalisable par essence !...
Réponse de le 05/01/2014 à 11:41 :
Vous avez mal lu ! Vin(s) 7,8 et non 50 ! (dernier paragraphe.)
a écrit le 05/01/2014 à 9:41 :
Gouverner c'est prévoir. On peut dire que NS et sa clique ont fait fort de 2002 à 2012; ceci étant, les dirigeants actuels ne font pas beaucoup mieux, mais ont été obligés d'en prendre conscience. Je pense toujours à Tchuruk apôtre de la société industrielle sans usine (mais il n'était pas le seul loin de là) qui voulait tout sous-traiter, sauf que quand le sous-traitant prend son indépendance et ça arrive tôt ou tard, le donneur d'ordre se retrouve à poil, et c'est ce qui est arrivé pour pas mal de secteurs industriels. Si on veut chercher des coupables, c'est surtout là qu'ils sont. Et comme pas mal de nos politiques ont la même formation, on voit ce ça donne maintenant.
Réponse de le 05/01/2014 à 23:16 :
Vous avez tout à fait raison quant à la "stratégie" d'un Tchuruk et consorts.
a écrit le 04/01/2014 à 19:02 :
il n y a pas a chercher bien loin ; la france a completement rate le virage du numerique qui represente les vrais emplois d avenir.
A cela plusieurs raisons :
- une mentalite peu propice a l innovation et a la prise de risques
- un financement reduit du fait d une fiscalite inadaptee
- le corporatisme de certaines ecoles avec ce mix hauts fonctionnaires/patrons veritable plafond de verre a la francaise decourageant meme les plus temeraires
- une destruction des vrais talents avec l idee completement dingue qu on peut faire acheter ces produits uniquement sur la marque et avec une R&D au rabais.
a écrit le 04/01/2014 à 9:43 :
Il s'agit aussi avant tout de la délocalisation de notre base industrielle vers d'autres pays européens. Il y a aussi une réduction de la diversité de l'industrie française en raison de l'incompétence des dirigeants de grandes entreprises.Pas seulement les cas des multinationales de métallurgie évoqués + hauts mais aussi alcatel (en plus de la délocalisation des usines), alstom qui a été à deux doigts de la faillite, PSA que l'alliance avec GM a accentué fortement les difficultés et mis au bord de la faillite. Il y aussi le passage de Gemalto sous pavillon étranger qui pourrait coûter cher en terme d'emplois. Je ne cite ici que les cas les plus connus et/ou ayant le plus d'impact.
Ici, clairement en Allemagne, ils n'auraient pas fait les erreurs évoquées dans tous ces cas.
a écrit le 04/01/2014 à 9:37 :
Il y a quelque paradoxes a voir les groupes du CAC caracoler en tête de leur secteur dans le monde et la France accumuler les contre performance à l'export. En fait, les groupes du CAC , hormis Airbus , n'exportent quasiment pas. ( voir chiffres des Douanes) Leur internationalisation est basee exclusivement sur l'acquisition d'entrprises et pas sur l'exportation d'un savoir faire français. Ces groupes n'ont de Français que le nom et les retombées industrielles (emplois, investissement, export) pour le territoire France de leur internationalisation sont quasi nulles.
Réponse de le 04/01/2014 à 10:15 :
Ha bon ? Les entreprises du CAC 40 n'exportent pas ?
Michelin, Alsthom, Sanofi Aventis, L'OREAL, LVMH, schneider electric , Dassault aviation (y a pas que le rafale) , AIR LIQUIDE, etc...ils n'exportent pas ?
Réponse de le 04/01/2014 à 11:31 :
Je vous concède que Sanofi et Rafale exportent , dont acte.
Mais je maintiens que l’écrasante majorité des boites du CAC se sont internationalisees via des acquisitions de sociétés étrangères et non par de l'export a partir de France. Schneider par exemple (boite excellente au demeurant) pratiquede crossaince externe a l'etranger depuis toujours hyper active (Square D, invensys...) même chose pour Essilor, Alstom. Si ces entreprises exportaient beaucoup on aurait pas un deficit commercial industriel de 45Mds d'Eueo
Réponse de le 04/01/2014 à 13:34 :
Oui presque toute les boites du CAC 40 se sont externalisés mais néanmoins plus de la moitié ont gardé leur outil de production en France et exportent beaucoup de produits fini de france. Alors pourquoi un tel déficit commerciale ? Le problème est que contrairement à l'allemagne et les pays nordiques, Benelux ou la suisse . La France dispose trop peu de PME de taille moyenne capable d'aller démarcher à l'export. Elles ne disposent pas de la taille critique pour le faire. De plus, nos rares cadres de culture internationale ( qui parle anglais comme une langue maternelle)délaissent ces entreprises de tailles moyennes et préfèrent plutôt vendre leur compétence aux champions du CAC 40 et du coup elles ont du mal à décrocher les marchés à l'étranger malgré que nos produits soient de bonnes qualités.
a écrit le 04/01/2014 à 9:28 :
Le déficit abyssale du commerce extérieur (rappel: 1er de la zone euro / 4 eme du Monde) trouve sa source pour partie dans l'étroitesse de notre base industrielle (rapporte poids industrie/PIB derniere en Europe). Pas d'industrie = pas d'export et plus d'importations. La surpoids dans nos exporte de l'aéronautique nous rend vulnérable à ce secteur et souligne les trous béants de l'offre française dans d'autres secteurs
a écrit le 04/01/2014 à 0:26 :
Quid de l'exportation (ou fuite) des cerveaux?
a écrit le 03/01/2014 à 22:36 :
Le vieux cliché dont on ne sait pas si il s'agit d'une réalité consignée par les quatre ou cinq États qui produisent les avions Airbus, ou alors si ne s'agit que d'un mythe cocardier récourrant auquel nos médias en font leur dada. Si les ventes d'aéronefs et de satellites se classent au premier rang des exportations françaises et la France est loin derrière l'Allemagne qui possède aussi un rôle majeur dans l'exportation des avions Airbus, alors que se passe-t-il avec les exportations d'aéronefs des autres pays producteurs de ces avions comme le Royaume-Uni et l'Espagne? je n'ose pas croire que ces pays cèdent "volontiers" à la France leur part dans ces ventes. Or alors toute cette histoire est un vrai "imbroglio", encore un miroir aux alouettes pour nous faire croire que les avions Airbus vont sauver la balance commerciale de notre pays… au détriment de celles des autres !!
Réponse de le 05/01/2014 à 12:16 :
Airbus est une Société de droit français et donc statistiquement les ventes lui incombent
Réponse de le 05/01/2014 à 13:01 :
Voyons Mick ! Mode troll : On
AirBus dont la maison mère EADS a son siège à Amsterdam donc c'est une société hollandaise ! A Toulouse, Saint Nazaire, Nantes, on ne fait que des boulons, des écrous et des rondelles pour avion, bref pas grande chose en valeur ajoutée..
Sérieusement, ca me fait toujours sourire quand je lis que la France n'a pas le premier rôle au sein de AirBus.
a écrit le 03/01/2014 à 19:53 :
Une des raisons de la faiblesse de l'industrie en France a été la délocalisation massive de près de 1,5 millions d'automobiles de la France vers d'autres pays par PSA et Renault au millieu des années 2000. Cela eu pour effet de creuser fortement le déficit commercial (ainsi que la baisse de part de marché des constructeurs français).
Le rachat d'Arcelor par Mittal ainsi que de Péchiney avec la fermeture de nombreuses usines surtout pour ce dernier a aussi eu un fort impact.
Un autre problème est la faible présence de nos grands groupes nationaux sur notre territoire comparé aux grands groupes allemands qui restent beaucoup plus présent sur le sol allemand. Ce problème ne date pas d'aujourd'hui mais a commencé au début des années 90 voire depuis les années 80.
a écrit le 03/01/2014 à 16:54 :
"Selon COE-Rexecode, la diminution des parts de marchés serait désormais stabilisé, ce qui est rassurant. " Ok mais alors dans quel secteur la France peut esperer creer des emplois ? je parle de vrais emplois pas le truc a la con des "emplois aidés" et je supprimeles CDD/interim. Perso je bosse dans la siderurgie et d'ici 10 ans on fermera car les chinois nous auront pris toutes nos parts de marché.... On fait quoi si on peut pas vendre ?
a écrit le 03/01/2014 à 16:36 :
En quoi le montant des exportations de vis et boulons est-il étonnant? Avec la vallée de l'Arve, la France dispose tout de même d'une concentration sans équivalent d'entreprises de décolletage et ces dernières ont même un pôle de compétitivité dédiée.

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