Remaniement : qui restera à Bercy ?

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Tous les ministres logés à Bercy ne sont pas certains de leur avenir
Tous les ministres logés à Bercy ne sont pas certains de leur avenir (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Ce jeudi 6 mars, Jean-Marc Ayrault a précisé sa pensée sur un éventuel remaniement ministériel. Bercy serait particulièrement concerné. Plusieurs ministres sont d'ores et déjà donnés partants.

Les choses sont désormais claires. Interrogé ce jeudi 6 mars, sur l'antenne de BFM TV et RMC, Jean-Marc Ayrault a précisé sa pensée sur un éventuel remaniement ministériel. Bercy serait particulièrement concerné.

" Il y a sept ministres à Bercy, s'il y en avait moins, sans doute, ce serait plus efficace ", a déclaré le Premier ministre. Des propos dont le contenu est assez proche de ceux tenus lundi sur i-Télé  par Thierry Mandon, le porte-parole des députés socialistes, pour qui " repenser l'architecture " du ministère de l'Economie serait bienvenue. " Sept ministres, ça n'a pas de sens ", estime ce proche d'Arnaud Montebourg.

Bercy héberge actuellement sept ministres

Actuellement, les pensionnaires de Bercy sont Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et des Finances, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, Nicole Bricq, la ministre du Commerce extérieur, Fleur Pellerin, la ministre (délégué) des PME et de l'Economie numérique, Sylvia Pinel, la ministre  de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme ainsi que Benoît Hamon au ministère de l'Economie sociale et solidaire et de la Consommation, créé en mai 2012.

Si remaniement il y a, qui pourraient être les sacrifiés ? Plusieurs noms sont déjà au centre des rumeurs. Celui de Pierre Moscovici circule depuis longtemps. Derrière les discours de façade sensés faire la preuve de l'unité et de la solidarité au sein du gouvernement, les relations entre le ministre de l'Economie et le Premier ministre ne sont pas au beau fixe. Par deux fois, en novembre, Matignon a tenté plus ou moins volontairement de déstabiliser Pierre Moscovici. La première en essayant de lui imposer un nouveau directeur du Trésor, la seconde en annonçant dans son dos une remise à plat de la fiscalité. Au printemps, Laurent Fabius, l'un de ses prédécesseurs à Bercy, y avait également été de sa pique en déclarant qu'il fallait un " vrai patron " à Bercy.

Relations tendues entre Moscovici et Matignon

Le ministre a très peu goûté ces initiatives, ne se privant pas de régler ses comptes dans la presse. Alors que les "mauvaises langues" lui reprochent son dilettantisme sur certains sujets, Pierre Moscovici a d'ores et déjà pris le temps de dresser un premier bilan de son action. Dans son livre  « Combats », publié en octobre, le ministre revient longuement sur son action à Bercy. Pour expliquer sa discrétion dans les débats, son effacement dans les médias, ses atermoiements sur certains dossiers, notamment fiscaux, Pierre Moscovici avance un argument imparable : il travaille trop.

Pour lui succéder, plusieurs noms circulent depuis longtemps. Après celui de Louis Gallois, l'actuel Commissaire général à l'investissement, qui aurait un temps refusé le poste offert par François Hollande, ceux de Martine Aubry, de Michel Sapin le ministre du Travail et tout récemment de Pascal Lamy, l'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce, circulent.

A la tête du ministère du Budget depuis la démission de Jérome Cahuzac en mars 2013, Bernard Cazeneuve est-il menacé ? Une chose est certaine, il n'est pas non plus exempt de tout reproche. Il a également sa part de responsabilité sur les allers-retours de Bercy dans le domaine de la fiscalité. Au sein même du gouvernement, les critiques fusent à son égard. Arnaud Montebourg lui reproche ouvertement l'étroitesse de ses relations avec le patronat.

Arnaud Montebourg, un ministre potentiellement dangereux

Le ministre du Redressement productif est-il également sur la sellette ? Pas vraiment. Pour deux raisons. D'une part, sa cote de popularité auprès des dirigeants d'entreprises est assez élevée. Il faut croire que ses déclarations sur le made in France, le renouveau de l'industrie française et ses attaques régulières contre ceux qui, en France ou à l'étranger, portent atteinte aux intérêts économique tricolores, séduisent.

D'autre part, même s'ils s'irritent régulièrement des prises de position très tranchées de leur ministre, François Hollande et Jean-Marc Ayrault savent bien que la capacité de nuisance du troisième homme des primaires socialistes serait forte s'il devait quitter le gouvernement. Pour celui qui rêve de la présidence de la République, nul doute qu'une petite traversée du désert serait mise à profit pour afficher enfin ouvertement ses ambitions.

Sous la tutelle d'Arnaud Montebourg au ministère du Redressement productif, Fleur Pellerin pourrait-elle également être épargnée ? Rien ne serait joué. Son bilan n'est ni bon, ni mauvais. Son principal fait d'armes reste l'organisation des Assises de l'entrepreneuriat dont l'objectif était de réconcilier les chefs d'entreprises et l'Etat après le couac des "Pigeons" que la ministre, comme ses collègues de Bercy, n'avaient pas anticipé. Un an après cette manifestation, le service-après-vente est délicat. Un trop faible nombre des mesures annoncées a été appliqué au grand dam des entrepreneurs. Mais l'instabilité au sein de son cabinet irrite au sommet de l'Etat.

Le commerce extérieur et la diplomatie économique

Nicole Bricq a beau courir le monde pour relancer les exportations françaises, son avenir à Bercy n'est pas assuré. Débarquée du ministère du Développement durable quelques semaines après son arrivée, après avoir tenté, au prétexte de revoir le code minier, de revenir sur des  permis d'exploration au large de la Guyane obtenus par Shell et Total, la ministre du Commerce extérieur n'a pas encore eu le bonheur de voir les statistiques des Douanes  se redresser. Est-ce suffisant pour légitimer un départ anticipé ? Pas vraiment. Depuis 2003, la balance commerciale est dans le rouge.

Que peut faire le gouvernement pour inverser cette tendance ? Créer des dispositifs de soutien aux entreprises ? Il ne s'en est pas privé. La Cour des comptes s'est émue de la piètre performance du soutien public à l'export, malgré la multiplication des structures. Son départ, s'il se concrétisait, pourrait provoquer l'intégration de ce ministère au quai d'Orsay pour renforcer la diplomatie économique chère à Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères

La polémique sur l'auto-entreprise a trop duré

Malgré le soutien du Parti radical de gauche dont elle est membre, le départ de Sylvia Pinel du ministère de l'Artisanat serait déjà acté. En cause, son empressement à appliquer les promesses tenues par François Hollande lors de la campagne présidentielle d'encadrer et de limiter le régime fiscal et social de l'auto-entreprise . Sur ce dossier qui a provoqué la colère des "Poussins", la ministre a multiplié les bourdes, n'hésitant pas à contredire publiquement Jean-Marc Ayrault, pour un résultat… nul, le dispositif restant quasiment inchangé après plus d'un an de polémiques.

Benoît Hamon a réussi son examen d'entrée

Benoît Hamon pourrait également quitter Bercy… pour atterrir dans un autre ministère.  Peut-être au Travail... ce qui ne satisfait pas trop le Medef. Considérant que son passage au tout nouveau ministère de l'Economie, sociale et solidaire (ESS), mais également à la Consommation, est un succès, l'Elysée et Matignon songeraient à confier à l'ancien député européen un portefeuille plus prestigieux. Sa confiance est telle qu'il ne se prive pas de donner son avis sur un éventuel remaniement " Pour un certain nombre de mes collègues et moi-même sans doute, ce ne serait pas forcément sympa. Cela étant dit, je pense que c'est mieux d'avoir un gouvernement, effectivement, plus resserré ", a-t-il expliqué dimanche lors de l'émission BFM Politique (BFMTV/Le Point/RMC).

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Commentaires
a écrit le 01/04/2014 à 12:40 :
A quand un ministre du Cassoulet...? un ministre des Pommes de terre...?
a écrit le 10/03/2014 à 21:49 :
Que Moscovici s'en aille qu'il aille jouer a la poupee avec sa jeune compagne ou dans les boites avec son amie DSK
a écrit le 08/03/2014 à 15:50 :
le président de la cour des comptes fait d'excellent diagnostics et économies tout à fait majeure pour la croissance, il faut le mettre ministre avec application des mesures et concrétisations des gains. Les audits de la cour des comptes devraient avoir une obligation constitutionnelle d'application, il est absolument insupportables que les administratifs et élus "s'assoient dessus", ils sont en gréve permanente de gestion et de management, il faut arrêter leur paye et les licencier ...il faut un conseil d'administration citoyen pour réguler cette roue libre permanente sans aucunes obligations...
a écrit le 08/03/2014 à 15:45 :
si comme en chine, les responsables politiques étaient choisis pour leur compétence en gestion et avec la preuve de résultats concrets, il est clair qu'on aurait 95% de licenciements !!! car ils ne savent que dépenser, augmenter les impôts et charges qui tuent massivement, l'emploi, recruter... le laxisme le plus total...hollande a donné les bonnes orientations à chasser la mauvaise dépense publique, mais sur les 200 milliards de gains possibles et extrêmement salutaires, il ne s'attaque qu'à 15 milliards en brut mais quelques milliards en net..!!! rien à voir avec ce qui est indispensable pour retourner la situation comme déjà fait en suéde, canada, finlande... là où il y a de vrais politiques et non notre guerre de tranchée stérile gauche droite sans aucunes réformes de fond...
a écrit le 08/03/2014 à 15:33 :
J'espère que PIerre Moscovici restera car il a l'oreille de Bruxelles et d'Olli Rehn et ne parle pas à tort et à travers comme moult de ses collègues.
a écrit le 08/03/2014 à 9:49 :
Aucun, ils sonr tous des bras cassés et des incapables sinon en parole surtout pour ne rien dire. A la NICHE
a écrit le 07/03/2014 à 18:24 :
2 ministres pour ce ministère ça suffit
a écrit le 07/03/2014 à 16:11 :
On est dans les cartons ou bien on prépare les cartons électoraux? On nous sort: 75% des français pour réduire les dépenses... pourquoi ne pas constituer une class action contre les excès de l'administration?
a écrit le 07/03/2014 à 14:42 :
généreuse la FRANCE tout ce beau monde va quitter avec des énormes privilèges et retraite .....rerchez les causes de notre affaiblissement
a écrit le 07/03/2014 à 13:43 :
Mosco travaille trop : Mort de rire comme disent les jeunes, il est surtout connu pour ses siestes au conseil européen; mais c'est peut être le fruit d'un épuisement du à ses remarquables actions sur le paysage fiscal français depuis 2012 : Moins lisible, ça n'existe pas ...
a écrit le 07/03/2014 à 13:16 :
J aimerai que Mme Pellerin prenne du galon. Elle incarne le renouvellement, m a l air travailleuse et sérieuse et elle est business friendly. Moscovici est très très décevant et semblait plus à l aise comme simple député.
,
a écrit le 07/03/2014 à 12:55 :
Et ils s'aperçoivent soudain qu'il y a trop de ministres... Bravo, ils ont mis près de 2 ans avant de réaliser qu'ils n'ont pas une équipe (moins de 25 ministres), ni une bande (moins de 30 ministres) mais un troupeau. Ils sont grotesques. Étonnez vous que la popularité de Mr Eyrault soit descendue à 16%, le plus mauvais score jamais atteint par un premier ministre, et ça, sans avoir fait les réformes structurelles et d'économies qui s'imposent. Archi nul.
Réponse de le 07/03/2014 à 12:58 :
Mr Eyraulut @ 16 %,le président, lu hier encore moins : 15 %!!!!!
a écrit le 07/03/2014 à 10:42 :
S'il n'en restait <RIEN, ce serait sympa ! mais cassez vous donc!
a écrit le 07/03/2014 à 10:03 :
Les septs plaies de la France envoyées par Dieu pour convaincre les Français de quitter la France
a écrit le 07/03/2014 à 10:01 :
pas terrible le "ni bon ni mauvais" pour une ministre d'origine asiatique...
a écrit le 07/03/2014 à 9:55 :
"Veni,vidi,vici "qui disait César alors le socialiste Moscou a toute les chances de rester car Moscouvici= Mosco à vaincu .
a écrit le 07/03/2014 à 9:30 :
7 ministres ce sont 6 de trop !
Voir l/Allemagne plus efficace avec un nombre très réduit de ministres !
a écrit le 07/03/2014 à 9:28 :
la candidate ministre,la plus qualifiée,est mme.Lauvergeon qui pourrait faire le ménage a Bercy.
Réponse de le 07/03/2014 à 9:52 :
quand je vois les résultats obtenus dans ses anciens postes, votre commentaire me parait largement surestimé quant à sa qualification. D'autre part il faudrait peut etre songer à oublier les anciens dinosaures de MITTERAND
a écrit le 07/03/2014 à 8:58 :
Mosco travaille trop... mais il a quand même le temps de sortir un livre! Moi quand je travaille, je n'ai pas le temps de faire taper 250 pages par un nègre...
Si il travaille en tout cas, ce n'est pas pour la France mais pour les quelques banquiers qui lui disent ce qu'il doit faire.
Cet homme est une honte pour le gouvernement.Lui ministre, Hollande trahie ses électeurs.
a écrit le 07/03/2014 à 8:06 :
Il faut virer cette administration d’incompétents, aucun pays n'a une telle concentration de non sens!
a écrit le 07/03/2014 à 4:24 :
Bercy à besoin d'un "choc de simplification" ! C'est le moment de conjuguer le verbe avec le geste !
a écrit le 06/03/2014 à 23:09 :
Trop de ministres à BERCY, trop d'énarques, trop d'agfip, trop de services.....ce dont a besoin BERCY et la FRANCE c'est une simplification de la législation fiscale, une simplification de ses structures et de ses missions....
a écrit le 06/03/2014 à 21:53 :
Vous oublié Marlyse Lebranchu qui a aussi le secrétaire général des ministères financiers et la direction général de l'administration et de la fonction publique, direction dépendant aussi de Bercy
a écrit le 06/03/2014 à 21:24 :
7 ministres dans un seul bâtiment c'est 6 de trop.Sur un aviso,petit navire ,un seul capitaine.Sur un porte-avion énorme navire :un seul capitaine.Et tout fonctionne parfaitement car le"pacha "(terme familier dans la marine pour le capitaine ) sait s'encadrer d'officiers capables.Suivez l"exemple "amiral"Ayrault,bien que parfois à l'amirauté on change aussi la tête.
a écrit le 06/03/2014 à 19:23 :
Si on parle du remaniement, est-ce par manie du reniement du déni de du déclin ou maniement du déclin? Pourtant on parle bien de dégraisser! Alors libéral social, c'est la fin du socialisme? Les allemands n'en sont-ils pas sortis voila 10 ans?
a écrit le 06/03/2014 à 18:58 :
C'est formidable, tous les chiffres affichés sont au vert alors que le gouvernement annonce un remaniement. Et pourquoi pas une dissolution, ou bien après l'aîle, 30 milliards, la cuisse, 50 milliards! Et on annonce une sortie du maux social, pardon sauce à l'aïl dans la cuisine?
a écrit le 06/03/2014 à 18:46 :
Remanier ne servira à rien , il suffirait de dégraisser l'équipe ministérielle .
A moins que notre cher Président ne veuille continuer son petit virage libéral .
Décevant tout le monde, la situation demande une initiative forte autre que le pacte de compétitivité : un véritable état des lieux suivi soit d'un référendum ou d'une dissolution de l'assemblée nationale .
En somme du courage , de la confiance et de la détermination .
a écrit le 06/03/2014 à 18:46 :
Si le gouvernement remanie, c'est peut-être qu'il ne s'est pas magné, en terme de croissance. On relance en 1 an, certains, pas tous. Alors on est à l'ostérité ou bien à la vertu? On est au pain sec et à l'os? Pourtant Caton disait son antienne: la croissance c'est pour quand? Démocratie, ça ne s'écrit pas avec des maux crasseux... ou bien Desmots hypocrites? Est-ce parce que la société civile se sent opprimée?
a écrit le 06/03/2014 à 18:31 :
Pourquoi on remanie? Si on joue aux chaises musicales, on joue du pipo!

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