Du papier à la carte à puce : la nouvelle vie du ticket resto

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Avec la fin du ticket resto papier, le salarié pourra régler son repas au centime près. (Photo : DR)
Avec la fin du ticket resto papier, le salarié pourra régler son repas au centime près. (Photo : DR) (Crédits : DR)
Le décret pour la dématérialisation du chèque déjeuner entre en vigueur aujourd’hui. Un changement qui devrait avoir quelques conséquences sur la pause du midi.

Terminés les carnets de tickets que l'on sort du sac après le déjeuner, ou chez le primeur. Place au paiement par carte à puce ou même par Smartphone. Une petite révolution pour les 3,5 millions d'employés qui l'utilisent en France.

Des économies pour les salariés

Avec ce nouveau système, le salarié sera facturé au centime près. Un bon moyen de regagner un peu de pouvoir d'achat. En effet, les restaurateurs n'ont - en théorie - pas le droit de rembourser la différence lorsque le repas coûte moins cher que la valeur du ticket. Finie aussi la perte de temps à chercher sa monnaie avant de retourner travailler.

La dépense quotidienne reste plafonnée à 19 euros. Une limite que certains utilisateurs jugent trop basse suivant leur lieu de travail.

L'avantage majeur réside dans la possibilité de faire opposition en cas de perte ou de vol. Si sa carte disparaît, le détenteur peut la bloquer et en réclamer une nouvelle. Au moment de son utilisation, il faut également composer un code secret. 

Moins de souplesse

L'aspect moins positif de la dématérialisation pour l'utilisateur, c'est qu'il ne pourra plus se servir de son ticket resto le dimanche et les jours fériés. A moins de travailler ces jours là, une fonction automatique de blocage du paiement sera mise en place.

Terminés aussi les chèques déjeuners donnés aux enfants, au conjoint ou à n'importe qui d'autre. La carte sera nominative. Régler une partie de ses courses devient également impossible, excepté pour les plats cuisinés, les produits laitiers ou les fruits et légumes.

Une procédure simplifiée pour les entreprises

Du côté des entreprises, la démarche administrative devient plus rapide. La société n'aura plus à distribuer les carnets à chacun de ses salariés ou à faire le compte des jours dus. Toutes les cartes seront créditées en 48H.

Les restaurateurs devraient également recevoir les paiements plus rapidement. Le délai est censé passer de cinq semaines à quelques jours. Pourtant, certains membres de la profession ont déjà annoncé leurs réticences. En cause, les taux de commission, qui ne leur seraient pas profitables.

Les organisations SNARR, SNRTC et SNRPO estiment au contraire qu'ils seront "quatre fois supérieurs aux taux de circuit de remboursement lent des titres papiers et avoisinent dix fois les taux pratiqués pour les cartes bancaires". Bien que les trois syndicats soient favorables à la carte à puce, ils appellent leurs adhérents à ne pas signer de contrat avec les organismes émetteurs tant que des tarifs "acceptables" n'auront pas été établis.

Une évolution en douceur

Si la version numérique est lancée ce mercredi, sa généralisation devrait prendre cinq à sept ans. Une première période de cohabitation entre le papier et la puce va avoir lieu. D'abord parce que salarié comme employeur ont encore le choix d'utiliser l'ancien procédé. Ensuite parce que le nouveau système n'est pas à l'abri de problèmes techniques.



>> Argent sale, mode d'emploi : la bonne recette des tickets-restaurants

 

 

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Commentaires
a écrit le 03/04/2014 à 10:02 :
Que la réglementation détermine le montant maxi autorisé en titre restaurant, c'est normal... mais pourquoi l'état veut -il tout surveiller, tout contrôler, y compris ce que je mange, où je mange, si j'invite quelqu'un à manger, si je préfère aller au resto le week-end avec mes enfants plutôt que la semaine tout seul !!??? Qu'on nous lâche les baskets !! DE ca AUSSI, les français en ont marre !!! Qu'on nous donne nos titres restaurant, dématérialisés ou non, et Basta !! Ces politiques qui veulent tout régenter me sortent par les yeux !!!
a écrit le 02/04/2014 à 23:38 :
En effet, le paiement électronique est l'ennemi de tous les fraudeurs. Il faut rappeler que le titre de restauration est un avantage en nature offert par l'employeur et non une obligation. Si cet avantage ne vous convient pas, vous pouvez refuser d'en disposer ce qui vous obligera de financer intégralement votre repas cependant votre employeur a pour obligation de mettre à disposition un local pour les repas. Le problème de perception du titre de restauration par les salariés est que les employeurs les mettent en avant sous forme d'une prime alors c'est un rémunération en nature contraignante pour les bas salaires. Inutile de regarder de travers votre patron car s'il disposait d'une défiscalisation comparable pour vous octroyer une prime, il profiterait probablement de cette niche fiscale au même titre que des titres de restauration. Il y a une question particulièrement intéressante à se poser: à qui profite le "crime" (du titre de restauration)?
Réponse de le 03/04/2014 à 9:45 :
Evidemment le "crime" profite au patronnat... réduction de charges sociales sur la part financée du ticket resto... et en plus de ça ils l'intègrent toujours dans le montant de la rémunération histoire de faire "baisser" les charges... l'employé se retrouve avec une (très petite) fraction de sa rémunération illiquide.
Réponse de le 03/04/2014 à 9:56 :
@Toto : Savez-vous que salarié a toujours le droit de renoncer à l'avantage du titre restaurant (parce que contrairement à votre affirmation, c'est un avantage !!) .. JE vous met au défi de proposer dans votre entreprise que les tickets resto soient supprimés !! Vous me direz si c'est le patron ou si ce sont les salariés qui vous seront tombés dessus !!!?
a écrit le 02/04/2014 à 22:07 :
Heureux detenteurs de ticket resto qui ne pourront plus payer leur boucher ou charcutier ! Malheureux petits commerçants qui acceptaient ces chèques pour attirer la clientèle....Les restorateurs vont se frotter les mains mais seulement en semaine car fini d'accepter les paiements le samedi soir ou le dimanche ....on ne peut pas gagne sur toute la ligne vive la carte à puce et vive le développement de la carte à puce ou télépaiement qui luttent contre la fraude
Réponse de le 03/04/2014 à 10:08 :
Le problème avec ces "politiques" qui veulent TOUT régenter, c'est qu'on ne peut même pas, une fois nos titres restaurant gagnés, décider soi-même où et quand on préfère les utiliser !! En quoi est-ce un crime de préférer le resto conviviale du w-end plutôt que le plat du jour de la semaine ??.. on en vient à considérer que c'est une fraude que d'économiser la semaine pour se faire plaisir le w-end !!!
a écrit le 02/04/2014 à 20:51 :
tres mauvaise solution que cette carte a puce.
Je demande la resiliation des tickets resto à mon employeur au plus vite car le peu d'avantage que l'on avait avec la version papier disparait totalement avec la carte a puce.
Réponse de le 03/04/2014 à 9:54 :
Oui, je suis d'accord car à la fin de l'année c'est des dizaines d'Euro qui vont s'envoler?
a écrit le 02/04/2014 à 19:10 :
Vu les prix exorbitants appliqués dans la restauration, j'ai toujours trouvé ça comme du gaspillage et j'ai toujours utilisé mes tickets resto pour mes courses.
A présent si ça va devenir compliqué, je préfèrais que mon patron me donne directement l'argent plutot qu'un "avantage" sous forme de ticket resto... c'est possible?
Réponse de le 03/04/2014 à 10:16 :
Vous avez le droit de renoncer à cet avantage. Dès lors, votre paie va mécaniquement augmenter de la part salariale des titres restaurant. Par contre, la part patronale ne pourra pas être rajoutée à votre paie, puisque d'une part votre titre resto est net de charge alors que, de votre paie il faut compter des charges salariales et patronales. D'autre part, à moins de supprimer pour tous les titres resto, vous conservez le droit de revenir en arrière et demander à bénéficier des titres resto à nouveau : votre employeur ne va probablement pas vous payer l'équivalent des titres restaurant pour qu'ensuite vous lui demandiez de vous les donner en plus !!!
a écrit le 02/04/2014 à 18:36 :
C'est pour la taxe aux comptes courants? On entend dire que les comptes seraient saisis... comme les livrets A ou les assurances-vie!
a écrit le 02/04/2014 à 18:06 :
Un salarié pourra t il choisir de rester au papier? Le manque de souplesse de cette nouvelle carte me semble rédhibitoire vu que j'utilisais essentiellement ces titres pour les sorties dominicales au restaurant. Je demanderai à renoncer à ces chèques restaurant....
Réponse de le 03/04/2014 à 10:18 :
Non, c'est l'employeur qui décide en la matière: perso, je maintiendrai la version papier jusqu'au bout pour mes salariés ...mais ca, c'est MON choix !!
a écrit le 02/04/2014 à 18:05 :
Très mauvais plan pour les salariés ce ticket resto dématérialisé, aucun avantage, que des inconvénients !!

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