L’Agence pour la création d’entreprise a-t-elle trouvé des repreneurs ?

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Pour continuer à exister, l'APCE doit réviser son modèle économique
Pour continuer à exister, l'APCE doit réviser son modèle économique (Crédits : APCE)
En grandes difficultés financières depuis le retrait partiel de l’État fin 2013, l’APCE pourrait être placée sous la tutelle des réseaux consulaires et de l’Ordre des experts comptables. Un conseil d’administration se réunira le 29 avril.

Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie a beau tenir des propos rassurants, l'inquiétude des 42 salariés de l'agence pour la création d'entreprise (APCE) est de plus en plus forte.

En grande difficultés financières depuis le retrait de l'Etat fin 2013, son principal bailleur de fonds, l'Agence doit sa survie à l'aide de 1,2 million d'euros accordée fin décembre par… l'Etat. Mais cette aumône est insuffisante pour permettre à l'APCE d'accomplir ses missions de services publics comme l'aide à la création d'entreprise et la formation des conseillers que les chefs d'entreprises consultent dans les réseaux consulaires (chambres de métiers, chambre de commerce..). Le budget annuel de l'APCE, qui forme également les conseillers des réseaux consulaires, s'est élevé à 5,4 millions d'euros en 2013, dont 60% étaient apportés par l'Etat, le reste provenant de ressources propres.

Dans le collimateur de la Cour des comptes

Créée en 1979 à l'initiative des pouvoirs publics avant de prendre le nom d'APCE en 1996, cette structure intervient dans le processus d'aide à la création, à la transmission et au développement des entreprises. Son efficacité, mais également celle des autres organismes de soutien à la création d'entreprises, avait été directement mis en cause par le rapport de la Cour des comptes dévoilé en février 2013 à la demande du Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques (CEC) de l'Assemblée nationale. Les Sages de la rue Cambon avaient constaté et vertement critiqué les dispositifs d'aides, qualifiés de "millefeuille illisible". Après avoir envisagé de fusionner l'APCE avec les Chambres de commerce et d'industrie (CCI) ou avec Bpifrance, le gouvernement a finalement décidé, conformément aux préconisations du rapport Restino-Bert remis à Fleur Pellerin en janvier, de sauver l'agence.

Compte tenu du dynamisme de la création d'entreprises, qui fournit un échappatoire pour les demandeurs d'emplois - 60% des créateurs d'entreprises sont des chômeurs -, il aurait été malvenu de rayer de la carte une "marque" dont le site Internet a battu des records d'audience en 2013, affichant 9.831.500 visiteurs uniques (+ 560.000 par rapport à 2012), 37 millions de pages vues et 285.000 abonnés à ses newsletters.

Les réseaux consulaires et les experts-comptables à la rescousse

Selon nos informations, ce sont les réseaux qui viendront à la rescousse à la demande de l'exécutif, exécutif qui ne souhaite pas se désengager totalement mais simplement devenir un actionnaire minoritaire de l'agence. Les réseaux consulaires ne seraient pas les seuls à prendre l'APCE sous leur tutelle. L'Ordre des experts-comptables est également présent dans le tour de table. Le Medef n'en fera pas partie. "Nous sommes de grands supporters de l'APCE mais nous n'avons pas vocation à y investir de l'argent", a indiqué le 15 avril Pierre Gattaz, son président lors de sa conférence de presse mensuelle.

Le changement de tutelle devrait être annoncé lors du prochain conseil d'administration qui se réunira le 29 avril. Le successeur de Frédérique Clavel, nommée en novembre 2012 par Fleur Pellerin alors ministre de PME, devrait être bientôt connu. "De nombreux candidats sont déjà sur les rangs", indique une source proche du dossier.

La tâche du prochain président sera pourtant ardue, les "repreneurs" n'ayant en effet pas l'intention de se substituer à l'euro près à l'Etat. Ce changement de tutelle devrait donc s'accompagner de réformes structurelles pour assurer la rentabilité de l'agence via le développement de ressources nouvelles. Certains services, certaines prestations de conseil jusqu'ici gratuits devraient devenir payants. La nouvelle APCE pourrait également développer des formations sur-mesure, des évènements sur le thème de l'entrepreneuriat. Des applications mobiles payantes pourraient également être développées.

Par ailleurs, l'APCE devra donc revoir ses ambitions à la baisse.

Un déménagement en vue

Autrement dit, plusieurs postes pourraient malheureusement être supprimés. L'agence emploie actuellement 42 personnes. Située au 14 rue Delambre dans le XIVème arrondissement parisien, l'agence devrait déménager pour des locaux moins coûteux.

"L'APCE nouvelle version aura pour ambition de devenir le guichet unique des réseaux consulaires et des experts-comptables dans le domaine de la création, la reprise et la transmission d'entreprises. Jusqu'à présent, tous ces organismes proposaient ce type de prestations, seuls dans leur coin. Cette mutualisation des efforts apportera un peu de clarté et de cohérence pour tout ceux qui veulent se lancer dans l'aventure entrepreneuriale ", estime une autre source.

 

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Commentaires
a écrit le 18/04/2014 à 10:09 :
On ne compte plus les cabinets, missions, organismes etc etc....dont on ne comprend plus le pourquoi du comment...la seule chose que l on comprend...des gens surpayés et plutot copains avec les politiques...une usine à gaz dont il sort presque rien pour un cout supporte par le contribuable indecent
a écrit le 18/04/2014 à 0:18 :
Malgré la qualité du travail de l'Apce, il semble nécessaire de se poser la question de la rentabilité des actions menées en cette période de rationalisation des dépenses : un budget annuel astronomique de 5 400 000€ pour seulement 42 salariés. Une bonne moitié de ses équipes semble être dépassée depuis une bonne décennie par tout ce qui se passe en entrepreneuriat, des salariés très grassement payés et sur 16 mois... La belle endormie entretient un petit nombre de privilégiés et ses amis depuis peut être un peu trop longtemps sur le dos du contribuable?

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