Pacte de stabilité : après la fronde, l'heure est à l'adoption du plan d'économies

Après deux semaines de confrontation inédite avec sa majorité, le gouvernement devrait réussir à faire adopter mardi par les députés son plan de 50 milliards d'économies, indispensable à ses yeux pour la crédibilité française en Europe.
Trois semaines après l'investiture du gouvernement Valls, où déjà onze députés PS (sur 291) s'étaient abstenus, l'exercice s'apparente à un nouveau vote de confiance sur la politique de l'offre annoncée en janvier par François Hollande et sur laquelle il joue la fin de son quinquennat, plombé par l'absence de résultats sur la croissance et l'emploi. (Photo : Reuters)
Trois semaines après l'investiture du gouvernement Valls, où déjà onze députés PS (sur 291) s'étaient abstenus, l'exercice s'apparente à un nouveau vote de confiance sur la politique de l'offre annoncée en janvier par François Hollande et sur laquelle il joue la fin de son quinquennat, plombé par l'absence de résultats sur la croissance et l'emploi. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)

C'est un vote consultatif, mais à haute portée symbolique.Les députés sont appelés ce mardi à un vote sur le "programme de stabilité" qui soumet à l'avis de la Commission européenne la politique de la France jusque 2017. A savoir, la mise en œuvre du "pacte de responsabilité et de solidarité" (40 milliards d'allégements sociaux et fiscaux pour les entreprises, 5 milliards pour les ménages) assortie d'économies sans précédent, d'un total de 50 milliards, pour réduire le déficit public à 3% du PIB en 2015 (contre 4,3% en 2013), comme promis aux Européens.

Trois semaines après l'investiture du gouvernement Valls, où déjà onze députés PS (sur 291) s'étaient abstenus, l'exercice s'apparente à un nouveau vote de confiance sur la politique de l'offre annoncée en janvier par François Hollande et sur laquelle il joue la fin de son quinquennat, plombé par l'absence de résultats sur la croissance et l'emploi.

"Un moment de vérité"

C'est "un moment de vérité", un "vote tout sauf indicatif", a d'ailleurs écrit lundi le Premier ministre aux parlementaires de sa majorité dont nombre d'entre eux menaçaient jusque ce week-end de s'abstenir.

Traumatisés par la déroute des municipales, ces derniers s'inquiètent de l'impact de la réduction des dépenses publiques sur la reprise de la croissance et protestent particulièrement contre le gel des prestations sociales jusqu'en octobre 2015 et celui du point d'indice des fonctionnaires jusqu'en 2017.

Manuel Valls a entendu les critiques

Des critiques en partie entendues par Manuel Valls qui, sans remettre en cause le volume d'économies, a accepté d'épargner les retraites inférieures à 1.200 euros et de réexaminer chaque année la situation des fonctionnaires en fonction de la croissance.

Autre demande des socialistes, le "plan pauvreté", qui prévoit une hausse du RSA, sera bien appliqué au 1er septembre, et non décalé d'un an, et Manuel Valls a confirmé "une mesure fiscale de soutien aux ménages" dont les "modalités" seront élaborées "dans les prochains jours".

Enfin, Manuel Valls souligne que ces économies "doivent donc être accompagnées par une politique monétaire plus active et une politique de change plus réaliste au niveau européen", ce qui sera "la démarche du chef de l'Etat dans les négociations qui suivront le renouvellement du Parlement européen".

L'abstentionnisme

Ces annonces devraient calmer nombre des frondeurs, notamment des "quadras" du cœur de la majorité qui depuis deux ans n'avaient pas fait défaut au gouvernement où certains auraient pu rentrer lors du remaniement.

"Notre demande de justice sociale a été entendue", s'est félicité le député de Saône-et-Loire Thomas Thévenoud, auprès de l'AFP. Ainsi, lundi soir, le bureau national du PS a adopté une résolution de soutien au programme de stabilité.

Reste, en dépit de ces concessions et des rappels à l'ordre, une vingtaine de députés qui pourraient tout de même s'abstenir: membres de l'aile gauche, chevènementistes ou proches de Martine Aubry comme Christian Paul qui demandaient un volume d'économies réduit à 35 milliards au lieu de 50.

Malgré les abstentionnistes annoncés dans les rangs PS, le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, s'est dit lundi "confiant dans la majorité et dans la nature de la majorité", de gauche, que le gouvernement obtiendra.

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Commentaires 20
à écrit le 30/04/2014 à 10:03
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Ils a promis à ces copains députés PS une grande fiesta, devinez le menu une paella ou un couscous. Il a oublié qu'en France on mange du cassoulet.

à écrit le 29/04/2014 à 17:27
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Le royaume uni a fait sa cure d'austerite et aujourd'hui ils ont une croissance. Ce n'est pas grace a la livre sterling qui est au plus haut.

à écrit le 29/04/2014 à 11:19
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Je sens que je vais me régaler si je suis malade et que je vais consulter un praticien du secteur public. A défaut d'être totalement remboursé, je pourrais jouer les psy auprès du toubib.

à écrit le 29/04/2014 à 9:51
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Pacte socialo/socialiste.. mais c'est très grave ,Valls ose déclaré...sans rire...! que les entreprises qui bénéficierons d'allègement d'impôts et charges (après avoir subit pendant 2 ans le matraquage fiscal) ,ne pourront pas rémunérer .... avec l...

à écrit le 29/04/2014 à 8:33
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VLAN !!!!!!!!! les 50 M D'économies ne sont deja plus là ; et les elus n'ont toujours pas montre l'exemple

à écrit le 29/04/2014 à 8:27
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Pas besoin d'être voyant pour comprendre que ce sera bientôt l'implosion du PS et de l'UMP qui se profile à l'horizon, et au profit de qui ? Devinez!

le 29/04/2014 à 11:24
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je vais peutêtre faire monter la tension, mais...et si l'amélioration, le mieux, venait en fait du FN? le GROS MENAGE, ça ferait le plus grand bien, DEJA !

le 29/04/2014 à 12:09
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Ceux qui comptent sur le FN comme parti providentiel sont du même tonneau que ceux qui croyaient qu'en votant Hollande le pays se transformerait sans effort. On a de gros changements structurels à opérer, ce qu'on paye aujourd'hui c'est de ne pas les...

le 29/04/2014 à 18:31
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Apres la deroute des municipales , preparez vous cela va tanguer !!! le prochain stunamis est pour les elections europeennes ... au revoir les copains d'abords UMP et PS qui votent tous les textes de la commission europeene comme des petits soldats...

le 29/04/2014 à 20:59
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"...mais bientôt c'est fini"...Pourvu qu'on nous resserve pas le couvert comme pour le référendum de 2005, Lisbonne! il n'avait pas satisfait Sarkozy, et ses partisans du coup le NON bien défini, s'était transformé en OUI......Méfiance !!!

le 30/04/2014 à 10:01
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Vous voyez je préfère rêver plutôt que d'être naïf. Alors je vote FN, je risque quoi. Alors baissez les bras ce doit être une spécialité chez vous.

à écrit le 29/04/2014 à 8:23
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L'énergie permet de remplacer le travail en assurant des gains de productivité; l'énergie doit être associer au travail pour financer les charges sociales à la place du travail que l'énergie permet de remplacer. Que faut-il faire pour que cette idée ...

le 29/04/2014 à 8:51
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Entre la TIPP et les taxes sur l'électricité on a déja un bon niveau de taxes. Mais l'idée a du sens. Idem pour les robots, ils devraient aquitter une forme de CSG.

à écrit le 29/04/2014 à 8:19
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Y aura-t-il un seul député pour évoquer l'idée que la solution pourrait être de penser au role de l'énergie dans le développement économique!

à écrit le 29/04/2014 à 7:53
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Moi non plus.

à écrit le 29/04/2014 à 7:39
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Après les gesticulations politiciennes, l'honneur est sauf ! pitoyable ces députés socialistes. De toute façon, il feront comme notre président, après avoir cru à une 3 eme voie....ils se sont rendus compte que l'échappatoire n'était pas de mise. L'...

le 29/04/2014 à 8:18
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... c'est une couche supplémentaire du mille feuille administratif...

le 29/04/2014 à 8:19
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Vous avez cent fois raison , pas de troisième voie , il faut rapidement emprunter la 2°.

le 30/04/2014 à 10:04
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La soupe est bonne vivement les élections européennes.

à écrit le 29/04/2014 à 7:30
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Pour une fois que la gauche a le courage de prendre des mesures impopulaires mais necessaire. C'est toujours la droite qui se tape ces mesures, (CPE, retraite a 62 ans, augmentation des impots pour passer les criteres de maastrich, deremboursement de...

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