Budget rectificatif 2014 : les "frondeurs" socialistes ne désarment pas

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l'examen du budget rectificatif va donner lieu à une bataille entre le gouvernement et une partie... du PS
l'examen du budget rectificatif va donner lieu à une bataille entre le gouvernement et une partie... du PS (Crédits : reuters.com)
L'Assemblée nationale débute ce lundi 23 juin l'examen du budget rectificatif 2014. Des députés socialistes "frondeurs" ont déposé une quinzaine d'amendements contre la volonté du groupe PS pour atténuer le choc des 50 milliards d'euros d'économies.

Les députés UMP vont sans doute boire du petit lait cet après-midi à l'Assemblée nationale! Il vont en effet assister à un spectacle un peu étonnant à l'occasion des débuts de l'examen de projet de loi de finances rectificatif 2014 présenté par le Premier ministre Manuel Valls... et contesté par quelques dizaines de députés socialistes, dénommés les "frondeurs", qui ont déposé une quinzaine d'amendements sans l'aval officiel du groupe PS. Les députés socialistes contestataires ont été renforcés dans leur combat par le rapport publié ce week-end par la rapporteuse générale du Budget, la députée PS Valérie Rabault qui estime que le plan d'économies de 50 milliards d'euros sur trois ans pourrait avoir "un impact négatif sur la croissance et entraîner la suppression de 250.000 emplois".

Une quinzaine d'amendements déposés par les "frondeurs"

Les jeunes socialistes du MJS ont aussi décidé de "soutenir les amendements" déposés par les parlementaires PS "frondeurs", estimant qu'ils "concilient efficacité et justice sociale" et qu'ils vont "dans le sens des engagements pris par les socialistes en 2012".

Sur le fond, ces amendements tentent, d'une part, de limiter la sévérité du plan d'économies et, d'autre part, de présenter des mesures alternatives. Les amendements suggèrent ainsi par exemple de financer de nouveaux emplois aidés, de réduire l'impôt des sociétés recourant aux contrats d'apprentissage ou encore de pérenniser au-delà de 2016 la contribution exceptionnelle à l'impôt sur les sociétés. Ils proposent aussi d'aménager le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), afin par de mieux le flécher vers les investissements dans les infrastructures de transports ou d'asseoir ce crédit d'impôt sur les dépenses.

Zizanie au sein du groupe PS

Résultat, c'est assez la zizanie au sein du groupe PS à l'Assemblée nationale. Bruno, Le Roux, président du groupe et député de Seine-Saint-Denis, a opposé sur LCI-Radio Classique  ces "quelques parlementaires aux 250 députés du groupe qui eux, assument avec courage la politique et la discutent avec le gouvernement, et ensuite veulent montrer de la solidarité". Et d'ajouter assez durement:

"Je n'accepte pas qu'il y ait une petite partie de députés qui décident de s'exonérer de toutes nos règles de fonctionnement", a poursuivi Bruno Le Roux. "Pendant ce temps-là, on ne regarde pas la réalité de l'action que nous menons, mais le débat que nous générons en notre propre sein". C'est quelquefois des postures. Je connais beaucoup de ces députés qui, si on proposait une responsabilité, deviendraient en quelques minutes les champions de l'orthodoxie la plus forte".

Ça va tanguer donc, même si, in fine, les récalcitrants socialistes n'iront pas jusqu'à voter "contre" le projet de loi. Au pire, il s'abstiendront. Et le même scénario pourrait se reproduire la semaine prochaine  à l'occasion, cette fois, de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale rectificatif où les fondeurs du PS comptent bien atténuer la décision gouvernementale de geler la revalorisation des pensions jusqu'à l'automne 2015. 

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Commentaires
a écrit le 24/06/2014 à 11:59 :
Tous des charlots, et parasites en plus... Trop bonnes, les places de députés et d'élus nationaux... Faut que ça change...
a écrit le 23/06/2014 à 20:37 :
L'objectif primordial est de promouvoir une réforme fiscale à niveau constant. Lisez les documents de Coe-Rexecode sur la réforme fiscale; c'est proche de la solution.
a écrit le 23/06/2014 à 18:02 :
Ils râlent parce qu’ils savent très bien qu’à ce rythme, ils risquent fort de se retrouver derrière EELV, le front de Gauche le NPA voir, Lutte ouvrière lors des prochaines élections.
Néanmoins, s’ils votent le budget rectificatif, alors, effectivement, leur électeurs peuvent (et devrons ?) se faire entendre… à n’importe quel prix !
a écrit le 23/06/2014 à 15:27 :
Ils râlent pour amuser la galerie et faire croire aux électeurs qu'ils travaillent et ne sont pas des godillots, mais ils voteront oui, c'est évident! La place est trop bonne !!

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