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ÉconomieFrance

Fillon, Juppé, Sarkozy, demandez le programme!

Photo de Jean-Christophe Chanut

Jean-Christophe Chanut

Publié le 25 septembre 2014 à 04:56 - Mis à jour le 25 septembre 2014 à 05:23

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Nicolas Sarkozy cherche à se dégager la voie vers la présidentielle de 2017. Ses principaux rivaux, Alain Juppé et François Fillon, ne se laissent pas impressionner. Ils comptent sur leurs programmes, notamment économiques, là où l'ancien chef de l'Etat ne table, pour l'instant, que sur son image.

L'opération rouleau compresseur de Nicolas Sarkozy a démarré. Objectif : saturer le champ médiatique avec des entretiens dimanche 21 septembre dans le « JDD » et au « 20 heures » de France 2, en attendant un premier meeting, jeudi 25 septembre à Lambersart, dans la banlieue de Lille. Et ce n'est pas fini. La stratégie de Nicolas Sarkozy est claire. Non seulement il veut être élu haut la main à la présidence de l'UMP lors du congrès du 29 novembre prochain. Mais, surtout, il cherche à totalement déblayer la route qui le mènera vers l'élection présidentielle de 2017.

Sarkozy veut éviter une primaire à droite

Nicolas Sarkozy veut ainsi à tout prix éviter l'obstacle de la primaire à droite prévue pour 2016 et inscrite à l'article 34 des statuts de l'UMP. Et ce d'autant plus qu'il s'agit d'une « primaire ouverte » sur le même mode que celle organisée en 2011 par les socialistes. Ce qui signifie que tous les sympathisants de la droite et du centre pourraient voter et pas seulement les seuls adhérents de l'UMP nettement plus favorables à l'ancien président. Nicolas Sarkozy sent le danger que présenterait alors la candidature d'Alain Juppé qui à la préférence des centristes. En mettant la main sur l'UMP il caresse donc l'idée, il ne s'en est pas caché, de modifier les statuts de l'UMP.


Quel programme économique?

En revanche,  tout à sa tactique de reconquête de son parti, l'ex-chef de l'État se montre peu disert sur son programme économique. Ce n'est pas encore le moment. Pour autant, Nicolas Sarkozy devra bien sortir du bois pour faire entendre sa différence face aux deux principaux rivaux de son camp, Alain Juppé et François Fillon, dans la perspective de 2017. Les deux anciens Premiers ministres sont en effet décidés à tenter leur chance, Alain Juppé l'a encore rappelé ce week-end. Ils n'entendent absolument pas s'en laisser compter par l'ancien chef de l'État. Pas question d'aligner leur rythme sur le sien et ils préfèrent laisser passer le vacarme médiatique qui accompagne le « retour » de Nicolas Sarkozy. De fait, les deux hommes travaillent et affinent leurs idées. On commence à les connaître - surtout s'agissant de François Fillon - alors que l'on ne sait quasi rien de celles de Nicolas Sarkozy, à part quelques généralités.

Sur son blog, ce week-end, Alain Juppé a livré quelques pistes. Il veut bâtir une « nouvelle croissance, condition de tout recul durable du chômage et d'une réduction solide de nos déficits." Pour lui, une « nouvelle » croissance se définit par le besoin d'être plus respectueux « des équilibres de l'environnement qui nous entoure ». Nouvelle aussi « parce que nourrie des innovations du progrès scientifique et technique, notamment numériques ». Bref, Alain Juppé cherche à montrer qu'il vit avec son temps.

Un grand gisement d'emplois

Surtout, il ne faut pas oublier qu'il fut en 2009 le co-auteur avec Michel Rocard du rapport sur les investissement d'avenir qui exprimait un grand intérêt pour la recherche et l'investissement dans les entreprises numériques et tournées vers la transition écologique. Là résiderait un grand gisement d'emplois.
Le deuxième axe du programme d'Alain Juppé, c'est la réforme de l'éducation nationale avec l'octroi aux « acteurs de terrain », notamment le chef d'établissement, de davantage de responsabilités. Il souhaite aussi revenir sur la « philosophie » du collège unique, via une « personnalisation des parcours des élèves ».
S'agissant de l'Europe, le maire de Bordeaux plaide pour un système à deux vitesses : une Europe de la zone euro, d'abord, où il s'agirait que la politique européenne menée soit « concentrée sur l'essentiel c'est-à-dire l'accompagnement de la croissance de nos économies ». Pour les pays de l'Union hors zone euro, Alain Juppé prône des mécanismes « plus souples pour ceux qui veulent avancer moins vite ».

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Le "choc" souhaité par François Fillon

C'est François Fillon qui, pour l'instant, a été le plus loin dans ses intentions sur les questions économiques. En juin dernier, il a proposé tout un train de mesures d'obédience libérale destinées à provoquer un « choc global ». L'ex-Premier ministre se promet de mettre fin aux 35 heures et à toute référence à une durée légale du travail. Aux entreprises de négocier. Il veut aussi élargir la notion de licenciement économique.

Mais, surtout, il promet de diminuer l'IS, de supprimer l'ISF - quitte éventuellement à ajuster la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu - et de réduire de 15 milliards d'euros « les taxes diverses pesant sur les entreprises ». Plus fort encore, pour financer une réduction des prélèvements qui atteindrait un total de 50 milliards d'euros, l'actuel député de Paris se fait fort d'augmenter la TVA de 3 points et de réduire les dépenses publiques « de plus de 20 milliards d'euros pendant trois ans, puis de 15 à 20 milliards les année suivantes »...Du lourd !


Reste donc Nicolas Sarkozy. On ne sait pas encore grand-chose. L'ancien président à cependant fait référence lors de son entretien sur France 2 à son fameux discours de Toulon de décembre 2011. Il semble en faire sa sa base programmatique. Un discours où l'ex-chef d'État exprimait sa défiance face « aux corps intermédiaires », notamment les syndicats. Il se proposait de passer par un référendum lorsque une réforme rencontre une opposition trop forte de la part de ces fameux corps. C'est également à Toulon qu'il jugeait nécessaire de renforcer les sanctions européennes à l'encontre des pays ne respectant pas leurs engagements. Il y déclarait aussi vouloir davantage de décisions européenne prises à la majorité qualifiée... Et avantage de convergences entre la France et l'Allemagne.

Sarkozy fait référence a son discours de Toulon

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On peut déduire de cette référence au discours de Toulon que Nicolas Sarkozy va perdurer dans cette voie. Le rapprochement souhaité avec L'Allemagne imposera des réformes structurelles - notamment celle du droit du travail - et une lutte renforcée contre les déficits publics, via des coupes drastiques dans les dépenses comme le suggère déjà François Fillon. Enfin, pour aider les entreprises à retrouver de la compétitivité, Nicolas Sarkozy devrait reprendre son idée d'augmenter la TVA, comme il s'apprêtait à le faire s'il avait été réélu en 2012. Une augmentation de 1,6 point était en effet prévue pour octobre 2012.
Au final, sur le terrain économique, il n'est pas réellement certain que les différences programmatiques entre les trois ténors de l'UMP soient fondamentales. C'est davantage dans la façon de les porter que la différence se fera. A la Hussarde, sabre au clair, avec Nicolas Sarkozy ; d'une manière plus pondérée avec Alain Juppé ; sur un mode fataliste avec François Fillon.

Jean-Christophe Chanut

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