45% de l'épargne investie hors de France... faut-il réformer le PEA-PME ?

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Selon une étude, 45% des montants placés sur des PEA PME financent des entreprises européennes
Selon une étude, 45% des montants placés sur des PEA PME financent des entreprises européennes
Ce dispositif devait faciliter le financement des PME par l'épargne des Français. Pour l'instant, le succès est loin d'être au rendez-vous. D'une part, la collecte est faible. D'autre part, les entreprises françaises sont loin d'en être les principales bénéficiaires.

Un flop ? En décidant de flécher une partie de l'épargne des ménages vers les PME, Pierre Moscovici, l'ancien ministre de l'Economie, pensait avoir trouvé LA solution pour augmenter les fonds propres des entreprises et fluidifier le financement des entreprises.

Or, le retard à l'allumage de cet outil, qui permet d'investir 75.000 euros maximum dans des actions de PME et d'ETI (jusqu'à 5.000 salariés, 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires ou 2 milliards de total de bilan) ou dans des fonds communs de placement, à condition qu'eux-mêmes soient investis au minimum à 75 % dans des PME et ETI, est indéniable.

" Le PEA PME est trop complexe et trop étroit pour avoir un véritable effet sur le financement de nos entreprises. Il est urgent de le réformer ", a déclaré Grégoire Sentilhes, le président de Citizen Entrepreneurs, du G20 EA et de Nextstage lors de la 7ème conférence annuelle des entrepreneurs organisée ce lundi à Bercy.

Une collecte très faible

Certes, l'objectif de 80.000 comptes ouverts a été atteint mais les sommes déposés sont plus faibles qu'attendues. Depuis le décret du 4 mars 2014 qui a officialisé le lancement du dispositif, la collecte nette sur les fonds éligibles au PEA-PME ne s'élève qu'à 210 millions d'euros selon le courtier Arkeon Finance. Pour mémoire, Bercy visait une collecte de 750 millions d'euros à 1,5 milliard d'euros dès la première année. Un calcul rapide permet donc d'estimer à moins de 3.000 euros le placement moyen sur ce compte-titre, très loin du plafond fixé à 75.000 euros.

La difficulté de Bercy à élaborer ce dispositif peut l'expliquer en partie. Le flou sur l'éligibilité des entreprises a probablement entretenu le doute. Pourtant, sa création n'avait-elle pas été annoncée le 29 avril 2013 par François Hollande, le président de la République ?

Quand les Bourses sont en berne

Le repli des marchés boursiers explique également le peu d'allant des épargnants. Depuis le mois de mars, le CAC PME, l'indice des quarante valeurs éligibles au PEA-PME a cédé plus de 12,% soit 5 points de plus que le CAC 40. Selon Arkeon Finance, les fonds PEA-PME ont dégagé une performance moyenne de -9,8% sur la période et de -4,2% pour les fonds les plus performants. Dans ce contexte, attirer les investisseurs sur le segment PME relève de l'exploit, d'autant plus que les analystes ne se précipitent pas pour suivre les titres éligibles.

Or, toutes les PME n'ont pas la volonté, ou les moyens financiers de s'introduire en Bourse. En moyenne, une introduction en Bourse coûte entre 5 et 10 % du montant levé et environ 80.000 euros par an pour satisfaire aux contraintes comptables et d'information financière.

Les entreprises européennes peuvent remercier Bercy

Autre défaut majeur, les sommes placées ne profitent pas seulement aux PME françaises. Selon une étude réalisée cet été par Arkeon Finance, près de 45 % des capitaux collectés par les Sicav ont en réalité été investis hors de l'Hexagone. Environ 4.000 sociétés cotées sont éligibles au PEA PME, dont 500 environ en France, 700 en Allemagne et un millier en Grande-Bretagne.

Alors que le gouvernement espérait une démonstration de patriotisme des gérants français, ceux-ci se sont montrés pragmatiques, déterminés à offrir les rendements les plus rentables à leurs clients.

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Commentaires
a écrit le 18/11/2014 à 7:18 :
Qu'ils montrent l'exemple !
a écrit le 18/11/2014 à 5:28 :
La fiscalité des dividendes a beaucoup augmenté, alors pourquoi prendre des risques surtout en période d'instabilité fiscale.
a écrit le 17/11/2014 à 15:00 :
Boursier est mal,très mal vu,car c'est pour la CGT un bourgeois ventripotent ,fumant cigare,faisant suer le burnous,bref l'image du 19 eme siecle,qui subsiste,même si M,
Le paon ex moulinex vit dans le somptueux!!!
de plus pour ce PEA PME,foutaise car les taxes gouvernement font fuir,mieux font s"externaliser.
Alors oui,il faut fermer ce dossier et passer à un produit plus adapté.
C'est bientôt le salon actionnariat alors parlons-en.
a écrit le 17/11/2014 à 14:56 :
Il ne peut y avoir financement des entreprises que s 'il y a nouvelles émissions d'actions par définition. Sinon, ce n'est que de la spéculation entre porteurs d'actions émises.
a écrit le 17/11/2014 à 14:01 :
quelle blague!
pour memo, on avait pronostique ce resultat avant que ce soit mis en oeuvre !!!!!!!!!!!!
( d'ailleurs les politiciens sont finalement moins idiots que prevu, car ils voulaient forcer les contrats AV de plus de 500 000 a etre investis en actions, mais quelqu'un leur a dit que si les 1% des gens retiraient les 26% d'encours, la france n'arrivait plus a se financer!!!!!)
a écrit le 17/11/2014 à 13:48 :
J'avais investi dans let's gowex recommandé par de nombreux experts,bilan des courses
j'ai tout perdu comme des milliers de petits porteurs!
a écrit le 17/11/2014 à 13:03 :
Aucun de ces socialistes au pouvoir ne mise personnellement un centime dans les entreprises. La vérité, c'est que devenir actionnaire en France c'est être pris pour un exploiteur punissable selon la doctrine dominante. Une seule chose à faire: investir ailleurs et partir. Le message socialiste est: investissez, prenez tous les risques, soyez méprisé et si vous réussissez, payez pour vous faire tolérer. Ce pays est foutu.
Réponse de le 17/11/2014 à 13:27 :
Vous avez malheureusement raison !
a écrit le 17/11/2014 à 12:39 :
ben oui quand même, un gérant a le devoir de rechercher l'efficacité dans l'intérêt de son client. Le patriotisme nous y souscrivons en payant nos impôts donc aucune raison d'en faire encore plus ce serait du masochisme.

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