Comment Serge Dassault s'est fait remettre 53 millions d'euros en cash

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Serge Dassault
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De l'argent en liquide emballé dans du papier journal. Révélé lundi 17 novembre par France Inter et Libération, le procès verbal du comptable suisse de Serge Dassault décrit le dispositif qui aurait permis à l'avionneur de recevoir à Paris de l'argent liquide depuis le Liechtenstein et la Suisse.
Ce sont les juges enquêtant sur les soupçons d'achat de voix à Corbeil-Essonnes qui ont procédé à l'audition en octobre de Gérard Limat, lui qui se présente comme "l'homme à tout faire" de l'industriel. Selon son témoignage, Gérard Limat aurait remis au moins 53 millions d'euros à Serge Dassault entre 1995 et 2002.
Au centre du dispositif, la société financière genevoise Cofinor. Cette chambre de compensation aurait pour spécialité, selon une description faite il y a quelques mois auprès de l'AFP par un enquêteur, d'envoyer "où vous voulez dans le monde votre argent que vous lui remettez en Suisse".
Le liquide que Gérard Limat dit avoir apporté à Serge Dassault à Paris était initialement puisé sur des comptes au Liechtenstein, au Luxembourg ou en Suisse, avant d'arriver sur les comptes genevois de Cofinor.
Dès lors, Gérard Limat, entendu les 6 et 7 octobre par les enquêteurs, décrit la suite du circuit qu'empruntaient ces fonds, selon les PV révélés par Libération et France Inter.
"Je n'ai jamais posé de questions et Serge Dassault ne m'en a jamais rien dit", a-t-il encore dit. L'industriel "me disait qu'il avait besoin de me voir, je comprenais qu'il avait besoin d'argent liquide", selon la déposition de Gérard Limat.
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Mis en examen pour complicité de financement de campagnes électorales, d'achat de votes et blanchiment, celui qui décrit Serge Dassault comme un "ami" n'établit pas de lien entre ces livraisons d'argent liquide et l'achat présumé de voix à Corbeil-Essonnes entre 2008 et 2012, objet de l'enquête des juges financiers.
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Âgé de 89 ans, Serge Dassault avait été mis en examen en avril pour "achat de votes", "complicité de financement illicite de campagne électorale" et "financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé". S'il a reconnu des dons, Serge Dassault a toujours réfuté avoir acheté des voix d'électeurs lors des municipales de 2008, 2009 et 2010.
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