La confiance des investisseurs allemands plonge brutalement

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L'indice de l'institut Zew a chuté de 21,9 points à -63 points en octobre. Une performance plus mauvaise que prévu. Par ailleurs, plusieurs instituts prévoient un net ralentissement de la croissance en 2009.

L'indice de l'institut Zew, qui mesure les attentes des milieux financiers pour l'économie allemande, a chuté de 21,9 points à -63 points en octobre, en raison de la crise financière, selon des chiffres publiés ce mardi. La performance est plus mauvaise que celle attendue par les économistes, qui avaient misé en moyenne sur un indice à -52,5 points, selon l'agence Dow Jones Newswires, après -41,1 points en septembre.

Un indice Zew négatif signifie que les experts financiers s'attendent à une dégradation de la conjoncture allemande dans un délai de six mois. "Les inquiétudes des experts (...) d'une propagation de la crise des marchés financiers sur l'économie réelle ont bien sûr augmenté", commente le président de l'institut Zew, Wolfgang Franz, dans un communiqué. "Le paquet de secours du gouvernement qui vient d'être décidé devrait toutefois aider à stabiliser la situation", juge-t-il.

Autre mauvaise nouvelle venue d'outre-Rhin: les principaux instituts de conjoncture misent au mieux sur une croissance de 0,2% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain. Au vu d'un degré d'incertitude particulièrement élevé, sur fond de crise financière, les instituts ont cette fois-ci élaboré deux scénarios. Le plus pessimiste prévoit un recul du PIB en 2009 de 0,8%.
 

Deux fois par an, les instituts publient leur rapport très écouté sur l'économie allemande, en général peu avant l'actualisation par le gouvernement de ses prévisions de croissance. Le ministère de l'Economie doit d'ailleurs publier jeudi ses nouveaux chiffres, qui seront fortement revus en baisse. Pour cette année, les instituts tablent encore sur une croissance du PIB de 1,8%.


Les effets de la crise sur la première économie européenne sont pour le moment difficiles à évaluer: l'économie réelle est encore très peu touchée, a déclaré lundi le ministre de l'Economie Michael Glos, et la crise du crédit redoutée ne s'est pas encore matérialisée. Mais l'Allemagne est fortement exportatrice, et le ralentissement prononcé de la conjoncture dans d'autres pays, les Etats-Unis ou l'Espagne par exemple, fera tôt ou tard sentir ses effets. Déjà certains secteurs, comme les machines-outils, ont vu leurs commandes baisser de manière significative ces derniers temps.


Le "scénario de crise" élaboré par les instituts prend pour hypothèse une récession mondiale, des coûts de refinancement élevés du fait de la crise et un ralentissement de la consommation des ménages. Si ce scénario de "récession marquée, comparable à celle postérieure au choc pétrolier" se matérialise, le taux de chômage remontera à 8,3%, et 400.000 emplois pourraient disparaître l'an prochain, selon le rapport. Le marché du travail allemand a connu une nette amélioration ces dernières années, et le taux de chômage était de 7,4% en septembre. 

De son côté, le gouvernement allemand va réviser en forte baisse ses prévisions de croissance 2009, ne prévoyant au mieux qu'une hausse de 0,2% du PIB, au pire une stagnation, affirme le quotidien Handelsblatt à paraître ce mercredi. Officiellement, le gouvernement mise toujours sur une croissance de 1,2% l'an prochain, mais certains de ses responsables ont déjà fait savoir ces dernières semaines que le pari ne serait pas gagné.

Selon le Handelsblatt, qui cite des sources proches du gouvernement, le ministre de l'Economie chrétien-démocrate, Michael Glos, est plus optimiste que son collègue social-démocrate aux Finances, Peer Steinbrück, qui mise sur une croissance nulle. Les nouvelles prévisions doivent être dévoilées jeudi, s'est borné à commenter un porte-parole du ministère de l'Economie.

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