La BCE maintient ses taux après le long statu quo prévu par la Fed

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Pour son premier conseil de l'année, la Banque centrale européenne a maintenu ses taux inchangés. Jean-Claude Trichet a confirmé le retrait des mesures de soutien au crédit à destination des banques. Et qualifié d'"hypothèse absurde" la sortie d'un pays de la zone euro, dans une allusion à peine voilée à la Grèce.

La Banque centrale européenne (BCE)  vient d'annoncer qu'elle maintenait ses taux inchangés à son plancher historiquement bas de 1% sur lequel il campe depuis mai.

La décision était unanimement attendue. La lente reprise qui se profile et l'absence d'inflation parlent en faveur d'un long statu quo monétaire. La BCE doit "rester prudente", a souligné Cédric Thellier de Natixis.

La banque centrale va par ailleurs "progressivement retirer" ses mesures de soutien au crédit à destination des banques qui ne sont "pas nécessaires", a confirmé le président de la BCE Jean-Claude Trichet, dans sa traditionnelle conférence de presse.

Les Etats appelés à la rigueur

Le Français a également estimé que de gros besoins en financement des Etats pourraient modifier l'humeur des marchés et qu'un endettement élevé serait un "poids" pour la politique monétaire. Il est ainsi important que les Etats "développent et mettent en oeuvre des programmes de consolidation budgétaire ambitieux," a-t-il déclaré. Des baisses d'impôt ne devront ainsi être envisagée que "sur le moyen terme".

En revanche, le président de la BCE a qualifié "d'hypothèse absurde" la sortie ou l'éjection d'un pays de la zone euro, un débat alimenté actuellement par la crise budgétaire de la Grèce. Athènes est en train de boucler un programme de stabilité et de croissance sur trois ans, qui doit être déposé ce vendredi à l'Union européenne. 

Jean-Claude Trichet a souligné que la BCE continuerait à suivre de près les décisions prises par la Grèce pour assainir ses finances publiques et a prévenu qu'aucun des seize pays de la zone euro ne devait "compter sur un traitement spécial" de la part de l'institution. Les pays en difficulté budgétaire "doivent faire leur travail et prendre les bonnes décisions", a-t-il martelé, louant au passage le programme de rigueur décidé par l'Irlande.

Une reprise "inégale" et soumise à des incertitudes "élevées"

Les injonctions à la rigueur du président pourraient être d'autant plus difficile à mettre à exécution pour les Etats que, de son propre aveu, la reprise en zone euro s'annonce "modérée dans les mois à venir", "inégale", et soumises à des incertitudes "élevées".

"Des inquiétudes demeurent sur un enchaînement négatif plus prononcé ou plus prolongé que prévu entre l'économie réelle et la sphère financière, sur de nouvelles hausses des prix du pétrole et d'autres matières premières, sur l'intensification des tensions protectionnistes et sur la possibilité de mouvements de marché perturbateurs liés à la correction des déséquilibres globaux", a-t-il précisé.

L'inflation quant à elle "devrait se maintenir aux environs de 1% à court terme". "A plus long terme, l'inflation devrait rester modérée", a déclaré Jean-Claude Trichet, qui maintient l'objectif d'inflation de la BCE à un niveau "inférieur mais proche de 2%".

Lire également l'analyse de notre spécialiste en politique monétaire, Isabelle Croizard.

 

 

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