Barack Obama veut geler une partie des dépenses fédérales

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Lors de son discours sur l'état de l'Union, le président américain a fait plusieurs propositions. Il a demandé un gel partiel des dépenses sur cinq ans, des investissements dans l'éducation et la recherche ainsi que la fin des cadeaux fiscaux aux groupes pétroliers.

Le président américain Barack Obama a proposé mardi un gel partiel des dépenses fédérales sur cinq ans lors de son discours sur l'état de l'Union prononcé devant le Congrès où les républicains ont désormais la majorité à la Chambre des représentants.

En désavouant le parti Démocrate lors des élections de mi-mandat de novembre, les électeurs veulent que les partis politiques "partagent la responsabilité de gouverner", a estimé Barak Obama.

"De nouvelles lois ne seront adoptées qu'avec le soutien des Démocrates et des Républicains. Nous progresserons ensemble, ou pas du tout, car les défis auxquels nous sommes confrontés dépassent les partis et les politiques", a-t-il poursuivi.

Obama a avant tout tenté de rassurer un pays inquiet des niveaux de la dette et du chômage et de séduire les républicains sans fâcher l'aile gauche démocrate à moins de deux ans de l'élection présidentielle à laquelle Obama sera vraisemblablement candidat.

Déclinant une série de mesures dans lesquelles ses opposants ne manqueront pas de voir des propositions électorales, il a plaidé en faveur de nouveaux investissements dans la recherche et l'éducation comme lors de la course à l'espace des années 1950 qui avait succédé le lancement du satellite soviétique Spoutnik en 1957.

"Oui le monde a changé. La lutte pour les emplois est réelle. Mais cela ne doit pas nous décourager. Cela doit nous stimuler", a déclaré Obama.


Atmosphère différente
Le discours sur l'état de l'Union est l'occasion pour le chef de la Maison blanche de définir les enjeux et le programme pour l'année à venir devant le Congrès.

Mais cette année, l'exercice était délicat pour Obama qui doit composer avec une Chambre des représentants dominée par les Républicains et une marge infime au Sénat après la défaite de son camp aux élections.

Le ton était néanmoins courtois entre les deux camps, de nombreux élus ayant choisi de s'asseoir côte à côte en signe de solidarité avec la représentante Gabrielle Giffords, blessée lors d'une fusillade le 8 janvier dernier en Arizona qui a fait six morts.

Sans aller jusqu'aux coupes budgétaires massives réclamées par le camp adverse, Obama a fait un pas vers les Républicains en proposant un gel sur cinq ans des dépenses fédérales qui permettront de réduire le déficit budgétaire de 400 milliards de dollars en dix ans.

Les dépenses de la Sécurité sociale et le programme Medicare ne seront pas affectés.

Les Américains s'inquiètent de voir le déficit atteindre 1.300 milliards de dollars et la dette fédérale monter. Celle-ci risque d'atteindre son plafond autorisé de 14.300 milliards de dollars d'ici au 31 mars.

Obama a également appelé le Congrès à baisser le taux de l'impôt sur les entreprises.

"Ce soir, je demande aux Démocrates et aux Républicains de simplifier le système. Débarassez-vous des niches fiscales. Uniformisez les règles et utilisez les économies réalisées pour baisser le taux de l'impôt sur les entreprises pour la première fois en 25 ans, sans augmenter notre déficit", a-t-il lancé.

Les Républicains, qui ont promis de réduire les dépenses de 100 milliards de dollars, sont favorables à une baisse de cet impôt mais pourraient ne pas valider la suppression de niches fiscales.

"Il y a quelques années, réduire les dépenses était important", a indiqué le président de la commission du Budget à la Chambre, le Républicain Paul Ryan. "Aujourd'hui, c'est impératif"

Obama, qui souhaite sanctuariser des secteurs jugés vitaux pour préparer l'avenir, a indiqué que réaliser des coupes budgétaires dans le domaine de l'éducation ou de la recherche "reviendrait à alléger un avion bondé en en retirant le moteur."

"Vous aurez peut-être l'impression de voler haut au départ mais il ne faudra pas longtemps pour que vous ressentiez l'impact", a-t-il souligné.


Propositions
Le président américain a soutenu la fin de cadeaux fiscaux accordées aux groupes pétroliers, une mesure qui ne manquera pas de faire grincer des dents sur les bancs des Républicains.

Sur le plan énergétique, il vise 80% de l'électricité américaine produite en provenance de sources d'énergies propres d'ici à 2035.

Les Américains ont répondu positivement à un effort de coopération avec l'opposition marqué par un accord passé entre Obama et les Républicains sur des réductions d'impôt, accord qui a rehaussé la popularité du président ces dernières semaines.

Avec un taux de chômage de 9,4% et 14,5 millions d'Américains sans travail officiellement, la Maison Blanche veut s'assurer que toute réduction des dépenses fédérales ne viendra pas étouffer une reprise économique qui est progressive.

Les marchés financiers étaient à l'affût de ce que dirait Obama concernant le plafond d'endettement. Certains républicains sont opposés à son relèvement. Des investisseurs disent qu'il est pourtant inévitable, faute de quoi les Etats-Unis risquent un défaut de paiement sur leur dette.

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