G-20 : La France ou l'histoire de l'arroseur arrosé

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En raison de ses déficits financiers, l'économie française sera mise en examen, avec celles de six autres pays, et surveiller les efforts entrepris pour réduire les risques qu'elles font courir à l'économie. Ainsi en ont décidé les pays membres du G-20 réunis à Washington.

Bien qu'aucune liste officielle n'ait été publiée à l'issue de la réunion à Washington des pays membres du G-20, la France fait partie d'une série de sept pays qui seront l'objet d'« examens approfondis ». C'est Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, qui a apporté elle-même cette précision lors d'une conférence de presse. Selon d'autres sources, les six autres pays sont : les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et le Japon, en raison estiment les experts, du poids de leurs économies dans l'économie mondiale. "Sept pays, clairement ceux qui présentent le plus de risques systémiques (...) sont inclus dans cet exercice", a d'ailleurs précisé Christine Lagarde.
On se souvient que lors de la réunion qui s'était tenue à Paris en février, la France avait été particulièrement à la manoeuvre pour que le G20 définisse une liste d'indicateurs économiques et financiers afin de montrer que les déséquilibres financiers de certains pays mettaient en péril croissant l'économie mondiale. En fait, étaient clairement visés la Chine et ses énormes excédents commerciaux, et les Etats-Unis et leur gigantesque déficit budgétaire.
Mais alors que, au départ, la France n'était pas particulièrement mise en cause, elle devra donc se soumettre à la mise en « examen approfondi ». Pourquoi ? Parce que parmi ces nouvelles "lignes directrices indicatives" pour évaluer quels pays contribuent le plus aux déséquilibres mondiaux, l'une des conditions est de peser au moins 5% du produit intérieur de ce groupe de pays riches et émergents. Ce qui sans conteste fait penser que ce sont des Français, les frères Lumière, qui ont été les premiers à populariser au cinéma... les arroseurs arrosés.

L'accord trouvé vendredi à Washington porte sur les indicateurs dont le principe avait été approuvé lors de cette réunion de Paris : la dette et les déficits publics, l'épargne privée et l'emprunt, mais également les balances commerciales et les autres composantes de la balance des paiements de tel ou tel pays. Mais les monnaies et les réserves ne sont pas comprises dans les indicateurs eux-mêmes. Explication : la Chine avait déjà dit son opposition à une telle solution lors du G20 de février.
Selon Christine Lagarde, les lignes directrices encadrant les mises en examens prévues sur les économies des sept pays concernés laissent peu de place à la subjectivité. Les estimations comprennent notamment :
- Une évaluation des déséquilibres d'un pays donné en empruntant des modèles économiques propres à ce pays.
- Des comparaisons des déséquilibres entre pays semblables entre 1990 et 2004.
- Des comparaisons des déséquilibres entre pays membres du G20 pris dans son ensemble de 1990 et 2004.
Selon un délégué du G- 20, la période s'étendant de 1990 à 2004 a été choisie parce qu'elle précède la formation des grands déséquilibres commerciaux qui ont participé au déclenchement de la crise financière.... Ca tombe bien, aucun des gouvernements aujourd'hui en place n'était alors aux affaires. Par ailleurs, le G-20 devrait être capable sous peu de désigner officiellement les pays qui feront l'objet d'une deuxième série d'analyses qui pourraient inclure la détermination des devises sous évaluées et l'accumulation excessive de réserves. Pour paraphraser un ancien Premier ministre français, non seulement la route est longue, mais la pente est pour le moins rude quand on veut mettre en cause la Chine et les Etats-Unis.

 

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