Le Fonds européen de stabilité, cheville ouvrière... et maillon faible

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Ses ressources n'ont pas été augmentées.

Créé en mai 2010, après le « premier sauvetage de la Grèce », le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est la pierre angulaire de l'accord européen de jeudi. Selon certaines sources citées par les agences de presse, le fonds verserait 73 milliards d'euros sur les 109 milliards d'euros d'aide d'urgence accordée à Athènes. Et cela à des conditions très généreuses : une maturité de quinze à trente ans, avec une « période de grâce » (un « droit de retard ») de dix ans et un taux de 3,5 % ! Le fonds disposera également de 20 milliards d'euros pour racheter à 70 % du nominal les emprunts grecs sur le marché. Une opération qui devrait permettre d'annuler 12,6 milliards d'euros de dettes grecques.

Grande nouveauté de l'accord, cette intervention du FESF sur le marché secondaire est, du reste, élargie afin de donner au fonds une force préventive. En cas d'attaque spéculative de pays membres de l'Union économique et monétaire, le FESF pourra soit accorder des lignes de crédit à taux généreux aux pays concernés, soit racheter des titres sur le marché secondaire. Enfin, le FESF dispose désormais du droit d'aider les pays membres à soutenir leurs secteurs financiers, y compris dans les pays non concernés par le programme d'aide.

Ratifications en cours

Reste l'essentiel : la dotation du FESF n'a pas été réévaluée. En mars, néanmoins, la capacité réelle du fonds avait été relevée de 250 à 440 milliards d'euros. Les ratifications de cet accord sont encore en cours. Pour le moment, le FESF a versé 44 milliards d'euros à l'Irlande et au Portugal. Il lui resterait plus de 300 milliards d'euros pour son action de prévention. Certains estiment pourtant que ce ne sera pas suffisant. « Le FESF est passé du statut de pistolet à barillet à celui de pistolet-mitrailleur, mais... il a le même nombre de munitions », a ainsi résumé Willem Buiter, le chef économiste de Citigroup. Les marchés seront donc tentés de venir tester les vraies capacités nouvelles du fonds. Alors pourrait se dresser un nouvel obstacle car, en Allemagne, on voit dans ce fonds un moyen de « socialiser les dettes » des pays de la zone euro.

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