Pékin et Tokyo s'inquiètent de la crise de la dette

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La Chine et le Japon ont appelé ce vendredi à la coopération internationale après la chute des marchés née des craintes de retombée des Etats-Unis en récession et de la crise de la dette dans la zone euro.

La Chine et le Japon mettent tout en oeuvre pour être épargnés par la crise de la dette. Ces appels des deux principaux créanciers étrangers des Etats-Unis soulignent les inquiétudes de plus en plus grandes au sujet d'une contagion en Asie où les marchés ont chuté après la déroute de Wall Street jeudi. D'ailleurs, les Bourses européennes ont poursuivi leur plongeon vendredi à l'ouverture.

Au Japon, le ministre des Finances Yoshihiko Noda a souligné la nécessité de traiter les problèmes de distorsion sur les marchés des changes, la crise de la dette et la question économique américaine. "Il faut discuter de ces sujets", a-t-il dit à la presse au lendemain de l'intervention du Japon pour vendre du yen. "Chaque problème est important mais la façon de classer ses problèmes par priorité doit être discutée. D'ailleurs, selon des cambistes, le Japon a vendu des yens vendredi pour la deuxième journée de suite pour freiner la hausse de la devise, considérée par les marchés comme une valeur refuge, ce qui handicape les exportations de l'archipel.

La Chine souhaite pour sa part améliorer la coordination entre puissances mondiales face à aux risques nés des problèmes de dette aux Etats-Unis et en Europe, a souligné son ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi. Yang Jiechi a souligné la hausse du risque obligataire aux Etats-Unis et a appelé la première puissance économique mondiale à adopter une politique monétaire "responsable" et à protéger les investissements en dollars des autres pays.

Les marchés inquiètent également l'Allemagne et la France. Le président français Nicolas Sarkozy doit s'entretenir ce vendredi par téléphone du problème des marchés avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, selon un communiqué de l'Elysée publié jeudi soir. Le président français doit aussi poursuivre ses discussions entamées jeudi avec le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet.

Mêmes craintes en Europe. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a interrompu ses vacances pour rentrer à Bruxelles. Il doit tenir une conférence de presse.

L'action de la BCE pas comprise

Les derniers indicateurs macroéconomiques aux Etats-Unis, très médiocres, et les problèmes de dette sans fin dans la zone euro, ont relancé les craintes de récession, ce qui a fait dégringoler Wall Street jeudi, rappelant les jours noirs de la crise financière en 2009. IHS Global Insight estime à 40% la probabilité d'une nouvelle récession aux Etats-Unis.

La déroute des marchés s'est propagée à l'Asie vendredi. La Bourse de Tokyo a fini en recul de 3,7% pour retomber à son plus bas depuis sa chute d'après le séisme en mars. Face à la chute des marchés d'actions et de certains marchés obligataires, les investisseurs investissent massivement sur le monétaire. Bank of New York Mellon a dit crouler sous les dépôts, ce qui l'a conduite à demander une commission à certains de ses gros clients.

Jeudi, les investisseurs n'ont pas du tout apprécié que la BCE n'ait pas acheté du papier espagnol et italien dans le cadre de son programme d'achat obligataire relancé jeudi, se limitant à la dette d'Etat irlandaise et portugaise, alors même que le rendement sur les titres espagnols et italiens dépassait les 6%. Vendredi à l'ouverture, le rendement de la dette d'Etat espagnole et italienne montait à près de 6,5%.

Dans l'attente des chiffres de l'emploi américain

Aux Etats-Unis, les économistes soulignent qu'il y a peu de chance que le Congrès vote de nouvelles mesures de relance alors qu'il a été décidé de réduire les dépenses en compensation du relèvement de la capacité d'emprunt du pays, selon le compromis voté mardi par le Congrès et promulgué par le président Obama.

La Réserve fédérale, qui tient sa prochaine réunion de politique monétaire mardi, ne peut faire autrement que de maintenir de très bas taux d'intérêt pour relancer la croissance, estiment les économistes, alors que ses précédents programmes de rachat d'obligations ont été controversés.

En outre, aux Etats-Unis, le problème le plus important semble être l'emploi et pas le crédit. D'ailleurs, les chiffres mensuels de l'emploi aux Etats-Unis qui sont très attendus seront publiés une heure avant l'ouverture de Wall Street. Les investisseurs anticipent 85.000 créations de postes le mois dernier hors secteur agricole contre 18.000 en juin.

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Commentaires
a écrit le 07/08/2011 à 16:40 :
La Chine, qui inonde le monde de ses produits de grande consommation (au point d'en devenir le plus souvent la seule origine), va découvrir que sa "croissance", tirée par les exportations précitées, était "à chrome". En effet, une grande partie de ces achats ont été, in fine, payés à crédit : consommateurs insuffisamment taxés (TVA, droits de douanes faibles), partant recettes publiques insuffisantes, compensées par l'émission de bons des Trésors nationaux, achetés, entre autres, par les pays aux balances commerciales excédentaires, tels la Chine, dont les modèles de croissance ont très certainement du plomb dans l'aile. Des lendemains difficiles s'annoncent, tant pour les consommateurs des pays développés (diète sévère) que pour leurs fournisseurs des pays émergés.
a écrit le 06/08/2011 à 10:34 :
A moindre échelle... tous les fournisseurs ont a l'esprit la solvabilité de leur client et lorsqu'elle celle si se dégrade ou devient insolvable, en plus des impayés il y a baisse de la production... brefs la fin des haricots enfin je veux dire des nêmes pour nos amis chinois..
a écrit le 05/08/2011 à 15:21 :
Les japonais jettent de l'argent en l'air qui retombe dans la poche des spéculateurs. Le champion du carry-trade se trouve pris à son tour au jeu de la hot money. Le yen a peu bougé si ce n'est à la hausse suite à ces manoeuvres récentes de la BoJ. Le reminbi comme la Chine en entier sur cette décade, fait tout à la va vite et la devise si elle garantit encore le statut d'atelier "monétaire" du monde à son industrie, grimpe les étages 4 à 4. Un monde lisse à monnaie unique s'approche irrémédiablement.

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