Angleterre : un taux directeur à 0,5% maintenu par 9 voix à 0

Signe des craintes entourant l'économie mondiale, les sages de la banque centrale ont voté à l'unanimité le maintien à 0,5% du "Bank Rate". Un tel consensus n'avait plus été entrevu depuis la réunion du mois de mai 2010.

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La livre sterling a temporairement dévissé face aux grandes devises dans le sillage de la publication ce mercredi du compte-rendu du dernier Comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre (BoE), lors duquel l'institution a décidé de maintenir son taux directeur à l'unanimité pour la première fois depuis plus d'un an. Malgré l'inflation persistante qui sévit outre-Manche, Martin Weale et Spencer Dale se sont en effet rangés à l'avis du gouverneur Mervyn King et de leurs autres collègues pour voter par 9 voix à 0 le maintien à 0,5% du "Bank Rate", le principal taux directeur de la BoE.

Un tel consensus n'avait plus été entrevu depuis la réunion du mois de mai 2010, quand la crise des finances publiques grecques avaient pour la première fois fait chancelé les marchés financiers mondiaux. Désormais, ce sont les craintes concernant l'ampleur du ralentissement mondial, ainsi que les développements de la crise des finances publiques de part et d'autre de l'Atlantique qui inquiètent les investisseurs, selon la BoE.

La décision de la BoE a pesé sur la livre sterling, qui a baissé jusqu'à 1,135 euro (-0,6%), 125,27 yens (-0,88%) et 1,634 dollar (-0,65%), avant de se reprendre. Outre le consensus de ses membres, qui laisse augurer de la poursuite pendant encore de longs mois de la politique monétaire extrêmement accommodante de la BoE, les dernières salves de statistiques britanniques se sont également révélées peu flatteuses.

L'inflation pourrait grimper jusqu'à 5% à court terme

La bête noir de Mervyn King, l'inflation, est repartie à la hausse pour atteindre 4,4% sur un an glissant en juillet (après 4,2% en juin), alors que les analystes tablaient sur une croissance des prix de 4,3%. La BoE estime pourtant que "le ralentissement de la croissance de la demande mondiale et les fortes tensions qui agitent les marchés financiers" ont fait diminuer les risques d'un dérapage inflationniste à moyen terme. Et ce même si l'institution prédit qu'à "court terme" l'inflation devrait grimper "temporairement" jusqu'à 5%, soit largement plus du double de son objectif d'inflation de 2%.

Côté conjoncture, les perspectives sont moroses. Alors que le PIB britannique n'a connu qu'une anémique croissance de 0,7% sur un an à la fin du deuxième trimestre, les demandes d'allocations chômage ont augmenté de 37.100 le mois dernier, la plus forte progression mensuelle depuis mai 2009, selon les chiffres publiés ce mercredi. "Le Comité a estimé qu'il est de plus en plus probable que le ralentissement de l'économie mondiale soit plus long qu'initialement escompté", note ainsi la BoE.

La BoE laisse la porte ouverte à la planche à billet

Face à ces vents contraires, la BoE a donc joué la prudence en maintenant ses taux. L'institution a en outre laissé ouverte la porte à d'avantage « d'assouplissement quantitatif", souvent caricaturé comme l'activation de "la planche à billet". Si la situation "n'est pas encore suffisamment sérieuse", "des achats d'actifs supplémentaires [la BoE a déjà acheté 200 milliards de livres d'obligations d'Etat entre 2009 et 2010, Ndlr] pourraient se révéler nécessaires si certains risques se matérialisent", souligne la banque centrale. Pour l'heure, seul Adam Posen souhaite une telle évolution. Comme il l'a fait depuis octobre 2010, il a voté en faveur d'une nouvelle enveloppe de 50 milliards de livres.

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