Les banques américaines accusées de discrimination lors des saisies immobilières

Une enquête menée par une association de défense des mal-logés aux États-Unis démontre que les biens immobiliers saisis par les banques ont été davantage préservés et mis en valeur lorsque leurs anciens propriétaires étaient blancs.
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Effet collatéral de la "crise des subprimes"? Tous les biens immobiliers saisis par les banques n'auraient pas reçu le même traitement selon la couleur de leurs anciens propriétaires. Une fédération de défense des mal-logés les accuse même de discrimination raciale.

Son enquête sur les biens immobiliers appartenant à des banques dans neuf grandes villes des Etats-Unis a mis en évidence des discriminations frappantes dans le soin et l'entretien accordés à ces biens, ceux saisis dans des quartiers blancs étant "mieux préservés" et bénéficiant d'une "meilleure visibilité auprès des candidats à l'achat que les biens des quartiers de couleur", a affirmé dans un communiqué l'Alliance nationale pour un logement équitable (NFHA). Celle-ci a consisté à attribuer une note de 1 à 5 sur l'apparence extérieure et l'état de 1.038 maisons saisies inspectées par la NFHA ces douze derniers mois.

Pelouses mieux taillées et fenêtres moins souvent cassées pour les maisons saisies des quartiers "blancs"

En général, selon cette fédération d'associations locales, les maisons dans les quartiers peuplées en majorité par des blancs "avaient plus de chances d'avoir des pelouses soignées, des portes solidement verrouillées, et des panneaux 'à vendre' attirant l'oeil". A l'inverse, les logements des autres quartiers "apparaissaient généralement vacants, abandonnés, abîmés et peu attrayants pour les agents immobiliers" avec "des jardins laissés à l'état sauvage, jonchés de détritus, des portes non verrouillées, des fenêtres brisées", a ajouté la NFHA, photos à l'appui.

Conclusion de l'enquête: par rapport à celles des quartiers blancs, les maisons des autres quartiers avaient 82% de plus de chances d'avoir des fenêtres cassées ou recouvertes d'une planche de bois, 42% de plus de chances d'avoir "plus de 15 problèmes de maintenance", et 34% de plus de chances d'exhiber ordures et débris. L'association a noté que les premières avaient retrouvé des occupants dans 40% des cas, et les secondes dans seulement 24% des cas.

Pour l'instant, les diverses poursuites intentées aux Etats-Unis contre des banques pour discrimination raciale dans les procédures de saisie n'ont jamais abouti à des condamnations.

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Commentaire 1
à écrit le 05/04/2012 à 16:54
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Va falloir modifier le dicton : "l'argent n'a pas de couleur"... Tu parles que les banques ont toujours tiré sur les plus faibles. Quoique, aux US, le racisme est très actif... Signé : KKK.. ;-)

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