La banque centrale sud-africaine accuse la Fed et la BCE

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AFP - Gill Marcus, gouverneur de la banque centrale sud-africaine
AFP - Gill Marcus, gouverneur de la banque centrale sud-africaine (Crédits : AFP)
Les économies émergentes sont menacées par les politiques accommodantes des banques centrales américaine et européenne, a dénoncé Gill Marcus, gouverneur de la banque centrale sud-africaine. Les flux de capitaux qui se retournent vers les émergents risquent en effet d'entraîner une appréciation excessive des devises.

Les économies des pays émergents sont exposées au risque d'être inondées de capitaux à cause des politiques accommodantes de la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et d'Angleterre, selon Gill Marcus, gouverneur de la banque centrale sud-africaine. Dans une tribune publiée par le Financial Times ce vendredi, elle estime qu'il "est temps que les économies avancées fassent plus attention aux effets de flux de capitaux excessifs et volatils sur les marchés émergents". Confrontées à la crise financière, à celle de la dette, et au ralentissement économique, les banques centrales des pays les plus avancés ont fortement réduit les taux d'intérêt et ont ouvert le robinet des liquidités pour tenter de relancer l'économie. Les investisseurs, les poches pleines de capitaux qui rapportent peu dans ces pays, peuvent être tentés d'investir dans les pays émergents où les taux d'intérêt sont plus attractifs, entraînant un renchérissement de ces monnaies.

"Une appréciation excessive d'une devise entraîne inévitablement une perte de compétitivité pour les fabricants nationaux", rappelle Gill Marcus, qui passe ensuite en revue l'éventail des mesures à disposition des banques centrales de ces pays pour contrer le phénomène. L'abaissement des taux se heurte au risque d'inflation, la constitution de réserves pour intervenir n'est pas extensible à l'infini et l'efficacité de contrôler l'entrée de capitaux reste à démontrer, selon lui. Tout en souhaitant éviter une guerre des devises, le gouverneur de la banque centrale sud-africaine déplore que "trop souvent les débats sur la manière de relancer une croissance durable dans le monde" restent du domaine des économies les plus importantes. "Il faut mieux considérer les implications des choix sur les économies plus petites".

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Commentaires
a écrit le 14/05/2012 à 16:17 :
Pourquoi ils ne taxent pas à mort les flux entrants!! Il faut qu'elle prennent des cours de taxation chez Holland ou le fisc francais! C'est simple!!!
a écrit le 05/05/2012 à 20:14 :
Elle a raison, mais elle ne pourra pas faire grand chose.
Les USA et les européens ne rembourseront jamais leur dette, tous cela finira par une course à la dévaluation et une poussée d'inflation difficile à contrôler qui remettra les compteurs à zéro. Les BRIC vont y laisser leurs chemises..
Réponse de le 14/05/2012 à 16:20 :
Je ne pense pas que ça va être si facile! Il y aura des contre parties !! Et meme si les BRIC?s laissent leurs chemises, nous laisseront nos culottes!!!
a écrit le 04/05/2012 à 13:13 :
Entièrement d'accord, la politique de la Fed, comme celle de la BoE et dans la foulée la BCE qui ne peut pas faire autrement mais qui elle au moins à encore des limites (en matière de taux ou de création monétaire ou d financement direct des états). La politique de Bernanke reflète l'irresponsabilité des amerlocs (ceux ci apparemment accusent les autres en particulier chinois mais ne voit pas la m...qui est devant leur porte) qui continuent à accumuler de déficits publics gigantesques, sans avoir la moindre intention de réduire ou de rembourser leur dette, en mettant également le foutoir au niveau fiscal au plan international avec des riches et des multinationales qui paient très peu d'impôts. Que disent Merkel et Sarkozy ou la Commission ou la BCE sur ces différentes questions cruciales, rien ils ferment leur bouche.
a écrit le 04/05/2012 à 11:04 :
Enfin un gouverneur de banque centrale censé !

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