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10 choses à connaître sur la visite de François Hollande en Chine

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Publié le 25 avril 2013 à 10:48

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François Hollande est arrivé en Chine ce jeudi. Un voyage éclair de deux jours dans l'Empire du Milieu où il sera bien sûr question des relations économiques avec Pékin. Le point sur les enjeux de cette visite.

Il a 37 heures pour convaincre. François Hollande est arrivé ce jeudi en Chine pour une visite express. Dans ses bagages: une délégation d'une soixantaine de chefs d'entreprise, huit ministres, un ancien Premier ministre (Jean-Pierre Raffarin, président du comité France-Chine) et une éventuelle future première ministre (Martine Aubry)... l'occasion bien sûr de tenter de décrocher quelques contrats mais surtout de faire la promotion des entreprises françaises dans un pays avec lequel la France a un déficit commercial de 26 milliards d'euros. Voici 10 informations à retenir pour comprendre les enjeux de cette visite d'Etat.

  • Toute, toute première fois

Faut-il y voir le signe d'une relation particulière ? Il s'agit de la première visite d'Etat d'un chef d'Etat occidental à Pékin depuis le renouvellement de l'équipe dirigeante chinoise. C'est également la première fois que François Hollande se rend dans le pays.

  • Deux jours, c'est court

37 heures, une étape à Pékin, l'autre à Shanghai... la durée de cette visite paraît courte, surtout si elle est comparée aux cinq jours passés par Angela Merkel lors de chacune de ses visites dans le pays - une par an en moyenne depuis six ans. Mais le président français aura cependant le temps de rencontrer son homologue Xi Jinping au cours de plusieurs réunions et un déjeuner officiel. Il devrait également participer ce 25 avril à une rencontre avec des chefs d'entreprise, puis inaugurer une école d'ingénieurs ainsi que le nouveau siège de l'institut Pasteur à Shanghai le lendemain.

  • 40% du déficit commercial français

En 2012, le déficit commercial français avec la Chine représentait 26 milliards d'euros, soit 40% de son déficit commercial. "Ce n'est pas acceptable", s'est offusqué François Hollande lors de sa première étape chinoise, dans une PME française près de Pékin. L'un des objectifs de ce voyage est de tenter de "rééquilibrer" les relations commerciales avec le pays. D'où la présence des chefs d'entreprise. Comme par le passé, il sera question de nucléaire, de développement durable, d'aéronautique, mais d'autres secteurs sont également concernés. Un accord d'intention pour l'achat de 60 Airbus a ainsi été annoncé.

  • Charcuterie "Made in France"

Parmi les autres secteurs à défendre fréquemment cités : la charcuterie. Pour l'heure, des normes sanitaires empêchent certaines exportations de produits français. Mais la filière souhaiterait prendre modèle sur les exportations de vin français pour s'implanter en Chine. Lors d'une visite en janvier, la ministre du commerce extérieur, Nicole Bricq, avait convié le président de la Fédération des industriels de la charcuterie. Ce dernier avait confié qu'il souhaitait pouvoir vendre saucissons, jambons et autres cochonnailles aux Chinois avant le nouvel an 2014. Avec la croissance d'une classe sociale plus aisée dans le pays, d'autres secteurs de l'agroalimentaire et de la distribution espèrent aussi s'y déployer.

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Reste que le pays est particulièrement disputé par les compagnies du monde entier. Une étude menée par le cabinet PwC réalisée auprès des chefs d'entreprise indique ainsi que plus de la moitié d'entre eux (56%) souhaite investir dans le pays. Parmi les pays émergents, la Chine est, sans surprise, considérée comme le plus attractif pour les entreprises étrangères, d'après cette étude publiée le 22 avril.

  • Regagner du terrain sur l'Allemagne

En Chine, les entreprises allemandes ont une longueur d'avance sur leurs voisines tricolores. Berlin est le premier partenaire commercial européen de Pékin. Selon l'office fédéral des statistiques allemand, les échanges ont représenté 143,9 milliards d'euros l'an dernier, soit le double du niveau enregistré six ans plus tôt. L'Allemagne est parvenue à réduire son déficit avec la Chine, qui est passé de 26,8 milliards en 2008 à 10,7 milliards en 2012.

>> Le "Made in Germany" triomphe en Chine

  • La faiblesse du Yuan

Pour la France, le deuxième partenaire commercial européen de la Chine, la faiblesse de la monnaie chinoise continue de poser problème. "La Chine ne peut pas vivre avec une monnaie qui ne serait pas conforme à ce qu'est sa puissance économique aujourd'hui", a ainsi déclaré François Hollande ce jeudi. Sur cette question, Paris est loin d'être la seule à se montrer critique.
>> Les Etats-Unis pestent encore contre un yuan "considérablement sous-évalué"
>> Et si c'était le yuan et non le yen qui était dans le collimateur du G7?

  • La Chine, toujours un "adversaire" ?

Par le passé, François Hollande s'était montré encore plus offensif contre les pratiques chinoises. En novembre, lors de sa participation à un forum économique au Laos, il avait dénoncé une situation "déloyale", avec des salaires inacceptablement bas et des monnaies artificiellement sous-évaluées.

>> Hollande fustige la "concurrence déloyale" de la Chine

Avant d'accéder à l'Elysée, il avait prononcé des mots bien moins "diplomatiques", cités par le journaliste Eric Dupin dans un livre paru le 10 mai 2012 : "La crise européenne doit être l'occasion de remises en cause bien plus profondes (...) "Je suis arrivé à un moment où je pense qu'il faut nommer l'adversaire. Je l'avais fait pour la finance. Il faudra le faire pour les Chinois. Le problème, il est chinois. Ils trichent sur tout : sur la monnaie, en matière de recherche."

  • "L'Homme aux vertus mystérieuses"

Cette visite sera également l'occasion pour le président français de se faire mieux connaître de ses partenaires chinois. Pour l'anecdote, l'une des prononciations chinoises de son nom de famille, "Ao-lang-de", signifierait notamment " l'Homme aux vertus mystérieuses".

  • Droits de l'Homme

Par ailleurs, sujet de brouille possible, la manière dont le chef de l'Etat abordera (ou non) les droits de l'homme sera suivie de près. Lors d'un déplacement à Moscou, il avait affirmé que "La dimension des droits de l'homme est partout dans la politique étrangère de la France", et ajouté: "quand je constate un manquement, je le signale".

  • Martine Aubry la chinoise

À lire également

  • Pour la Chine, l'avenir passe par une libéralisation de son économie
  • Croissance en Chine: un premier trimestre décevant
  • La Chine redonne le moral à PSA
  • La Chine affiche un deficit commercial inattendu

Enfin, sur un plan plus politique, la présence de Martine Aubry aux côtés de François Hollande sera très observée. Nommée par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius comme représentante spéciale pour les relations économiques avec la Chine, la maire de Lille fait également partie des éventuelle "prétendantes" à la succession de Jean-Marc Ayrault à Matignon.

latribune.fr

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