Pour ses cent ans, la Fed fait stresser les marchés

 |   |  664  mots
Ben Bernanke fêtera-il son départ et les cent ans de la Fed en sonnant la fin de sa politique monétaire accommodante ? Les analystes sont incapables de se mettre d'accord. (Photo : Reuters)
Ben Bernanke fêtera-il son départ et les cent ans de la Fed en sonnant la fin de sa politique monétaire accommodante ? Les analystes sont incapables de se mettre d'accord. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Aucun consensus fort ne se dégage sur un éventuel aménagement par la Fed de sa politique ultra accommodante. A quelques heures du verdict, tout reste ouvert.

Pour ses cent ans, la Fed se paye le luxe de maintenir en haleine les marchés. Il faut dire qu'il est bien difficile de deviner à l'avance ce que la banque centrale américaine va finalement décider ce jeudi, entre réduction de son programme de rachat d'actifs illimités dans le temps à un rythme de 85 milliards de dollars par mois et maintient du statu quo.

Bien malin qui saurait prédire l'avenir

A quelques heures de la prise de parole du président sortant de la Fed Ben Bernanke, un consensus sur le maintient tel quel du programme se dégage difficilement.

Une enquête réalisée par la cellule de recherche de Nomura montre que 37% des investisseurs interrogés s'attendent à une réduction du stimulus de la Fed, davantage que ceux qui tablent sur une diminution en janvier ou mars. Alors que dans le même temps, un sondage réalisé par Bank of America et Merril Lynch montre que seuls 11% des investisseurs croient à une annonce ce mercredi.

"Cela ressemble de plus en plus à un jeu de pile ou face", conclut Michael Feroli, de JP Morgan, cité par Reuters.

Chiffres paradoxaux

Il faut dire que les chiffres de l'économie américaine ont de quoi faire tourner les têtes. D'un côté, le chômage à 7% est à son plus bas depuis cinq ans et ne cesse de décroître, le PIB a bondi de 3,6% en rythme annualisé et les prix de l'immobilier repartent à la hausse. C'est ce qui pourrait motiver la Fed, mal à l'aise avec l'accroissement de son bilan, pour amorcer la sortie de ses mesures de soutien exceptionnel à l'économie. D'autant plus que les perspectives d'un nouveau shutdown, qui pourrait ralentir artificiellement l'économie américaine, sont enfin en passe d'être écartées jusqu'à fin 2015.

Le problème, c'est que la forte croissance enregistrée ces derniers mois est surtout le résultat d'un accroissement des stocks des entreprises en mal de demande. Les investissements ne décollent pas. L'inflation, à 0,7% sur douze mois selon l'indice des prix à la consommation, très regardée par la Fed, est bien loin de son objectif à 2%. Quant à la baisse du chômage, elle masque un taux d'activité au plus bas depuis 1977.

A cela s'ajoute le fait que le FOMC, le comité qui décide de la politique monétaire de la Fed, est majoritairement composé de "colombes", c'est à dire de gens favorables à un assouplissement monétaire, qui ont en tête les ralentissements provoqués en 1937 et en 2011 par des arrêts prématurés des programmes de soutien à l'économie.

L'importance d'une communication exemplaire de la Fed

Quoiqu'il en soit, si la Fed décide de ralentir la cadence, sa communication devra être exemplaire. De fait, le risque est de voir cette décision provoquer un mouvement de ventes massif d'emprunts du Trésor qui entraînerait une hausse incontrôlée des taux d'intérêt dont l'effet serait très néfaste pour l'économie américaine.

Ben Bernanke devra donc bien insister sur le fait qu'une réduction du programme de rachat ne signifie pas un durcissement réel de la politique monétaire de la banque centrale américaine. Un signal en ce sens pourrait être la promesse de ne pas relever son principal taux directeur, à peine supérieur à zéro depuis 2008, tant que le chômage n'aura pas atteint sa cible, c'est à dire 6,5%. Certains analystes pensent même qu'elle pourrait l'abaisser à un niveau inférieur à 6% afin de mieux jouer sur les anticipations des investisseurs.

Elle pourrait aussi annoncer une baisse de 25 points de base du taux de rémunération des réserves excédentaires des banques placées dans ses coffres afin d'inciter ces dernières à placer leurs liquidités sur le marché obligataire. Ce serait un moyen d'éviter l'hémorragie sur les taux, et, même en cas de statu quo, de préparer une sortie de programme prochaine et inévitable.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/12/2013 à 10:30 :
100 ans de vol manifeste... la FED est illégitime, il s'agit de l'escroquerie la plus pervers et insidieuse que l'humanité ai supporté !!!
Mais le masque de la vertu commence sérieusement a s'effriter et la vérité apparaît au plus grand nombre ...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :