Japon : "la pérennité de la reprise est menacée à moyen terme" (FMI)

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D'après l'organisation basée à Washington, les réformes structurelles promises par Shinzo Abe doivent être concrétisées au plus vite, bien qu'elle salue les mesures déjà entreprises pour déréguler et rendre plus compétitif le secteur de l'énergie.
D'après l'organisation basée à Washington, les réformes structurelles promises par Shinzo Abe doivent être concrétisées au plus vite, bien qu'elle salue les mesures déjà entreprises pour déréguler et rendre plus compétitif le secteur de l'énergie. (Crédits : reuters.com)
Le Fonds monétaire international a appelé vendredi le Japon à intensifier ses réformes structurelles et budgétaires, sous peine de voir menacée la reprise amorcée sous l'égide de son Premier ministre Shinzo Abe.

Il faut accélérer la cadence. Tel est en substance le message du Fonds monétaire international (FMI) à l'égard du Japon. Dans son rapport économique annuel sur la troisième puissance économique mondiale, le FMI l'invite ainsi à intensifier ses réformes structurelles et budgétaires:

"A moyen terme, (le Japon) doit intensifier les réformes structurelles et budgétaires pour que la croissance puisse s'auto-alimenter et éviter de retomber dans la déflation, de tout miser sur la politique monétaire et de saper la confiance dans la soutenabilité de la dette publique"

Dans ce document de cinq pages, le FMI salue certes les "graines plantées avec succès par les Abenomics pour dynamiser le Japon". Cette politique économique, tirée du nom du Premier ministre qui l'a lancée depuis son retour au pouvoir en décembre 2012, consiste en trois "flèches": des dépenses budgétaires de relance, un assouplissement monétaire considérable de la Banque du Japon et des réformes structurelles visant à doper le potentiel de croissance.

Il faut agir

Soutenue jusque-là par les deux premiers pans de cette stratégie, la croissance devrait reprendre au deuxième semestre, une fois passé le choc de la hausse d'une taxe sur la consommation le 1er avril dernier, estime le FMI. Mais, ajoute-t-il aussitôt, "la pérennité de la reprise est menacée à moyen terme".

D'après l'organisation basée à Washington, les réformes structurelles promises par Shinzo Abe doivent être concrétisées au plus vite, bien qu'elle salue les mesures déjà entreprises pour déréguler et rendre plus compétitif le secteur de l'énergie.

Parmi diverses mesures de fond, le FMI appelle Tokyo à augmenter l'emploi des femmes et des seniors, à faire venir davantage d'immigrés pour combler un déficit de main d'œuvre, à faciliter l'accès des entrepreneurs au crédit, à réformer la gouvernance des entreprises et à déréguler les secteurs agricole et des services.

Accélérer la réforme budgétaire

Le FMI presse aussi le Japon d'accélérer sa réforme budgétaire, alors que l'archipel est lesté d'une dette publique représentant quelque 250% de son produit intérieur brut - un record parmi les pays développés.

Il se félicite de l'augmentation récente de la taxe sur la consommation (équivalente à la TVA française), qui est passée de 5% à 8%, et appelle le Japon à l'élever encore à 10% comme prévu en octobre 2015. Au-delà, il suggère même de la faire passer plus tard à 15%, soulignant "l'urgence" de mettre en place un plan de consolidation budgétaire après 2015.

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