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ÉconomieInternational

L'Argentine brandit le risque d'un défaut sur sa dette

Photo de Romain Renier

latribune.fr

Publié le 19 juin 2014 à 06:28 - Mis à jour le 19 juin 2014 à 06:51

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Le gouvernement argentin a annoncé mercredi qu'il était dans l'impossibilité d'honorer la prochaine échéance de sa dette restructurée, après la décision de la justice américaine le contraignant à rembourser plus d'un milliard de dollars à des fonds spéculatifs.

La descente aux enfers se poursuit pour l'Argentine, ainsi que le cauchemar pour nombre de ses créanciers. Buenos Aires a en effet annoncé être dans l'incapacité d'honorer la prochaine échéance de sa dette restructurée, rapprochant ainsi le pays du défaut de paiement, 13 ans après celui de 2001.

La justice américaine a rendu exécutoire mercredi la condamnation de l'Argentine à rembourser au moins 1,3 milliard de dollars à deux fonds spéculatifs, dans un litige lié à la faillite partielle du pays en 2001. Cette décision rend impossible, affirme mercredi le ministère argentin de l'Économie dans un communiqué, le paiement à New York avant le 30 juin des créanciers de l'Argentine ayant accepté la renégociation de la dette du pays, contrairement à ces fonds spéculatifs.

Buenos Aires est coincé

Depuis la faillite de 2001, Buenos Aires rembourse progressivement sa dette envers 93% des créanciers privés qui ont consenti en 2005 et 2010 une remise de dette d'environ 70%. Mais les 7% restant, des fonds spéculatifs, ont refusé cet accord et activé l'option judiciaire pour réclamer 100% de la valeur nominale de bons qu'ils avaient achetés à bas prix.

Or, les remboursements de l'Argentine à ses créanciers ayant accepté la renégociation transitent par New York, d'où "l'impossibilité", affirme Buenos Aires d'acquitter la prochaine échéance, à moins dans le même temps de payer les fonds spéculatifs, comme l'exige la justice américaine, ce que le gouvernement argentin se refuse toujours à faire.

L'Argentine exposée à hauteur de 15 milliards de dollars

De plus, a expliqué mardi le ministre argentin de l'Économie Axel Kicillof, "si le jugement s'applique, l'Argentine se verrait obligée de payer aux fonds vautours (spéculatifs) non pas 1 milliard de dollars mais 15 milliards, et cela conduirait l'Argentine au défaut de paiement".

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Le jugement de la Cour d'appel de New York, que la Cour suprême des États-Unis a refusé lundi de remettre en cause, oblige certes l'Argentine à verser 1,4 milliard de dollars à ces deux fonds spéculatifs.

Mais si le pays sud-américain procède à ce paiement, les autres fonds spéculatifs ayant refusé les restructurations de la dette argentine en 2005 et 2010 pourraient exiger le même traitement et c'est 15 milliards de dollars supplémentaires que pourrait avoir à régler l'Argentine. Or un remboursement aussi important serait impossible à l'heure où la banque centrale d'Argentine ne dispose que de 28,5 milliards de réserves en dollars.

Volonté de payer les créanciers "restructurés"

C'est pourquoi Buenos Aires a annoncé son intention de négocier avec la justice américaine pour éviter une telle situation. Dans le même temps, "l'Argentine réitère sa volonté de payer ses créanciers restructurés, vu qu'elle a toujours offert de (les) rembourser sous les mêmes conditions en conformité avec la loi du pays", a fait valoir mercredi le ministère de l'Économie dans son communiqué.

Buenos Aires entend ainsi réaffirmer qu'elle ne veut pas se mettre en défaut de paiement, comme l'a rappelé lundi la présidente argentine Cristina Kirchner. Le non remboursement d'une échéance due équivaut toutefois bel et bien à un défaut de paiement du point de vue des marchés et des agences de notation, comme l'a rappelé mardi l'une d'entre elles, l'américaine Standard and Poor's.

À lire également

  • L'Argentine souhaite rembourser sa dette mais refuse de payer les fonds vautours
  • Dette: pourquoi il faut sanctionner l'Argentine
  • Dette argentine: à la Cour suprême des Etats-Unis de se prononcer
  • L'Argentine dégradée en raison de la "quasi-chute libre" de ses réserves

Le cas argentin est suivi de près par les grands argentiers du globe qui craignent que les créanciers refusent à l'avenir tout compromis avec les Etats en difficulté dans l'espoir de récupérer l'intégralité de leur dû.

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