L'Argentine brandit le risque d'un défaut sur sa dette

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Si le jugement s'applique, l'Argentine se verrait obligée de payer aux fonds vautours (spéculatifs) non pas 1 milliard de dollars mais 15 milliards, et cela conduirait l'Argentine au défaut de paiement, avait annoncé mardi le ministre de l'Économie argentin, Axel Kicillof. (Photo Reuters)
"Si le jugement s'applique, l'Argentine se verrait obligée de payer aux fonds vautours (spéculatifs) non pas 1 milliard de dollars mais 15 milliards, et cela conduirait l'Argentine au défaut de paiement", avait annoncé mardi le ministre de l'Économie argentin, Axel Kicillof. (Photo Reuters) (Crédits : Reuters)
Le gouvernement argentin a annoncé mercredi qu'il était dans l'impossibilité d'honorer la prochaine échéance de sa dette restructurée, après la décision de la justice américaine le contraignant à rembourser plus d'un milliard de dollars à des fonds spéculatifs.

La descente aux enfers se poursuit pour l'Argentine, ainsi que le cauchemar pour nombre de ses créanciers. Buenos Aires a en effet annoncé être dans l'incapacité d'honorer la prochaine échéance de sa dette restructurée, rapprochant ainsi le pays du défaut de paiement, 13 ans après celui de 2001.

La justice américaine a rendu exécutoire mercredi la condamnation de l'Argentine à rembourser au moins 1,3 milliard de dollars à deux fonds spéculatifs, dans un litige lié à la faillite partielle du pays en 2001. Cette décision rend impossible, affirme mercredi le ministère argentin de l'Économie dans un communiqué, le paiement à New York avant le 30 juin des créanciers de l'Argentine ayant accepté la renégociation de la dette du pays, contrairement à ces fonds spéculatifs.

Buenos Aires est coincé

Depuis la faillite de 2001, Buenos Aires rembourse progressivement sa dette envers 93% des créanciers privés qui ont consenti en 2005 et 2010 une remise de dette d'environ 70%. Mais les 7% restant, des fonds spéculatifs, ont refusé cet accord et activé l'option judiciaire pour réclamer 100% de la valeur nominale de bons qu'ils avaient achetés à bas prix.

Or, les remboursements de l'Argentine à ses créanciers ayant accepté la renégociation transitent par New York, d'où "l'impossibilité", affirme Buenos Aires d'acquitter la prochaine échéance, à moins dans le même temps de payer les fonds spéculatifs, comme l'exige la justice américaine, ce que le gouvernement argentin se refuse toujours à faire.

L'Argentine exposée à hauteur de 15 milliards de dollars

De plus, a expliqué mardi le ministre argentin de l'Économie Axel Kicillof, "si le jugement s'applique, l'Argentine se verrait obligée de payer aux fonds vautours (spéculatifs) non pas 1 milliard de dollars mais 15 milliards, et cela conduirait l'Argentine au défaut de paiement".

Le jugement de la Cour d'appel de New York, que la Cour suprême des États-Unis a refusé lundi de remettre en cause, oblige certes l'Argentine à verser 1,4 milliard de dollars à ces deux fonds spéculatifs.

Mais si le pays sud-américain procède à ce paiement, les autres fonds spéculatifs ayant refusé les restructurations de la dette argentine en 2005 et 2010 pourraient exiger le même traitement et c'est 15 milliards de dollars supplémentaires que pourrait avoir à régler l'Argentine. Or un remboursement aussi important serait impossible à l'heure où la banque centrale d'Argentine ne dispose que de 28,5 milliards de réserves en dollars.

Volonté de payer les créanciers "restructurés"

C'est pourquoi Buenos Aires a annoncé son intention de négocier avec la justice américaine pour éviter une telle situation. Dans le même temps, "l'Argentine réitère sa volonté de payer ses créanciers restructurés, vu qu'elle a toujours offert de (les) rembourser sous les mêmes conditions en conformité avec la loi du pays", a fait valoir mercredi le ministère de l'Économie dans son communiqué.

Buenos Aires entend ainsi réaffirmer qu'elle ne veut pas se mettre en défaut de paiement, comme l'a rappelé lundi la présidente argentine Cristina Kirchner. Le non remboursement d'une échéance due équivaut toutefois bel et bien à un défaut de paiement du point de vue des marchés et des agences de notation, comme l'a rappelé mardi l'une d'entre elles, l'américaine Standard and Poor's.

Le cas argentin est suivi de près par les grands argentiers du globe qui craignent que les créanciers refusent à l'avenir tout compromis avec les Etats en difficulté dans l'espoir de récupérer l'intégralité de leur dû.

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a écrit le 19/06/2014 à 15:59 :
Voici ce qui nous attend dans une quinzaine d'années!!
Et on pleurera sur les méchants capitalistes alors que ce sont les états qui, incapables de gérer correctement, ont accumulé les déficits.
Réponse de le 19/06/2014 à 19:06 :
+ 100
a écrit le 19/06/2014 à 10:31 :
Cool, un nouveau crach causé par des vautours. C'est beau
Réponse de le 19/06/2014 à 15:46 :
' tout crédit vois engage et doit être remboursé. vérifier votre capacité à rembourser avant de vous engager ".
valable pour le quidam qui a acheté un écran plat, ou une maison, ou une voiture...
les dirigeants ne devraient ils pas être aussi performant que des client de supermarché ? même si je pense que ces 2 fonds la sont des charognards...
a écrit le 19/06/2014 à 10:16 :
Maintenant les occidentaux commencent leur acharnement contre l'Argentine, un pays dont on entendait parler à peine jusqu'à ce que "les Maîtres du monde" l'ont mis au ban. C'est comme si l'on éprouvait du plaisir avec le malheur des autres pays, ce sentiment ô combien connu de chez nous de se réjouir intimement lorsqu'on apprend sur les non-réussites d'autres économies, une sorte de baume à nos déboires du quotidien. Pas édifiant. Du tout. Bonne chance à l'Argentine et qu'elle puisse redevenir une économie forte et stable dans l'avenir !
Réponse de le 19/06/2014 à 15:02 :
Oui, demander à un emprunteur de rembourser son prêt, c'est de l'acharnement, évidemment.
a écrit le 19/06/2014 à 9:40 :
Cool, un nouveau crach causé par des vautours. C'est beau
a écrit le 19/06/2014 à 9:30 :
L’Espagne a fini l’année 2013 avec un endettement à 93,9% du PIB. Trois mois plus tard, fin mars 2014, il est passé à 96,8% du PIB. L’Italie a fini l’année 2013 avec une montagne de dettes de 2 069,216 milliards d’euros à 132,6% du PIB. Fin avril 2014, 4 mois plus tard donc, la montagne de dettes italienne est passée à 2.146,4 milliards d’euros, soit 77,184 milliards d’euros de plus au compteur. Le problème est que si un pays est surendetté et qu’il doit continuer à emprunter aux banques, en l’absence d’une croissance suffisamment forte de ses ressources, il est dans un Système de Ponzi dont l’issue est inévitablement la faillite. Tout le monde devrait comprendre que le Financement des États par les banques n’est plus adapté aux cas de pays surendettés à croissance bancale. Malheureusement ceux qui nous dirigent n’ont pas encore compris qu’il faut repenser le système de fond en comble.
a écrit le 19/06/2014 à 9:19 :
.... la France c'est c'est pour quand ???????
Réponse de le 19/06/2014 à 10:30 :
La France c'est différent. Le pays est riche et les Français ont des livrets d'épargne et d'assurance vie bien garnis. Les marchés savent que l'Etat a de quoi se servir et payer cash sa dette d'un coup si nécessaire...
Réponse de le 19/06/2014 à 14:56 :
" personne n'est aussi grand VOLEUR, que l'état"! dit-on" véridique s'il en est !
Réponse de le 19/06/2014 à 19:07 :
c'est ce que l'on dit et entend depuis toujours...ça ne change guère
a écrit le 19/06/2014 à 8:57 :
ce n'est pas la première fois que l'argentine se retrouve dans cette situation , pour l'Europe c'est different , les traités européens ont permis l'envol des dettes publiques au profit de pays qui jouent du dumping social et monétaire , de plus si on prend le japon donc les ressortissants détiennent plus de 90% de leurs dettes publique , ils ne sont pas dans le cas argentin , donc plus un état a de ressortissants qui ont de la dette publique moins ils sont vulnérables face a des fonds spéculatifs , l'Italie est assez bien protégé aussi de ce péril .. en france on glisse doucement vers les 50% de dette publique détenue par des fonds qui un jour pourrait créer une déconvenue majeure ..
Réponse de le 19/06/2014 à 14:59 :
ben, oui l'Argentine s'était il y a quelques temps à ne plus ouvrir les portes de ses banques aux déposants, vu qu'on leur avait pris tout leur fric!
a écrit le 19/06/2014 à 8:54 :
ca y est, tout de suite les menaces... ' qui paye ses dettes s'enrichit', non?
a écrit le 19/06/2014 à 8:52 :
La justice étasunienne serait elle le justice mondiale? TAFTA présage un avenir radieux!
Réponse de le 19/06/2014 à 10:03 :
Faut peut-être tout simplement éviter de s'endetter en dollars.
Réponse de le 19/06/2014 à 11:07 :
Et 10 ans plus tard, tu peux dire bonjour à l'armée américaine.
Réponse de le 19/06/2014 à 16:08 :
Comme vous je suis totalement opposé au Tafta.
Cependant, je trouve trop facile d'accuser les banques ou les HF d'être la cause du problème.
Le vrai problème, c'est l'incapacité des états à vivre modestement et sans déficits.
Si nous ne respectons pas cette règle, c'est un avenir argentin qui nous attend.

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