La Fed durcit son discours sur les taux malgré la croissance revue à la baisse

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Face à la faiblesse de la reprise et de l'inflation, La Fed répète ainsi que les taux d'intérêt resteront proches de zéro pendant une période considérable après la fin du programme de rachat d'actifs dit d'assouplissement quantitatif. (Photo : Reuters)
Face à la faiblesse de la reprise et de l'inflation, La Fed répète ainsi que les taux d'intérêt resteront proches de zéro pendant une "période considérable" après la fin du programme de rachat d'actifs dit d'assouplissement quantitatif. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
La Fed a abaissé sa prévision de croissance en 2014 et reste prudente sur la reprise. Elle a toutefois laissé entendre qu'elle pourrait remonter ses taux plus fortement que prévu en 2015.

La Réserve fédérale des Etats-Unis a laissé entendre mercredi qu'elle pourrait relever les taux d'intérêt à un rythme un peu plus soutenu à partir de l'année prochaine mais aussi que son taux des Fed funds, son principal taux directeur, pourrait se situer à long terme en deçà de ce qu'elle avait précédemment anticipé.

Croissance revue à la baisse en 2014

A l'issue d'une réunion débutée mardi, la banque centrale a également ramené sa prévision de croissance du PIB de 2,1% à 2,3% pour 2014 contre 2,8% à 3,0% précédemment. Elle a maintenu inchangées ses prévisions de croissance de 2015 et 2016 et pense que la reprise est bien là, malgré le coup de froid du premier trimestre.

"L'activité économique rebondit durant le trimestre en cours et continuera de croître à un rythme modéré", a déclaré la présidente Janet Yellen, lors de la conférence de presse qui a suivi les annonces du Comité de politique monétaire (FOMC). "L'économie continue de progresser vers nos objectifs" de plein emploi et d'une inflation de 2%.

La révision de la projection de croissance de 2014 par rapport à la prévision de mars résulte "essentiellement de la contraction inattendue du premier trimestre", a expliqué la présidente de la Fed.

Les rigueurs de l'hiver ont eu raison de la croissance américaine en début d'année, le produit intérieur brut s'étant contracté de 1% au cours des trois premiers mois de 2014.

Les économistes ont signalé que les données parues depuis lors induisaient une contraction plus marquée. Même si la croissance paraît repartir, il reste des ventres mous, surtout dans l'immobilier. Pour la banque centrale, les risques pour l'économie et le marché de l'emploi sont "pratiquement équilibrés".

Hausse des taux plus importante qu'anticipé

Dans ce contexte, les responsables de la Fed voient le taux des Fed funds remonter en 2015, leur prévision médiane le donnant à 1,125% d'ici la fin de cette année-là, contre 1,0% prévu en mars, et à 2,5% d'ici la fin 2016 contre 2,25% anticipé en mars.

A plus long terme, et c'est un point notable car il pourrait témoigner d'une confiance moins évidente envers le potentiel de l'économie sur un tel horizon, la projection médiane du FOMC a été revue à la baisse, avec un taux des Fed funds vu à 3,75% au lieu de 4,0% projetés en mars.

La Fed a réduit son principal taux directeur à pratiquement zéro fin 2008 lorsqu'elle faisait face à la crise financière et à une profonde récession. Le rythme et le calendrier d'une relance du cycle de durcissement monétaire est l'une des décisions primordiales qu'elle doit prendre en fonction de l'évolution de la reprise économique.

Réduction sans surprise du programme d'achats

Comme prévu, la Fed a également continué à dénouer son programme de rachats d'actifs en ramenant ses achats mensuels de 45 à 35 milliards de dollars, répartis en 20 milliards d'emprunts d'Etat et en 15 milliards de dette adossée à des créances immobilières.

En dehors de cela, le communiqué différait peu de celui publié à la fin de la réunion d'avril. La Fed répète ainsi que les taux d'intérêt resteront proches de zéro pendant une "période considérable" après la fin du programme de rachat d'actifs dit d'assouplissement quantitatif (QE).

Elle observe que le chômage reste "élevé" en dépit de la récente croissance de l'emploi et que son indicateur d'inflation privilégié reste en deçà de son objectif de 2%.

"Beaucoup de 'colombes' (au sein du Comité de politique monétaire), veulent s'assurer que la reprise est bien réelle et bien ancrée et c'est pourquoi ils maintiennent cette posture accommodante", a réagi Kim Ruper, d'Action economics pour Reuters.

Pour aller plus loin:

>> Etats-Unis: "les cicatrices de la récession sont encore visibles" (Lagarde)

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Commentaires
a écrit le 19/06/2014 à 13:19 :
Cet article fait une bonne analyse des annonces de la Fed; mais ce qui surprend, c'est la réaction des marchés, qui montent encore plutôt que de baisser. Le Dow Jones atteint presque 17000 points, contre 13500 maximum avant la crise de 2007-2009 !!! Pourquoi des niveaux aussi élevés ??? N'est ce pas une énorme bulle spéculative, entretenue par la planche à billets de la Fed, planche à billets qui est pourtant en train de se terminer ?
a écrit le 19/06/2014 à 13:14 :
Ce n'est plus de l'incompétence ni même de l'aveuglement. C'est de la complicité criminelle.
La reprise est là ! Encore faible mais là. Tout va bien se passer ! Serrez les fesses. Ces gens ont abdiqué, se sont soumis et ne sont plus que de braves séides des 1%. Dans l'espoir de rester le plus longtemps la tête hors de l'eau. En réalité, quand le choc va venir, ils seront jetés du bateau.
Réponse de le 19/06/2014 à 15:19 :
Oui, quand la crise est arrivée, plutôt que de punir les coupables, les banquiers spécialistes du subprime et du crédit pourri, la Fed a... distribué 3000 milliards aux banques; elle leur a même racheté leurs crédits pourris !!! (achat de crédits immobiliers...). Par contre la population, les gens du peuple, elle les a laissé creuver...
Réponse de le 19/06/2014 à 17:06 :
@vendu !Les subprimes c'étaient pas des credits immobiliers accordés au pauvres à taux trés bas pour acceder à la propriété ?

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