Des élus allemands veulent priver la Russie de Coupe du monde en 2018

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Selon le  vice-président du groupe CDU/CSU au parlement allemand, une telle mesure serait bien plus efficace que les sanctions économiques mises en place par Washington et Bruxelles. (Photo : Reuters)
Selon le vice-président du groupe CDU/CSU au parlement allemand, une telle mesure serait bien plus efficace que les sanctions économiques mises en place par Washington et Bruxelles. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Certains élus conservateur allemands remettent en cause l'organisation de la Coupe du monde de football 2018 en Russie après la destruction du vol MH17 en Ukraine. Le débat fait rage outre-Rhin.

Pas de Mondial 2018 pour la Russie ? Michael Fuchs, vice-président du groupe CDU/CSU au parlement allemand, a demandé la remise en cause de l'attribution de l'organisation de la Coupe du monde de football à la Russie en 2018... et propose l'Allemagne comme nouvel organisateur.

 

Plus efficace que les sanctions prônées par Washington

"La Fifa devrait se demander si la Russie est un pays hôte adéquat si elle ne peut même pas garantir la sécurité des couloirs aériens", a-t-il déclaré mercredi au quotidien allemand Handelsblatt après la tragédie du vol MH17 en Ukraine, qui a coûté la vie à 298 personnes

Selon lui, une telle mesure serait bien plus efficace que les sanctions économiques mises en place par Washington et Bruxelles. Les frontières russes étant, "dans leur diversité", bien trop poreuses pour que l'on puisse réellement couper le pays de ses importations. 

Une idée qui dépasse les clivages politiques

Même son de cloche du côté de Peter Beuth, ministre de l'Intérieur du Land de Hesse et président de la conférence interministérielle des Länder sur le sport :

"Si Poutine ne coopère pas activement pour clarifier ce crash, il sera impensable de confier la Coupe du monde de football à la Russie en 2018", a-t-il confié mercredi quotidien Bild.

Le ministre attend en particulier du président russe qu'il fasse pression sur les séparatistes du l'est de l'Ukraine pour mettre un terme au conflit. 

Au-delà même des rangs de la CDU/CSU des voix se sont élevées pour faire écho à ces demandes. Volker Beck, premier secrétaire du groupe parlementaire des Verts au Bundestag, explique ainsi au journal HAZ.

"On ne peut pas attribuer une Coupe du monde à un pays qui a annexé une partie d'un autre pays au mépris du droit international."

La Russe ne voit "aucun rapport"

Tous ne rejoignent pas cet état d'esprit. Ainsi, le vice-chancelier et ministre de l'économie social-démocrate du gouvernement Merkel, Sigmar Gabriel, estime qu'il est trop tôt pour se poser ces questions.

"Je ne pense pas qu'il soit particulièrement intelligent de conduire un débat sur la prochaine Coupe du monde quatre ans à l'avance."

Alors que le débat prend une ampleur nationale de l'autre côté du Rhin, les Russes veillent à éviter qu'il ne s'invite sur la scène internationale. Questionné sur les conséquences que la crise ukrainienne pourraient avoir sur la Coupe du monde 2018, le ministre des sports russe Vitali Motko a bien précisé lors d'une conférence de presse qu'il ne voyait "aucun rapport entre ces deux événements. [...] Ce sont deux choses distinctes. La crise en Ukraine n'aura aucune influence sur la Coupe du monde"

La FIFA reste de marbre

Quant à la FIFA, elle ne voit pas forcément d'un bon œil cette ingérence de la politique dans ce qu'elle considère comme son jardin privé. Theo Zwanziger, ancien président de la fédération allemande de footbal (Dfb) et membre du comité exécutif de la FIFA, s'est ainsi expliqué dans un entretien accordé au journal Handelsblatt:

"On demande toujours très vite à la FIFA d'intervenir. Cependant les boycotts dans le sport n'ont que rarement apporté quelque chose. C'est pourquoi je reste indifférent à cette proposition. (D'autre part,) l'organisation de la Coupe du monde a été confiée à la Russie. Des contrats ont déjà étés signés et des droits accordés."

Il faut dire aussi que l'organisation internationale doit déjà avoir suffisamment de problèmes à régler avec les très forts soupçons qui pèsent sur le Qatar, coupable selon certains médias d'avoir acheté l'organisation du Mondial 2022

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