Brésil, le miracle Rousseff

La présidente brésilienne Dilma Rousseff, bien que fragilisée sur l'économie et bousculée par l'écologiste Marina Silva, aborde en favorite le premier tour de la présidentielle de dimanche.
La présidente sortante Dilma Rousseff part favorite pour l'élection présidentielle brésilienne
La présidente sortante Dilma Rousseff part favorite pour l'élection présidentielle brésilienne (Crédits : reuters.com)

Une miraculée. Portée par un spectaculaire retournement de l'opinion et malgré une situation économique préoccupante, la présidente sortante Dilma Rousseff part favorite pour l'élection présidentielle de dimanche au Brésil, qu'elle pourrait remporter à l'issue d'un second tour dans trois semaines. Personne n'aurait donné cher de l'avenir de Dilma Rousseff l'an dernier quand plus d'un million de Brésiliens étaient descendus dans les rues. Beaucoup pensaient alors que les Brésiliens ne voulaient plus du Parti des Travailleurs (PT) au pouvoir.

Il y a encore trois semaines, les chances de réélection de Dilma Rousseff pour un second mandat de quatre ans semblaient des plus minces face à la montée dans les sondages de la candidate du Parti socialiste brésilien (PSB), l'écologiste Marina Silva, qui profitait de la grogne de plus en plus vive de la population contre les pouvoirs établis. Mais la chef de l'Etat a peu à peu rattrapé son retard, aidée en cela par l'avantage considérable que lui procure la législation brésilienne, lui conférant un accès privilégié aux médias durant la campagne pour le premier tour.

Omniprésence médiatique

Son état-major de campagne a pu bombarder les radios et télévisions de spots publicitaires s'interrogeant sur la capacité de Marina Silva à diriger le pays et la décrivant comme la candidate d'une élite financière vorace déterminée à détricoter les programmes sociaux dont dépendent un grand nombre de Brésiliens pauvres. Ces publicités offensives - et les erreurs de la candidate du PSB au fil de la campagne - ont rebattu les cartes, donnant à ce scrutin un suspense particulier, que les Brésiliens n'avaient plus connu depuis l'élection en 2002 du syndicaliste Luiz Inacio Lula da Silva, prédécesseur et mentor de Dilma Rousseff.

Fugace favorite, Marina Silva n'est aujourd'hui même plus assurée d'être au second tour le 26 octobre. Elle est en effet talonnée par le candidat jusqu'ici en troisième position, Aecio Neves, sénateur centriste du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Selon les derniers sondages, Dilma Rousseff est créditée d'environ 40 % des intentions de vote au premier tour tandis que Marina Silva et Aecio Neves se disputent la deuxième place entre 20 % et 25 %.

La remontée de Dilma Rousseff dans les sondages a fait baisser les marchés financiers. Depuis que s'est amorcé le rebond de la présidente il y a un mois, le réal brésilien a perdu plus de 10 % de sa valeur et l'Etat a vu le taux d'intérêt de sa dette fortement augmenter. Sur le mois de septembre, l'indice Bovespa de la Bourse de Sao Paolo a perdu près de 12 %.

 Lula aux côté de Rousseff

Alors qu'elle affichait une croissance de 7, 5% en 2010, l'année de l'élection de Dilma Rousseff, l'économie brésilienne est entrée en récession au deuxième trimestre de cette année, plombée par la fin du boom des matières premières et la dégradation de la confiance des milieux d'affaires face à l'interventionnisme de l'Etat dans des secteurs comme l'électricité et le bâtiment. La présidente sortante est aussi critiquée par les Brésiliens aisés, qui l'accusent de mener une politique défavorable aux affaires, et par les classes moyennes, qui pestent contre l'inefficacité de l'administration et jugent la classe politique gangrenée par le népotisme et la corruption.

Face à ces critiques, Dilma Rousseff sait qu'elle peut compter sur les voix de millions de Brésiliens qui ont pu sortir de la pauvreté et accéder à la société de consommation grâce au boom économique de la dernière décennie et aux programmes d'aide sociale mis en place par le PT. Ce dernier est en outre une machine efficace et Lula, l'homme politique le plus influent du pays, est toujours à ses côtés.

Marina Silva contre-attaque

La présidente doit toutefois convaincre ses concitoyens qu'elle peut et va faire mieux. Sous le slogan "Nouveau gouvernement, nouvelles idées", elle a promis de consolider les avantages sociaux, de développer des logements pour les revenus modestes et l'accès à internet pour tous ou encore de lutter contre la corruption. "Pour changer un pays, il faut choisir un camp. Le peuple brésilien l'a déjà fait. C'est pourquoi l'injustice et la pauvreté sont en train de disparaître de nos vies", affirmait jeudi une publicité télévisée pour la candidate du PT, au dernier jour de la campagne.

Face à la contre-offensive de la présidente sortante, Marina Silva n'est pas restée inerte. Elle a accusé sa concurrente d'avoir menti sur ce qu'elle connaissait du scandale de corruption qui a éclaboussé la compagnie pétrolière d'Etat Petrobras, un dossier dans lequel les noms d'un ministre du PT et d'une vingtaine d'autres hommes politiques ont été cités par la presse. Marina Silva a aussi accusé l'équipe de campagne de Dilma Rousseff d'avoir faussement déclaré qu'elle supprimerait les programmes sociaux, invoquant ses origines pauvres au sein d'une famille nombreuse de récoltants de caoutchouc comme raison suffisante pour démentir de telles affirmations.

Même si elle arrive largement en tête dimanche, Dilma Rousseff ne sera pas pour autant assurée de la victoire le 26 octobre. L'égalité de temps de parole à la télévision pour les candidats qualifiés pour le second tour et la perspective d'un front uni de l'opposition pourraient inverser la dynamique de la campagne.

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Commentaires 18
à écrit le 06/10/2014 à 9:04
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ce petit ministre devrait faire son job: ne pas faire jou-jou avec les autos électriques ou la dentition des ouvrières de Gad. Laisser la liberté aux entreprises par la création d'un environnement favorable à la création et au développement. Pas d'ai...

à écrit le 05/10/2014 à 4:41
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Roussef c'est le résultat du métissage du pire...

le 05/10/2014 à 10:56
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Pour résumer, dans cette marre de commentaires imbéciles, je dirais que ceux qui sont pour Roussef et pour le Parti des Travailleurs, sont pour le Brésil; ceux qui non, sont pour la droite qui se met à genoux devant les Etats-Unis (assim comme notre ...

le 05/10/2014 à 14:22
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@Jean-Charles Visiblement tout n'est pas blanc ou noir... sauf pour vous.

à écrit le 04/10/2014 à 23:26
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Le quidam arrivant au Brésil, n’est pas dépaysé. Bureaucratie harcelante, impôts chaotiques et incompréhensibles, code du travail préhistorique, aides sociales n’incitant pas à travailler, populisme omniprésent (la candidate Silva vient de proposer u...

à écrit le 04/10/2014 à 23:15
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Le Bresil, un pays d'avenir, qui entend le rester.

à écrit le 04/10/2014 à 18:10
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Sur une page Facebook on peut voir une illustration qui se veut un gag mais qui s'avère aussi très révélatrice de la politique brésilienne de ces 20 dernières années. L'image montre les photos encadrées des Présidents du Brésil depuis 1992 avec leurs...

à écrit le 04/10/2014 à 12:47
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La politique brésilienne se présente plus saine que l'européenne, et plus encore que celle des États-Unis de l'Amérique. Au Brésil on voit encore un net clivage entre gauche et droite, entre la classe riche et la classe ouvrière, tandis que chez nous...

le 04/10/2014 à 12:58
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Commentaire complétement HS. Vous comparez des systèmes incomparables. Le Brésil a connu dans un passé très très proche une violente dictature. Seul les moins de 20 ans ont grandi dans un pays démocratique. Il est donc normal que le clivage soit auss...

le 04/10/2014 à 14:41
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Votre réplique est très tendancieuse. Votre discours s'insère bien dans la ligne de la propagande d'État qu'on voit souvent dans nos médias, dans les détails. Je ne serais pas étonné si vous soutenez aussi les putschistes de Kiev et l'élargissement d...

le 04/10/2014 à 17:29
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@ soixante-huitarde La politique brésilienne serait donc plus saine que la nôtre ? Pourtant 50% des parlementaires ont été condamnés par la justice. La corruption est endémique (le Brésil est tombé au 72ème rang mondial). Le clivage gauche-droite y...

le 04/10/2014 à 19:15
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Vous n'avez pas compris mon commentaire : je ne fais pas du tout l'apologie du système politique français ou américain (qui ont bien des défauts j'en conviens), au contraire je voulais plutôt souligner la triste naïveté du commentaire du dessus qui s...

le 04/10/2014 à 22:28
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Pedro, je ne suis pas Mme Soixante-huitarde mais en lisant votre réplique je peux assurément vous dire : Merci pour votre discours, quel magnifique somnifère ! depuis plusieurs jours d'insomnie je commence à bâiller déjà…. Merci encore, bonne nuit !

à écrit le 04/10/2014 à 11:11
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Au moins ils ont moins de chômage (5%) que chez nous (10.2%). C'est curieux, pour nos médias, l'économie du Brésil va toujours mal, ainsi comme celle de la Chine, de la Russie, de l'Inde…. enfin, des pays concurrents, donc, rien de plus normal. Ce qu...

le 04/10/2014 à 12:02
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Chose incroyable il existe en France plusieurs journaux, plusieurs radios et plusieurs chaines de télévision qui n'ont pas toutes les mêmes opinions.

le 04/10/2014 à 12:50
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Dès qu'on veut faire de la désinformation, c'est normal. Regardez plutôt ces indicateurs-ci : www.tradingeconomics.com

le 04/10/2014 à 17:12
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à Chique : Vous tenez un discours de haine, Monsieur, vous vous en rendez compte ? j'observe vos propos maladivement gorgés de haine contre tout ce qui russe dans ce forum et peux vous le dire. Les Russes sont des Européens, Monsieur, nos culture...

à écrit le 04/10/2014 à 9:36
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autant lula a été efficace , autant sa favorite a été particulièrement nulle en faisant l'inverse de ce qu'il faut pour attirer les investisseurs, et autres "forces vives". Un peu comme duflot avec le logement chez nous...

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