Russie : l'inflation à 11,4% son plus haut niveau depuis 2008

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Après avoir ralenti à 6,5% en 2013, l'inflation est repartie en franche hausse après l'introduction en août d'un embargo sur la plupart des produits alimentaires européens et américains.
Après avoir ralenti à 6,5% en 2013, l'inflation est repartie en franche hausse après l'introduction en août d'un embargo sur la plupart des produits alimentaires européens et américains. (Crédits : ILYA NAYMUSHIN)
Les prix russes ont globalement augmenté de 11,4% en 2014, une hausse inégalée depuis 2008, dopée par l'embargo alimentaire lié à la crise ukrainienne et l'effondrement du rouble.

Mis à part le prix de la vodka qui a été gelé la semaine dernière sur ordre de Vladimir Poutine, les prix à la consommation atteignent des sommets fin 2014 à 11,4%. L'envolée des prix, qui pourrait selon les analystes atteindre 15% à 20% dans les mois à venir, constitue pour l'heure la conséquence la plus visible de la crise monétaire qui a éclaté en décembre à l'issue d'une année d'isolement croissant de la Russie en raison de la crise ukrainienne.

15,4% en plus sur l'alimentation

La hausse des prix à la consommation s'est considérablement accélérée en décembre, mois marqué par une violente chute du rouble, puisqu'elle représente 2,6% par rapport à novembre, a précisé le service des statistiques Rosstat. Les produits alimentaires se sont par exemple renchéris de 15,4% sur l'année.

Après avoir ralenti à 6,5% en 2013, l'inflation est repartie en franche hausse après l'introduction en août d'un embargo sur la plupart des produits alimentaires européens et américains.

Le rouble en chute libre

La tendance s'est aggravée avec la chute du rouble dans les mois qui ont suivi, sur fond de sanctions économiques occidentales de plus en plus sévères, de plongeon des cours du pétrole (principale source de revenus budgétaires) et la défiance croissante de la population qui a massivement converti ses roubles en devises étrangères.

Au total, le rouble a perdu sur l'année 41% face au dollar et 34% face à l'euro. Il a fini mardi soir (dernier jour de cotation sur les marchés russes) à 55,50 roubles pour 1 dollar et 69 roubles pour 1 euro.

Subissant entre les 15 et 16 décembre sa chute la plus violente depuis le placement de la Russie en défaut de paiement en 1998, la monnaie russe plongeait à 80 roubles pour 1 dollar et 100 roubles pour 1 euro le 16 décembre, avant de se reprendre.

Baisse prévue de 4% du PIB russe en 2015

Le ministre de l'Économie Alexeï Oulioukaïev a prévenu pendant le week-end que la hausse des prix devrait s'accentuer jusqu'en avril et que la conséquence serait "une forte chute de la consommation".

Les autorités russes ont déjà prévenu que le produit intérieur brut du pays pourrait chuter de plus de 4% en 2015, après une croissance évaluée à 0,6% en 2014.

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Commentaires
a écrit le 31/12/2014 à 17:08 :
Nous avons là un exemple de ce que donnerait la politique de dévaluation miracle de MLP en France.
Mais c'est aussi le cas au Venezuela (les copains de la Méluche...).
En 2008 1$ = 24,46 roubles
29.04.11 1$ = 27 roubles
19.03.12 1$ = 39 roubles
19.12.14 1$ = 58 roubles
27.12.14 1$ = 53 roubles
31.12.14 1$ = 58 roubles (jusqu'à 60 en début d'après midi)
Essayez d'imaginer si c'était l'Euro qui avait dégringolé ainsi (avec Marine le Pen ce serait possible) !!!
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Les réserves en devises de la Banque Centrale de Russie ont atteint un maximum historique au début d'août 2008 avec 598 milliards de $.
Aujourd'hui ces réserves sont tombées à 310 milliards de $ à force de soutenir le rouble.
.
Plus encore que la chute du rouble ou la baisse du cours du pétrole, le pire est certainement la perte de confiance des investisseurs (pour 5 à 10 ans sans doute) dans la Russie.
Réponse de le 31/12/2014 à 18:09 :
Votre raisonnement est chocant. J'ai pas lu jusqu'au bout, juste les premières lignes m'ont suffit...
Réponse de le 31/12/2014 à 18:13 :
Il y a un problème de l’euro parce que les performances économiques moyennes de la zone euro sont inférieures à la moyenne de pays développés sur deux critères essentiels : le taux de chômage qui est y plus élevé qu’ailleurs, la croissance du PIB qui est y plus faible qu’ailleurs . Exemple taux de chômage à 11,5% dans la zone euro contre 7,5% en moyenne OCDE qui inclut 15 pays de la zone euro sur 34. Les dernières statistiques des echos signale un taux de chômage de 5,6% en 2014 en Russie, 8,8% en Argentine et 8% au Venezuela, des pays affrontant actuellement de gros problèmes. Comparez avec la Grèce qui a la chance inouïe de se trouver dans l’euro. Il est vrai que si la France sortait de l’euro elle commencerait par une forte récession, et que ce n’est que sur le long terme qu’elle profiterait d’un taux change non surévalué. En sortant de l’euro c’est vrai qu’elle commencerait par un taux de change trop sous-évalué et une récession inévitable. C'est aussi pour cela que la sortie de l'euro doit être bien gérée.
Réponse de le 01/01/2015 à 3:10 :
@Marco29: Même si je suis globalement d'accord avec vous, votre argumentation n'est pas vraiment parfaite. 1. Le cours EURO/USD a varié entre 0.82 et 1.58, même si c'était pour une plus longue période. Ce sont deux devises principales du monde. 2. Pour la Russie à 2008 le dollar était à 24 roubles, à 2013 cela a été 32 roubles, au même temps le PIB nominal a resté stable, même légèrement augmenté. 3. Les réserves de change de la Banque Centrale de la Russie sont 388 mlrd. dollars, pas à 310, comme vous écrivez.
a écrit le 31/12/2014 à 17:00 :
Il y a seulement quelques mois, nous avons assisté à un gigantesque accord gazier conclu par la Russie et la Chine pour un montant de 400 milliards de dollars. Les médias occidentaux ont accueilli cet accord avec une malhonnêteté partisane, affirmant à tort que la Chine était en train de prendre le dessus sur la Russie, bien que toute montre que la Chine a accepté de payer environ $360 les 1000 cm3, soit un prix similaire à celui que paye l’Union européenne, avec un prix qui fluctue en tandem avec ceux du pétrole.

Des informations sortent maintenant évoquant un autre contrat qui pourrait mettre en concurrence l’Union européenne avec la Chine sur les mêmes fournitures de gaz de Sibérie occidentale, celles-ci parlent d'un nouveau accord conclu entre la Chine et la Russie pour 30 milliards de mètres cubes, qui viennent s’ajouter aux 38 Mrd m3 du premier contrat. Voici une nouvelle à laquelle peu de gens ont prêté attention, malgré ses effets dramatiques à long terme sur une économie européenne déjà en perte de vitesse.

Même au moment où il a été rendu public, ce contrat a suscité très peu de réactions. Rares sont ceux en Europe qui en profitent pour lancer un débat public sur ses implications. On fait comme si c’était sans importance, bien qu’il s’agisse en réalité d’une question très importante.

Faute de meilleures relations avec la Russie, l’Union européenne s’achemine vers un gouffre de 150/200 Mrd m3 entre l’offre et la demande d’ici 2030. La cause de ce gouffre est le déclin de la production en mer du Nord, dans les pays tels que les Pays-Bas et dans une moindre mesure la Norvège, et peut-être aussi une perte de 50 Mrd m3 sur les 80 qui transitent par l’Ukraine.

Je comprends l’ambition géopolitique des dirigeants occidentaux de garder le robinet ukrainien ouvert, ce qui les conduit à ignorer les conséquences négatives sur l’économie. Il est peut-être temps de comprendre que la Russie a déjà pris la décision de faire une croix sur l’Ukraine comme pays de transit. Le premier pas dans cette direction fut la construction de Nord Stream. South Stream et Blue Stream devaient être l’étape suivante, et la dernière.

Face l’obstruction que rencontre le projet de la part des Européens et des Américains, la Russie a décidé de détourner son gaz vers l’Est. Toute tentative supplémentaire visant à bloquer le projet South Stream ne fera que frapper un peu plus durement encore les économies européennes, et par ricochet nuira aux intérêts des producteurs de GNL. Au plan géopolitique, il n’y a plus rien à gagner.

Joyeuse Année 2015 à La Tribune et à tous qui nous animent avec vos commentaires tout au long des années.
a écrit le 31/12/2014 à 16:48 :
En France tout le monde a bien conscience que nous n'avons pas d'inflation...la preuve, le taux de la caisse d'épargne tombera à 0,75% en février 2015 .. En Russie ils ont de l'inflation et un taux d'imposition à 13% maximum je me demande si la vie pour les Russes
est aussi difficile .....
a écrit le 31/12/2014 à 16:39 :
Nous , on a l'INSEE qui "réduit" bien comme il faut l'inflation pour les cerveaux pas trop regardant sur les dépenses vitales.
a écrit le 31/12/2014 à 15:35 :
un article anti-russie, ca faisait longtemps...merci la tribune....c'est la fête à Nancy du coup !
Réponse de le 31/12/2014 à 15:51 :
Un commentaire pro-russe, comme c'est original. Ca ne vous fatigue pas de tous les écrire sous des pseudos différents ?
Réponse de le 31/12/2014 à 16:51 :
La Vérité serait anti-russe ?
L'AFP s'en tient généralement au plus près des faits et je ne pense pas que que la Tribune ait brodé.
Le ministre de l'Économie Alexeï Oulioukaïev l'a lui-même reconnu : la hausse des prix devrait s'accentuer jusqu'en avril (en fait il n'en sait rien) et que la conséquence serait "une forte chute de la consommation".
a écrit le 31/12/2014 à 15:28 :
Encore un papier de propagande aux couleurs de la bannière étoilée succursale Paris, mais c'est pas grave.
Pendant ce temps, et plus concrètement, une quarantaine de pays et de groupes d’intégration ont officiellement signifié leur désir de créer des zones de libre-échange avec l’Union économique eurasiatique (UEEA). Ces échanges seront faites soit en roubles, soit en yuans, soit dans les respectives monnaies de chaque pays. Exit dollar, exit euro. Figurez-vous le marché euroasiatique de demain, surtout quand il aura la nouvelle Route de la Soie en activité ?

La différence entre la presse-aux-ordres-du-système US et l'UEEA c'est que la première ne regarde que les feuilles devant son museau, tandis que la deuxième voit déjà la forêt.

Bonne Année à tous. Quand-même.
Réponse de le 31/12/2014 à 15:50 :
Bonne année en espérant que votre rêve de vivre en dictature se réalise.
Réponse de le 01/01/2015 à 16:11 :
@Chich ; c'est sur que depuis 10 ans la democrature europeenne fait rever ... Tiens la Lituanie integre l'euro, le salaire minimum dans ce riche pays est de 290 euros par mois. Vive le nivellement par le bas, le dumping social et salarial organisé par les eurocrates europeens.
a écrit le 31/12/2014 à 15:17 :
1) l'alimentation ordinaire n'est pas un problème en Russie. Ce qui l'est, ce sont les produits alimentaires importés. Que les riches magent du fromage local au lieu de fromages étrangers aura une incidence sur les pays importateurs et le snobisme de certains, pas sur l'économie russe :-) 2) je suyi sles nouvelles russes et n'ai pas entendu parler de ce prétendu gel du prix de la vodka. Faudrait pas non plus prendre Poutine pour un vulgaire épicier :-) je pense donc que cet article en général relève de l'intox plutôt que de l'info :-)
Réponse de le 31/12/2014 à 16:43 :
"et n'ai pas entendu parler de ce prétendu gel du prix de la vodka."

Si, partout et ce n'est pas idiot de sa part.
Cela évitera qu'il n'y ait trop de personnes à se replier sur les alcools frelatés, du liquide de freins, de l’antigel, du lave-glace, du dissolvant, de l’eau de cologne… n’importe quoi.
Réponse de le 01/01/2015 à 2:55 :
@Patrickb: Si, c'est vrai. Ils ont parlé du gel des prix de la vodka.
a écrit le 31/12/2014 à 14:55 :
Cette catastrophe pourra faire réfléchir ceux qui souhaitent une "bonne" inflation en Europe !

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