La future présidence tchèque dévoile son logo dans un climat tendu

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La République tchèque, qui sera à la tête de l'UE au premier semestre 2009, a présenté le logo de sa présidence le 13 novembre, dans une atmosphère tendue. La controverse enfle en effet après la visite du président tchèque, Vaclav Klaus, en Irlande.

Bleu ciel, rouge, jaune, bleu clair, vert et orange. Avec ses six couleurs, le logo de la future présidence tchèque, présenté le 13 novembre, symbolise "l'Europe sans barrière", slogan de la présidence, tout comme la devise de l'UE, "Uni dans la diversité." Le visuel de la République tchèque montre, dans une police de caractère basique et géométrique, que les Tchèques ne sont pas "rabats joie", qu'ils n'ont pas peur d'entreprendre des actions fortes, et qu'ils ont leur propre style, a indiqué le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Alexandr Vondra, dans un communiqué.

Le président tchèque, Vaclav Klaus, n'a pas hésité non plus à imposer son propre style lors de sa visite en Irlande, le 11 novembre. Après un entretien avec le premier ministre, Brian Cowen, qui doit proposer une feuille de route pour résoudre le problème irlandais lors du Conseil européen de décembre, Vaclav Klaus a indiqué à la presse qu'il n'avait pas l'impression que le Taoiseach allait pousser en faveur d'une solution rapide. Sa rencontre avec le leader du non au traité de Lisbonne, Declan Ganley, ne finit pas de faire parler d'elle. Une visite justifiée par le président tchèque par ces mots: "mon prédécesseur, Vaclav Havel, aimait lui aussi rencontrer des dissidents de différents pays, donc maintenant je rencontre un dissident de l'UE. Et je me considère comme l'un d'eux".

Certaines personnalités politiques irlandaises de haut niveau ont exprimé leur indignation sur l?intervention inappropriée du président tchèque dans le débat national sur le traité de Lisbonne.

Le leader irlandais de l?opposition, Enda Keny, a qualifié sa visite de gênante et indiqué qu?elle aurait dû être complètement annulée. Le ministre des Affaires étrangères, Micheál Martin, a ajouté que les commentaires très politiques du président tchèque constituaient une intervention "déplacée" dans les discussions de l?Irlande avec ses partenaires de l?Union européenne.

Vaclav Klaus n'a pas hésité à répliquer qu?il ne pouvait pas accepter une telle «hypocrisie », ajoutant que le problème de la démocratie, qui est "en train de disparaître en Europe", semble être plus grave que prévu au vu des réactions de Micheál Martin.

Le président tchèque a en outre comparé Declan Ganley aux dissidents de son propre pays à l?époque soviétique.

Parallèlement, à Bruxelles, les eurodéputés se sont inquiétés des répercussions que pourrait avoir la visite de Vaclav Klaus sur la future présidence tchèque de l?UE. L?eurodéputé socialiste autrichien Hannes Swoboda a déclaré que la visite du président tchèque était scandaleuse et qu?il s?agissait du pire départ possible pour la République tchèque, qui occupera la présidence de l?UE pendant six mois.

Le pouvoir politique de Vaclav Klaus étant limité, sa visite pourrait n'avoir que de faibles répercussions. La semaine dernière, la Cour constitutionnelle tchèque a cependant reporté sa propre décision sur la constitutionnalité du traité de Lisbonne, à la suite d?une intervention personnelle du président Klaus. En conséquence, il est peu probable que le gouvernement tchèque parvienne à ratifier le traité avant le début de sa présidence, comme l?UE l?espérait.

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bonjour ,
Le pire est à venir avec la présidence tchèque du premier
semestre 2009 : elle aura beaucoup de frictions avec ses
collègues européens. Cela va ternir l' image de l' Europe
et influencer ,dans le mauvais sens, les opinions publiques qui vont voter pour les " élections européennes " .

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