Le patron de la FNSEA estime que Bruno Le Maire devra défendre une agriculture "à la française"

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Le président du premier syndicat agricole français a estimé que le successeur de Michel Barnier au ministère de l'Agriculture devra défendre le modèle hexagonal lors des négociations européennes à venir.

Le nouveau ministre de l?Alimentation et de l?agriculture, Bruno Le Maire, a rencontré, mardi 30 juin, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer. A l?issue de ce premier entretien, le président du premier syndicat agricole a souligné l?importance de la dimension européenne des défis qui doivent être relevés par le nouveau ministre.

"Il y a de très gros dossiers sur la table. Il ne peut pas y avoir de temps mort", a-t-il expliqué. Bruno Le Maire arrive en effet rue de Varenne au milieu des contestations des producteurs de lait, qui ont commencé à la mi-mai (EurActiv.fr, 19/05/2009). "On ne sortira pas de la crise laitière s?il n?y a pas de volonté européenne de prendre un certain nombre de mesures pour soulager le marché", a déclaré le président de la FNSEA. "Cela ne peut pas être le fait de deux ou trois Etats membres."

Quelques heures après sa nomination, Bruno Le Maire avait estimé qu?il n?était "pas convaincu que les quotas [laitiers] soient la formule absolue", tranchant ainsi singulièrement avec son prédécesseur Michel Barnier qui avait toujours défendu bec et ongles ce système (EurActiv.fr, 26/06/2009). "La décision de supprimer les quotas est prise", a argué Jean-Michel Lemétayer, soulignant qu?il était très improbable que l?UE revienne sur ce point, objet de consensus entre la majorité des producteurs européens. "Il vaut mieux se battre sur des choses que l?on pourra obtenir", a-t-il dit.

"J?espère que nous arriverons à convaincre les décideurs européens, c?est-à-dire la future Commission et le parlement européen, de l?indispensable levier de régulation des marchés", a-t-il argué.

Revenant sur le passé du nouveau ministre, le président de la FNSEA a estimé que ses activités antérieures ne pouvaient pas constituer "un handicap" dans ses nouvelles fonctions. "Du point de vue agricole, ses relations avec l?Allemagne sont des éléments favorables", a-t-il commenté.

Bruno Le Maire est en effet connu comme un fin connaisseur des relations franco-allemandes. Germanophone et germanophile, il avait été nommé au secrétariat d?Etat aux affaires européennes par Nicolas Sarkozy pour rapprocher Paris et Berlin.

"Nous savons tous qu?une volonté commune, des orientations communes de la France et de l?Allemagne pèseraient lourd dans le futur européen de l?agriculture", a-t-il dit, ajoutant que "pour préparer l?avenir de la politique agricole, on est obligé d?avoir les yeux rivés sur 2013 et après". L?ancien secrétaire d?Etat aux Affaires européennes devra en effet négocier la future politique agricole commune, qui entrera en vigueur en 2014, et dont les budgets seront débattus dès la fin 2009 à Bruxelles.

Mais le président de la FNSEA a également averti: "quand on accepte la responsabilité de ce ministère, il faut endosser le costume d?une agriculture française qui est riche de sa diversité. On sait que lorsque l?on va aller sur le plan européen, on va être concerné par toutes les cultures, ou presque." Bruno Le Maire ne devra donc pas être tenté de laisser sa fibre "européenne" l?emporter sur la défense des intérêts des agriculteurs français.

Il a enfin souligné que le système français était situé à l?opposé de "certaines thèses très libérales", faisant ainsi référence à la conception des marchés agricoles défendue par la Commission européenne.

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C'est impossible,il faut se rendre à l'évidence,l'europe doit faire un gros effort sur la recherche et ne pas subventionnée en pure perte une agriculture boiteuse.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
L'agriculture à la française version FNSEA : des fruits et légumes bourrés de pesticides avec des subventions spéciales pour les céréaliers (et une prime supplémentaires pour les cultivateurs d'OGM). Ouaouh ! Cà fait rêver ! Le cancer pour tous !!

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