L'Europe du Nord divisée par l'euro... et par la politique fiscale

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Après le Royaume-Uni, la Suède va baisser son impôt sur les sociétés. A l'inverse, la Finlande a annoncé un nouvel impôt sur les "riches". Une division liée à l'euro ?

Selon que l?on soit dans ou en dehors de la zone euro, l?évolution de la fiscalité sera différente. Le cas des deux voisins nordiques, Suède et Finlande, semble le prouver. Jeudi, Stockholm a ainsi confirmé sa volonté de baisser l?impôt sur les sociétés de 2 points à 24,3 %. Le ministre des Finances Anders Borg a estimé en effet que l?arbitrage fiscal était « le plus grand mal » du Royaume. Il a reconnu que l?annonce britannique de réduire l?imposition sur les entreprises était un élément déterminant de sa décision.

Déductions remises en cause

Stockholm n?entend pas pour autant mettre fin à sa politique budgétaire responsable. Cette baisse de l?impôt sur les sociétés sera en effet financée par une remise en cause de certaines déductions fiscales, notamment celles qui concernent le paiement des intérêts réalisé en dehors de l?Union européenne. La mesure devrait permettre de dégager 6,3 milliards de couronnes, soit 704 millions d?euros. De quoi financer la réduction du taux d?imposition prévu à partir du 1er janvier 2013.

Rigueur en Finlande


Une fois passé le Golfe de Botnie, vous voici en Finlande, membre de la zone euro. Ici, le tableau est différent. Jeudi, le gouvernement de coalition du premier ministre Jyrki Katainen a annoncé de nouvelles mesures de rigueur. Outre une nouvelle série de réductions des dépenses de 1,2 milliard d?euros, Helsinki a annoncé une hausse d?impôts de 1,5 milliard d?euros. Certes, la majeure partie de cette hausse touchera la consommation puisque la TVA sera relevée d?un point. Mais le gouvernement finlandais, également composé de plusieurs partis de gauche, a décidé de créer une « taxe de solidarité » temporaire sur ceux qui touchent plus de 100.000 euros par an.

Désavantage à la zone euro ?
Ces mesures visent à sauver le triple A de la Finlande, mis sous sur surveillance négative par S&P avec ses homologues de la zone euro, Allemagne exceptée, le 13 janvier dernier. Le ralentissement de la croissance finlandaise, très fortement dépendante de la conjoncture internationale, à 0,4 % en 2012 ajoute encore de la pression au gouvernement d?Helsinki. Mais évidemment, l?épée de Damoclès qui menace la Finlande, et non la Suède, c?est le coût du sauvetage de la zone euro. Un coût réel (via la participation au MES) et potentiel (via les garanties accordées). C?est du reste ce danger qui a amené S&P à menacer le AAA de la Finlande et non de la Suède.
 

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Commentaires
a écrit le 24/03/2012 à 8:14 :
Pardonnez-moi, dans l'article posté précédemment, j'ai désignée la Norvège en pensant Finlande....
a écrit le 24/03/2012 à 8:12 :
L e dogme de l'euro est plus fort que tout. Le bons sens élémentaire devrait conduire à une analyse sans à-priori du bilan de la monnaie unique, mais personne n'aura le courage politique de s'y risquer.
Tout le monde sait que l'euro est probablement condamné, en raison des disparités économiques qui, au fil du temps, sont devenues des divergences.
La comparaison Suède- Norvège renforce cette évidence. Au delà de l'euro se pose également le problème des Banques centrales. Pourquoi seules les banques centrales de la zone euro sont elles les seules à ne pas pouvoir contribuer aux investissements publics?
Les pays qui n'ont pas aliéné cette liberté souveraine s'en sortent beaucoup mieux.
A quand le langage de la vérité?

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