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ÉconomieUnion européenne

Crise de la dette : quand l'Histoire s'en mêle...

Fabien Piliu, avec l'AFP

Publié le 03 août 2012 à 13:00 - Mis à jour le 03 août 2012 à 13:16

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Un député polonais réclame à l'Etat espagnol le remboursement d'une dette contractée au XVIe siècle. Son montant s'élève à 235 millions de zlotys, soit 57,4 millions d'euros. En juin, c'était un député grec qui réclamait 1.000 milliards d'euros à l'Allemagne au titre des dommages de guerre.

On a coutume de dire que c'est dans les moments délicats que la solidarité joue. Au sein de l'Union européenne, celle-ci est pour l'instant sans faille, malgré quelques tensions politiques finalement assez normales compte tenu des difficultés à trouver une solution durable à la crise de la dette souveraine qui secoue l'Union. Mais cette solidarité est mise à mal par quelques personnalités politiques européennes qui en appellent à l'Histoire pour résoudre les problèmes actuels.

Une solidarité sans faille ? A voir

Alors que l'Espagne se débat pour assurer le remboursement de sa dette, Marek Poznanski, un député polonais de gauche du Mouvement de Palikot, lui réclame le remboursement d'un prêt de 235 millions de zlotys, soit 57,4 millions d'euros, accordé au XVIe siècle. Cette dette de 430.000 ducats en or a été contractée par le roi Philippe II d'Espagne auprès de la reine de Pologne, l'Italienne Bona Sforza , pour couvrir les dépenses de la guerre entre l'Espagne et la France qui décidait du contrôle du Royaume de Naples. Elle n'a pas été remboursée en totalité.

Une requête officielle a été déposée

Le député a adressé sa requête au ministère polonais des Affaires étrangères qui doit étudier la question. Selon le site Internet du député, un ducat d'époque était fait avec 3,5 grammes d'or. Au cours actuel du métal jaune, la valeur de l'emprunt s'élève alors à 57,4 millions d'euros, sans compter les intérêts. La Pologne, qui s'est efforcée de recouvrir cette dette jusqu'au XVIIIe siècle, n'a réussi à récupérer que 10% de la somme prêtée. Selon des historiens, Bona Sforza, morte en exil à Bari en Italie, aurait été empoisonnée pour le compte de Philippe II qui voulait éviter le remboursement de la dette.

« Des sommes napolitaines »

Cet événement aurait donné naissance à l''expression "sommes napolitaines", devenue proverbiale dans l'ancien polonais, qui évoque des créances irrécouvrables, à l'instar des " emprunts russes" en France.

Des juristes, cités par les médias polonais, restent cependant sceptiques quant à la possibilité de recouvrir la dette, compte tenu du temps écoulé et des changements survenus dans les deux pays. Le député remarque que l'Espagne a pu récemment récupérer un trésor de 500 milles pièces d'or et d'argent et pesant 17 tonnes. Le trésor, découvert sur un navire espagnol coulé en 1804, par la société américaine Odyssey, spécialisée dans la récupération d'épaves, est revenu à l'Espagne après cinq ans de batailles juridiques avec Odyssey.

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Un député grec réclame 1.000 milliards d'euros à l'Allemagne

Les sommes réclamées en juin par Manolis Glezos, un député de la gauche radicale Syriza sont d'un tout autre montant. Cette figure de la résistance grecque réclamait 1.000 milliards d'euros à l'Allemagne au titre des dommages de guerre. Un autre rappel historique s'impose. Lors de la conférence internationale de Paris en 1946, une indemnisation de 7 milliards de dollars avait été décidée pour compenser les dommages causés par l'occupation allemande en Grèce de 1941 à 1944. Selon les calculs de Manolis Glezos, ces 7 milliards de dollars de 1946 représentent aujourd'hui 108 milliards d'euros, si l'on prend en compte l'inflation. Il faut y ajouter le remboursement d'un prêt forcé de 3,5 milliards de dollars imposé à la Grèce occupée par l'Allemagne nazie, ce qui fait grimper la facture 54 milliards d'euros. Celle-ci atteint même 1.000 milliards d'euros si un taux de 3% d'intérêt est appliqué.

Et la France alors ?

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  • Pourquoi l'Allemagne devrait 1.000 milliards d'euros à la Grèce
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Heureusement que les emprunts russes contractés par les tsars Alexandre III et son fils Nicolas II en France entre 1889 et 1914 sont essentiellement détenus par les héritiers des épargnants de l'époque et non dans les coffres-forts de la Banque de France. Sinon, on aurait pu voir un parlementaire réclamer leur remboursement. Selon l'Association fédérative internationale des porteurs d'emprunts russes (AFIPER), la valeur actuelle des sommes dues aux 316.000 porteurs d'emprunts russes actuellement recensés dépasserait les 100 milliards d'euros...

Fabien Piliu, avec l'AFP

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