Pays-Bas : victoire de l'Europe, oui mais laquelle ?

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Le Parti libéral du Premier ministre sortant Mark Rutte obtient un siège de plus que l'opposition travailliste à l'issue des élections législatives organisées mercredi aux Pays-Bas - Copyright Reuters
Le Parti libéral du Premier ministre sortant Mark Rutte obtient un siège de plus que l'opposition travailliste à l'issue des élections législatives organisées mercredi aux Pays-Bas - Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Selon les sondages effectués à la sortie des urnes, les partis pro-européens seraient largement en tête après les élections législatives de mercredi. Mais ce sont deux visions de l'Europe qui vont tout de même s'affronter. Celle du parti travailliste, qui critique l'orthodoxie budgétaire de Bruxelles et défend un soutient modéré à la Grèce, et celle du PVV sortant, partisan de la rigueur, et pour lequel la sortie de la Grèce est inévitable.

Tous les sondages donnaient Emile Roemer, le socialiste, gagnant ces derniers mois. Mais le vent a fini par tourner. Et Diederik Saamson, le leader travailliste qui était pressenti pour arbitrer cette élection, serait finalement en train de créer la surprise. Crédité de 40 sièges sur 150 possibles par les sondages effectués à la sortie des urnes, il n'aurait qu'un siège de retard sur le Premier ministre libéral sortant, Mark Rutter. 

Deux visions de l'Europe au coude à coude

Une bonne nouvelle, au moins pour le sentiment européen. Mais l'ennui, c'est que ces deux partis pro-européens n'ont pas tout à fait la même vision de l'Europe. Diedrik Samson, le leader travailliste, est plutôt critique à l'égard de l'orthodoxie budgétaire de Bruxelles et défend un soutien modéré aux pays en difficultés, en plus d'un plan de relance de l'économie. Alors que Mark Rutte, grand défenseur de la rigueur, promet le retour en dessous des 3% de déficit public en 2013 et a été très critique à l'égard des PIGS. Il avait même déclaré que la sortie de la Grèce de la zone euro était inévitable. 

Le discours europhobe ne prend plus

Mais ce résultat très serré suite à une campagne axée sur la crise, entre deux formations pro-européennes, démontre que le peuple batave voit son salut dans l'Union européenne. Pour autre preuve, l'echec du parti le plus europhobe. Détenteur de 20 sièges après les élections de 2010, le Parti de la liberté, fondé par Geert Wilders se retrouve aujourd'hui crédité de 13 sièges. Une défaite qui prouve que la sortie de l'euro ne convainc plus les néerlandais.

Les néerlandais attachés aux finances publiques

Autre grand perdant, le parti socialiste d'Emile Roemer. Annoncés comme les grands gagnants de cette élection, ces socialistes, plus proches des idées du Front de gauche que du Parti socialiste français, en sont finalement les grands perdants. Et leurs idées avec. Emile Roemer, qui n'est pas pour une sortie de l'euro mais qui est opposé à tout abandon de souveraineté supplémentaire à Bruxelles, avait annoncé que sous sa mandature, les Pays Bas ne respecteraient pas les 3% de déficit public imposé par Bruxelles. Ce qui semble n'avoir pas séduit les néerlandais, malgré sa défense farouche du "Welfare state" au pays de la tulipe.

 

 

 

Les résultats

Les Libéraux du VVD arrivent en tête comme en 2010, mais gagnent 10 sièges à la Tweede Kammer, la chambre basse du parlement, à 41 sièges. Ils progressent en voix de 6 points à 26,4 %. Ils sont talonnés par les Travaillistes du PvdA qui connaissent une progression similaire : 9 sièges de plus avec 39 représentants et 24,7 % des voix ( soit 5,1 points supplémentaires). Les deux partis disposent d'une majorité de 80 des 150 sièges à la Tweede Kammer.

Le PVV de Geert Wilders reste troisième avec 10,1 % des voix, contre 15,3 % en 2010. Il perd 9 de ses 24 voix et se retrouve à égalité de siège avec le parti socialiste, le SP, parti eurosceptique de gauche, longtemps donné vainqueur et qui conserve avec peine son électorat (9,7 % des suffrages exprimés).

Le scrutin aura aussi consommé la défaite de deux partis. Les Chrétiens-démocrates du CDA, jadis dominants dans la politique néerlandaise qui continue sa chute avec 8,5 % des voix et 13 sièges au lieu de 21. C'est le pire score de ce parti qui en 2006 avait encore 41 représentants à la Tweede Kammer. Enfin, les écologistes du GroenLinks (gauche verte) chutent lourdement, perdant 7 de leurs 10 sièges et deux tiers de leurs électeurs à seulement 2,3 % des voix.

Les résultats complets peuvent être consultés sur le site du quotidien De Volkskrant (en néerlandais).

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires
a écrit le 13/09/2012 à 9:52 :
D'après les chiffres cités par notre ami John Galte, augmentation de la dette de 158 milliards sous Mittérand et de 500 milliards sous 5 ans de Sarkosy. CQFD
a écrit le 13/09/2012 à 9:17 :
Eh oui, le peuple européen est attaché à une Europe libérale et rejette la dérive socialiste qui prétend faire financer par tous les déficits des pays mal gérés.
Réponse de le 13/09/2012 à 9:47 :
1) le traité de Lisbonne libéralisant + l'économie a été rejeté par bon nombre de pays européen dont la France mais imposé par les parlements 2) La dérive financière est l'oeuvre de la gauche mais aussi de la droite (Balladur puis Sarkosy qui fait passer la dette de 60% à 90% du PIB en 5 ans). Un peu de bonne foi vous grandirait.
Réponse de le 13/09/2012 à 10:20 :
Le peuple européen n'existe pas. Il existe des peuples européens, propres à chaque pays, mais le peuple européen en tant que tel est une lubie. Quant aux Pays-Bas, ils avaient rejeté le traité de Lisbonne à 61 %. A ne pas oublier.
Réponse de le 13/09/2012 à 11:28 :
Si, ce peuple existait sous l?appellation de "Romains".

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