Angela Merkel prête à endosser l'accusation de machisme sur la BCE

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Berlin entend soutenir la candidature d'Yves Mersch, malgré le refus du parlement européen qui voudrait une femme. La chancelière préfère un « faucon », même mâle, à toute « colombe ».

Mais où est donc passée la solidarité féminine ? Selon le Financial Times Deutschland, Angela Merkel, la seule femme chef d'Etat en Europe, est décidée à soutenir mordicus la prédominance masculine au directoire de la Banque Centrale Européenne (BCE) via la candidature du président de la banque centrale du Luxembourg, Yves Mersch. Cette candidature a été repoussée hier par le parlement européen sur le prétexte qu'elle exclurait la présence féminine de l'instance de direction de la BCE pour les six années à venir.

« Examen minutieux »

Selon le FTD, Berlin estime que la candidature du Luxembourgeois a été proposée par le conseil des ministres des finances européens après « un examen minutieux. » Il serait donc logique à présent que le conseil des chefs d'Etats et de gouvernements confirme ce choix. Autrement dit : l'Allemagne est prête à passer outre l'avis du parlement.

« Orienté vers la stabilité »

Ce soutien n'est guère une surprise : les députés conservateurs allemands se sont montrés très solidaires d'Yves Mersch. Pourquoi ? Parce que ce dernier est « orienté vers la stabilité ». Autrement dit, c'est un « faucon », proche des thèses de la Bundesbank. Et l'Allemagne compte beaucoup sur lui pour freiner les ardeurs des trois représentants des « pays du sud » : l'Italien Mario Draghi, le Portugais Vitor Constancio et le Français Benoît Coeuré. D'autant que le représentant allemand Jörg Asmussen s'est montré jusqu'ici très « modéré. » Les conservateurs allemands comptent donc beaucoup sur Yves Mersch pour faire preuve de résistance aux ardeurs « inflationnistes » de ses collègues.

« Leurre »

Selon le député européen CDU Bukhard Balz, la question de la représentation féminine est un « leurre » qui est utilisé à d'autres fins. « Il importe surtout aux adversaires d'Yves Mersch d'empêcher qu'un homme qui a une vision orientée vers la stabilité monétaire prenne place au directoire de la BCE », affirme-t-il. Angela Merkel voudra également sans aucun doute en faire une question de principe : elle a dû céder en 2011 la présidence de la BCE à Mario Monti après l'abandon de « son » candidat Axel Weber. Or, pour ce dernier, elle avait déjà dû sacrifier Yves Mersch en 2010 sur la vice-présidence. Dans un contexte où beaucoup d'observateurs allemands critiquent le fonctionnement de la BCE et le manque d'influence des Allemands en son sein, la chancelière, qui a entamé sa campagne électorale ne peut se permettre une nouvelle défaite.

Reste à savoir si ses partenaires européens la suivront dans une négation des droits du parlement qui attisera sans doute les critiques concernant le « déficit démocratique » de l'Europe.
 

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Commentaires
a écrit le 26/10/2012 à 12:33 :
DSK n est pas a la BCE..??? alors pourquoi une femme...je suppose que les trois sont bcp plus vicieux et machistes car ils s imaginent manipuler madame pour aider encore plus les banques....
a écrit le 26/10/2012 à 12:06 :
@JB : oui, et c'est pour cela qu'elle n'est pas appelée "chef d'Etat" dans l'article. Voyez : "chefs d'Etats et de gouvernements"...
a écrit le 26/10/2012 à 12:03 :
elle n'est pas chef d'état, elle est chef du gouvernement, je le repète car c'est important pour comprendre les problèmes d'organisation politique en France.
a écrit le 26/10/2012 à 11:41 :
Pas "chef d'Etat" la Merkel - car ce titre revient au président de la république fédérale, actuellement Joachim Gauck - mais chef du Gouvernement.
a écrit le 26/10/2012 à 10:08 :
Encore un stéréotype sur les femmes, il n existe pas de solidarité innée spécifiquement féminine pas plus que masculine nous sommes simplement un être humain sexué répondant à ses codes socio-culturels. Par contre le pouvoir qui s est forger partout depuis des millénaires s est construit dans un rapport dominant/ dominé, des hommes sur les femmes Pour exister en tant que décideur la femme doit choisir son camp, et il n y pas pire qu une femme agissant pour le compte d un homme ou de sa meute, après une initiation sauvage elle aura acquis le plus implacable des caractères. Cela vaut dans tous les milieux, du gang au réseau de pouvoir des salons.
A défaut d avoir renversé l esprit d exemplarité d une petite majorité de députés, maintenant un voudrait faire croire que c est une attaque politique avec les vilaines féministes en prétexte. Si la démocratie et l égalité entre les sexes, conformément au pacte civil et a la convention de l ONU signée par tous les états n est plus un idéal supérieur aux magouilles politiciennes sur le dos des citoyens. L Europe doit rendre son prix Nobel car elle aussi est dopée par des mensonges. Il faut se rendre à l évidence la parité politique est plus un droit qu une nécessité. Mais je n oublie pas qu au bout de la chaine il y a la cause des femmes afghanes que seule une nouvelle vision de la place des femmes dans les sociétés peut faire évoluer.

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